COMMUNIQUE DU COMITE DES FAMILLES DES PRISONNIERS POLITIQUES (CFPP-RDC) SUR LES DECLARATIONS DE M. MENDE DE CE JEUDI 11 OCTOBRE 2018, SUR RFI, A PROPOS DES SANCTIONS UE FRAPPANT LES DIGNITAIRES KABILISTES POUR VIOLATION DES DH. LE CFPP-RDC RAPPELLE: « Les prisonniers politiques congolais aussi sont des pères de famille ! »

 

 

RESPECTEZ NOS MEMBRES DE FAMILLE INJUSTEMENT EMPRISONNES - RESPECTEZ L'ACCORD DE LA SAINT SYLVESTRELe Comité des Familles des Prisonniers Politiques de la RDC, CFPP-RDC en sigle, a suivi avec indignation les propos débités par M. Lambert Mende, Ministre de l’Information et Presse ainsi que Porte-parole du gouvernement de la République Démocratique du Congo, sur Radio France Internationale, ce 11 octobre 2018, se plaignant des sanctions que l’Union Européenne et, pour certains dignitaires du régime Kabila, aussi les Etats-Unis, ont adoptées contre des acteur politiques, des fonctionnaires et des hauts gradés de l’armée, dont M. Lambert Mende lui-même.

Ce qui a le plus scandalisé les familles des prisonniers politiques de la RDC est la justification pseudo-juridique et «PSEUDO ETHIQUE »  qui argument cette demande.

M. Mende, devenu célèbre pour les attaques injurieux contre les prisonniers politiques de la RDC, a déclaré ceci, ce 11 octobre 2018 aux antennes de Radio France Internationale:

« Nous nous estimons victimes d’une forfaiture de la part du conseil européen. Il est évident qu’il porte préjudice à tout ceux qui sont cités là dessus. Il ne s’agit pas seulement du candidat pour le front commun pour le Congo, nous sommes des pères de famille… ».

mende 111018Il sied de souligner qu’il a quelques mois, un autre membre du gouvernement, le Ministre la la Justice congolais, s’était distingué par des invectives publiques inutilement injurieuses, aussi bien contre les prisonniers politiques que contre les journalistes présents à sa propre conférence de presse.

Ces injures ont justifié un blocus de la presse à son encontre – qui court toujours – ainsi qu’ une protestation formelle du Directeur du Bureau Conjoint des Droits de l’Homme de la Monusco.

Aujourd’hui, nous avons assisté à un revirement spectaculaire de M. Mende, parlant aussi au nom de M. Ramazani Shadari, candidat à l’élection présidentielle désigné par M. Joseph Kabila, malgré les sanctions de l’Union Européenne qui pèsent sur sa personne à cause de son implication dans les massacres de civils dans la région du Kasai. Ces sanctions, ignorées et banalisées hier, sont devenues aujourd’hui trop lourdes à supporter.

Un proverbe africain dit ceci «  Quand on se noie, on s’accroche à tout, même à un  serpent. ».

M. Mende recourt  à la notion de  respect de sa « réputation » alors qu’ aussi bien lui que d’autres membres de son gouvernement ne prêtent aucune considération à la notion de « respect » en ce qui concerne les prisonniers politiques congolais, appelés par tous les noms d’oiseaux pour les dénigrer et essayer de faire oublier, à l’opinion  aussi bien nationale qu’ internationale, les montages politico-judiciaires dont-ils sont victimes.

Quand M. Mende, sur RFI, rappelle que les faucons du régime Kabila sont « des pères de famille », il oublie qu’aussi bien Eugène Diomi Ndongala, que Jean-Claude Muyambo, Franck Diongo ou Gecoco Mulumba sont, eux-aussi, des pères de famille, injustement poursuivis sur la base de montages politiquement motivés.

Quand M. Mende ou bien M. Tambwe Mwamba traitent les prisonniers politiques d’escrocs, violeurs ou voleurs, tout en admettant, hors micros, qu’il sont victimes de accusations fantaisistes visant leur neutralisation politique, M. Mende a-t-il jamais réfléchi aux souffrances totalement injustifiée infligées pas seulement aux opposants embastillés mais aussi à leurs familles, leurs femmes, leurs enfants qui souffrent depuis des années à cause d‘un déni de justice systématique?

