Les familles de prisonniers politiques en appellent à Félix Tshisekedi / MARIE FRANCE CROS – LA LIBRE AFRIQUE

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Les familles de prisonniers politiques en appellent à Félix Tshisekedi

Le Comité des familles des prisonniers politiques de RDCongo a diffusé mercredi un communiqué appelant Félix Tshisekedi à libérer les prisonniers politiques et particulièrement le détenu « emblématique » Eugène Diomi, qui fut le fer de lance des protestations contre la fraude massive aux élections de 2011.

Ces élections, jugées « non crédibles » par les observateurs, s’étaient terminées par le maintien de Joseph Kabila au pouvoir, au détriment de son rival Etienne Tshisekedi.

Eugène Diomi, qui avait renoncé à présenter sa candidature à la présidentielle afin de rallier la cause de Tshisekedi père, avait été élu député mais ne siégea pas – comme Félix Tshisekedi – pour obéir au mot d’ordre de Tshisekedi père qui réfutait toute crédibilité de cette Assemblée nationale si mal élue.

Demandes de l’Onu et de l’UE ignorées
Eugène Diomi avait été enlevé le 27 juin 2012, jour prévu pour la signature solennelle d’une charte constituant une plateforme réclamant la vérité des urnes, et détenu au secret durant trois mois, tandis que le siège de son parti, Démocratie Chrétienne, était occupé par la police – « et jamais rendu jusqu’au jour d’aujourd’hui », indique son parti. Libéré à la veille du Sommet de la Francophonie à Kinshasa, en octobre 2012, il fut arrêté le 8 avril 2013 sur des accusations de viol et atteinte à la sûreté de l’Etat jugées politiquement motivées. Il avait été condamné à 10 ans de prison lors d’un procès entaché de multiples irrégularités.
Plusieurs de demandes de libération émanant de l’ONU et de l’Union européenne restèrent sans effet, alors que la santé d’Eugène Diomi se dégradait en raison des conditions de détention. Sa libération comme détenu politique « emblématique » avait été inscrite dans l’Accord de la Saint-Sylvestre – qui devait permettre l’organisation des élections retardées par le régime Kabila – mais ne fut pas plus respectée que les autres obligations auxquelles s’étaient engagées les autorités kabilistes en signant ce  texte. La Cour constitutionnelle, réputée acquise à Joseph Kabila, n’a jamais donné suite à la requête de la famille Diomi en vue de faire appliquer une décision du Comité des Droits de l’Homme de l’Onu pour la libération du détenu.
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