De quel droit M. Mende souhait-il que l’Union Européenne s’appesantisse sur le coté « pater familias » des tortionnaires du peuple congolais, alors que lui-même et ses compagnons sanctionnés continuent à détenir illégalement Eugène Diomi Ndongala, blanchi de toute accusation par le Tribunal des Droits de l’Homme des Nations Unies (CDH-ONU), par le jugement N° 2465/2014, qui ordonne à l’Etat congolais de le libérer et de l’indemniser depuis octobre 2016 ? Est-ce que Diomi Ndongala n’a-t-il pas de famille et son honneur à défendre?
Est-ce Jean Claude Muyambo n’est-il pas cité, comme Eugène Diomi Ndongala, parmi les prisonniers politiques emblématiques que M. Mende et M. Tambwe Mwamba avaient accepté de libérer, consécutivement à la signature de l’Accord de la Saint Sylvestre?

Qui à déshonoré sa signature apposée sur cet Accord politique, le torpillant et oubliant la décrispation politique, alors que c’est l’Accord de la Saint-Sylvestre  qui légitime l’exécutif dont M. Mende est le Porte-parole?

Et M. Franc Diongo, ainsi que M. Gecoco Lumumba, n’ont il pas de familles qui méritent du respect comme celles des dignitaires sanctionnés par la communauté internationale pour entrave au processus de démocratisation et atteintes aux droits de l’homme?

Que dire de la jeune fille de Firmin Yangambi, qui connaît à peine son père après que celui-ci est injustement emprisonnés depuis 10 ans ?

Que dire de l’enfant du prisonnier politique Eugène Diomi Ndongala qui ne voit plus sont père de l’âge de 3 ans, alors que celui-ci est emprisonné sur la base d’ un procès nul en droit, même pour l’état congolais et pas seulement pour le droit international ?

Est-ce la famille de Moise Katumbi, Anzuluni, Nyamwisi n’ont-elle pas droit à voir leurs proches  à l’instar de la famille  de M. Lambert Mende?

Que dire du jeune Carbone Beni, devenu père en prison, pour avoir exercer, comme les autres prisonniers politiques, son droit à la libre expression?

Quand l’Union Européenne est intervenue officiellement et par écrit, pour demander l’évacuation du prisonnier politique Eugène Diomi Ndongala, gravement malade, M. Mende, malgré, les sanctions dont il était frappé, a été quand même autorisé, pour des raisons humanitaires, à rendre visite en Europe à un membre de sa famille malade; mais M. Mende et son gouvernement ne se sont pas appesantis une minute sur les cas des prisonniers politiques malades et torturés, certains hospitalisés depuis deux ans (Diomi) et d’autres menacés par des graves séquelles consécutives au déni total de soins (Muyambo et Mulumba) !!!

Il est temps que les membres du gouvernement de M. Kabila comprennent, à l’instar des autres   gouvernements africains qui viennent de libérer massivement leurs prisonniers politiques ces derniers mois ( le Rwanda, le sud Soudan, la Côte d’Ivoire, la Guinée, etc) , qu’ on ne peut revendiquer la protection du droit en sa faveur, alors qu’on refuse la même protection aux victimes de l’intolérance politique.

Que M. Mende réfléchisse sur la souffrance qu’il a imposé injustement aux membres des familles des prisonniers politiques, par des procès kafkaïens, des montages ignobles ainsi qu’ aux tortures physiques et morales infligées à leurs êtres chers.

Comment revendiquer à l’étranger, la protection des procédures du droit et les droits de l’homme pour soi et ses complices, alors que dans son propre pays le droit n’existe plus et les droits de l’homme de millions de congolais sont chaque jour violés ?

Le comité des familles des prisonniers politiques invite les personnalités sanctionnées par l’Union Européenne, à méditer sur  ce verset de l’évangile:
« Avant de condamner la paille dans œil de ton prochain, reconnaît la poutre dans le tien ».

Liberté pour les prisonniers politiques de la RDC!

Fait à Kinshasa, le 11/10/2018,

Pour le Comité des Famille des prisonniers politiques de la RDC,

FAMILLE DIOMI,
FAMILLE MUYAMBO
FAMILLE KIKUNDA,
FAMILLE YANGAMBI,
FAMILLE SAMBA,
FAMILLE KAZAMBA,
FAMILLE KULE
FAMILLE GEREMBAYA,
FAMILLE RAMAZANI,
FAMILLE GUNDE,
FAMILLE BGEBAZA,
FAMILLE AHOMBIAWE,
FAMILLE BUGA LONDE, 
FAMILLE BOMBOKO,
FAMILLE GINALI,
FAMILLE KAWAYA,
FAMILLE KOPANI,
FAMILLE MATUNGU,
FAMILLE KELEGA,
FAMILLE IKONZONI,
FAMILLE BAYADA,
FAMILLE AGBIA,
FAMILLE EWATA,
FAMILLE POPIKE BATA,
FAMILLE BAPELA,
FAMILLE BITUMBA,
FAMILLE MAKAMBO,
FAMILLE MVUMBI,
FAMILLE CHALWE,
FAMILLE KABAMBA KALONGO,
FAMILLE NDOL TSHAMUNDJ,
FAMILLE MWASHILA,
FAMILLE NTAMBWE,
FAMILLE DELLA,
FAMILLE KIBINGA MUTEBA,
FAMILLE MUTETU

 

http://cfpp-rdc.com

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Processus électoral vicié et crispé en RDC: quelles responsabilités pour la communauté internationale?

Le processus électoral en RDC continue à susciter des interrogations aussi bien sur le plan national qu’international. Alors qu’au niveau interne, on assiste à des nouvelles dynamiques, nos organisations ont le sentiment que sur le plan externe, on assiste à une certaine démission des acteurs qui ne veulent pas « avoir des problèmes » avec le gouvernement congolais et préfèrent la « normalisation » avec Kinshasa. L’annulation de la rencontre de haut niveau sur la RDC prévue lors de l’ouverture de l’Assemblée Générale des Nations Unies en constitue la dernière illustration.

C’est pourquoi nos organisations et l’ensemble du peuple congolais s’interrogent sur le rôle et les responsabilités de la Communauté internationale sur l’avenir du processus électoral et les lourdes conséquences que cela pourraient avoir sur le pays et la sous-région.

Nous avons le sentiment qu’au lieu d’essayer de prévenir le chaos qui s’annonce en exigeant des autorités le respect strict des résolutions du Conseil de sécurité et de l’Accord de Saint Sylvestre [ la libération des prisonniers politiques dont les emblématiques sont cités nommément dans l’Accord], l’ONU et en particulier la Monusco avec sa représentante en RDC préfère au nom du « respect de la souveraineté », laisser les choses suivre son cours car le pouvoir congolais ne veut pas d’ingérence. Madame la représentante préférant préparer la Monusco à accompagner le régime dans l’après élection.

Aujourd’hui, devant la grande misère de notre peuple, les nombreuses victimes tant civiles que militaires à l’Est et les multiples arrestations dont nos militants sont victimes, seules des élections libres, transparentes, crédibles et inclusives vont permettre au pays de retrouver les conditions d’une vraie stabilité.

Or les informations en notre possession et nos dix critères pour une consultation démocratique montrent clairement que le processus en cours est tout sauf libre et transparent.

Le climat politique est toujours crispé et la répression politique continue à se manifester par trois phénomènes analogues: le maintien en détention des prisonniers politiques, l’invalidation des candidats de l’opposition et les arrestation systématiques des jeunes des mouvements citoyens.

repression polititique csnuDès lors il est essentiel que les partenaires du Congo malgré leurs intérêts se posent une et une seule question : De quel côté veulent-ils être ? Avec le peuple congolais qui n’oubliera jamais ceux qui vont se tenir à ses côtés pour lui permettre de faire un choix libre et de faire respecter ses lois, ou bien du côté d’un pouvoir devenu autocratique et défiant son propre peuple dans un schéma, on ne peut plus catastrophique pour l’ensemble de la sous-région ? Il faut juste se rappeler que le peuple congolais a développé une forte résilience et qu’un jour il se lèvera pour reconquérir sa liberté.

Dans tout le pays nous entendons, nos organisations entendent des cris de souffrance mêlés à l’espoir de pouvoir enfin pacifiquement se choisir ses propres dirigeants, or si cet espoir devrait se transformer en désespoir dans le cadre d’un processus électoral non transparent, crédible et inclusif, le risque est grand de voir le chaos s’installé.

Le peuple congolais a le sentiment d’avoir été trahi par la Communauté internationale qui lui avait promis des élections libres et transparentes. Il se sent abandonné par la Monusco qui malgré son mandat n’arrive pas à protéger la population et à apporter son appui aux élections. Le peuple congolais ne comprend pas que les crimes des masses, les nombreuses arrestations arbitraires, l’assassinat des deux experts onusiens ne soient restés impunis.

Les chrétiens se posent la question de savoir comment se peut-il que celui-là même qui a été sanctionné par la communauté internationale à cause de la répression de leurs manifestations pacifiques soit accepté comme le prochain partenaire car devenu le dauphin du président Kabila. En effet comment accepté le fait que cette communauté internationale qui a en son temps appuyé les accords de la CENCO à travers les résolutions du Conseil de sécurité et en a fait la seule feuille de route de sortie de crise soit aujourd’hui incapable de le faire respecter et accepte comme un fait établi de coopérer avec ceux qui violent cet accord.

Nos organisations se souviennent des promesses de la communauté internationale lors de la publication du Chronogramme sur l’enrôlement. Elle n’a rien fait malgré le délai non respecté, les conditions anarchiques du déroulement de ce processus, aujourd’hui entaché de plus d’1/4 d’électeurs fictifs et la poursuite de la répression politique ainsi que l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques.

Nous nous rappelons des engagements pris lors de la signature de l’Accord traduits par la Résolution 2348 fixant la date des élections au plus tard au 31 décembre 2017 restés là aussi lettre morte,

Nous nous souvenons de l’appel pressant de cette même communauté internationale appelant le peuple congolais à accepter le calendrier publié par la CENI en novembre 2017 alors qu’il violait et l’Accord de la Saint Sylvestre et la résolution du Conseil de sécurité.

Or aujourd’hui le chapitre 5 de l’Accord de la Saint Sylvestre n’est pas appliqué,  le calendrier n’est pas respecté, la machine à voter en train d’être imposée et ce sont les membres de cette communauté internationale qui fabriquent et vendent ces machines…

Nos organisations ont de plus en plus de mal pour convaincre la population que la Communauté internationale se tient à ses côtés….

http://electionsrdcongo.com/wp-content/uploads/2018/10/WhatsApp-Video-2018-10-09-at-14.54.33.mp4?_=2

C’est pourquoi nous lançons un appel à l’ensemble des partenaires de notre pays de s’engager à côté du peuple, (car cette souveraineté derrière laquelle se cache le pouvoir autocratique du président Kabila n’appartient pas à ce régime mais au peuple congolais.) pour réclamer un processus électoral crédible et transparent.

Nous appelons les Nations Unies à exiger du pouvoir de Kinshasa non seulement le respect du délai de l’Organisation des élections mais aussi la présence des experts internationaux et des observateurs au sein de la CENI pour suivre le processus électoral et ainsi rétablir un peu de confiance à une institution qui a perdu toute sa crédibilité

1. Nous demandons à la MONUSCO de cesser d’être complice d’un pouvoir qui emprisonne ses leaders et son peuple et qui ne respecte pas ses propres lois. Aucun respect de la souveraineté n’autorise cela.

Nous appelons la SADEC à conditionner toute aide logistique à l’organisation des élections par le respect total de l’Accord de la CENCO et par la mise en œuvre des critères que nous avons fixé pour avoir des élections libres et transparentes. La SADEC a pour vocation d’être un espace de liberté, de démocratie et de développement et c’est pour cela que notre pays en est devenu membre. Nous ne voulons plus des régimes autoritaires et qui violent leur propre constitution.

Aujourd’hui le peuple congolais est à la croisée du chemin. Il veut devenir acteur de son destin et espère que la Communauté internationale va l’accompagner pour bâtir une nation libre, prospère, démocratique et développée au cœur du continent et en pleine solidarité avec ses voisins et ses amis. Dans le cas contraire, nos organisations craignent le pire et ont peur de voir le pays replonger dans les années nonante.

Lors de sa dernière visite à Kinshasa, le Conseil de Sécurité a eu l’occasion de rencontrer certains de nos organisations membres ainsi que l’ensemble des forces vives de la Nation.

Nous espérons que suite à cette visite, le Conseil va lancer un appel fort au respect de ses résolutions et de l’Accord de la CENCO.

C’est pour nous la dernière occasion pour le Conseil de donner des signes forts de son engagement en faveur des élections libres, transparentes, crédibles et inclusives. Sinon cette marche des écoliers à Beni risque de se répéter à travers le pays car le peuple commence à s’impatienter. Nous espérons cette fois-ci que le Conseil tiendra ferme face aux manœuvres du pouvoir congolais et n’hésitera pas, s’il le fallait, à prendre des sanctions contre toute personne ou tout groupe qui mettra en danger la paix, la liberté et la crédibilité   du processus électoral.

ELECTIONSRDCongo avec CFPP-RDC.COM

RDC : La visite du Conseil de sécurité de l’Onu offre une occasion d’ouvrir l’espace civique, libérer les prisonniers politiques, en prévision des élections de décembre  

 


Opinion par Stephen Lamony, responsable plaidoyer Afrique à Amnesty International et le Cffp-rdc

 

Le 4 octobre, le Conseil de sécurité des Nations unies se rendra en République démocratique du Congo (RDC). Il s’agira de la 14e mission de visite du Conseil de sécurité en RDC. Sa dernière visite remonte à novembre 2016. Comme il y a deux ans, les débats porteront sur les élections initialement prévues pour décembre 2016, mais qui sont encore en préparation puisqu’elles devraient finalement se tenir en décembre 2018.

À l’époque de sa dernière visite en 2016, l’une des principales préoccupations du Conseil était l’éventualité que le président Joseph Kabila se présente à l’élection présidentielle. Cette candidature aurait été controversée : la Constitution congolaise n’autorise que deux mandats et le dernier mandat de Joseph Kabila aurait dû prendre fin en décembre 2016. Le Conseil n’a plus eu à s’en inquiéter à partir du 8 août 2018, date à laquelle Emmanuel Ramazani Shadary, un ancien ministre de l’Intérieur, a été désigné comme le « dauphin » de Joseph Kabila et candidat à l’élection présidentielle.

Cependant, il reste au Conseil de sécurité toute une liste de questions à aborder, qui vont bien au-delà du problème de la candidature du président Joseph Kabila, désormais résolu. En 2016, le Conseil de sécurité a appelé de ses vœux « la levée des poursuites judiciaires à des fins politiques, la libération des prisonniers politiques, […] l’ouverture de l’espace politique, afin de permettre à ces discussions de se tenir dans des conditions sereines […] un débat politique libre et constructif, où la liberté d’opinion, de réunion, un accès équitable aux médias sont garantis et où la sécurité et la liberté de circulation de tous est assuré ».

De plus, le prisonnier politique Eugène Diomi Ndongala continue à être illégalement détenu, depuis 2016, date de la décision du Tribunal des Droits de l’Homme des Nations Unies qui a demandé, par sa décision 2465/2018, la libération immédiate de Diomi Ndongala ainsi que son indemnisation.

https://democratiechretienne.org/eugene-diomi-ndongala-vs-republique-democratique-du-congo-la-rdc-condamnee-par-lonu-tous-les-documents-officiels-de-la-procedure-juridictionnelle/

Aujourd’hui, il y a autant à dire qu’en 2016 sur les préoccupations en matière de droits humains, si ce n’est plus…

En dépit des messages précédemment adressés aux autorités de la RDC par le Conseil de sécurité, les Congolais ne sont pas en mesure d’exercer librement leurs droits humains afin d’exprimer leur opinion sur les questions relatives aux élections. Depuis 2015, l’opposition et des organisations de la société civile organisent régulièrement des manifestations pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme des tactiques visant à retarder les élections. Les manifestations ont été interdites ou brutalement réprimées. Plus de 300 personnes ont été tuées et de nombreuses autres ont été blessées ou arrêtées de manière arbitraire. Des opposants politiques et des défenseurs des droits humains ont été arbitrairement arrêtés et poursuivis pour des motifs politiques. Le 24 septembre, un tribunal a condamné quatre militants en faveur de la démocratie et des droits humains, membres du mouvement de jeunesse Filimbi, à un an de prison pour avoir mobilisé des personnes en vue de participer aux manifestations organisées en décembre dernier dans tout le pays par le Comité laïc de coordination de l’église catholique. Amnesty International a demandé leur libération immédiate. Plusieurs militants ont fui leur foyer, ou même le pays.

La récente décision de Joseph Kabila de ne pas se porter candidat à la présidentielle n’a pas eu d’effet sur l’ouverture de l’espace civique. De nombreux Congolais s’inquiètent toujours de l’invalidation par la Commission électorale de plusieurs candidatures importantes à l’élection présidentielle, de l’utilisation prévue d’un système de vote électronique et de la question de l’inscription sur les listes électorales. Pourtant, leurs tentatives d’exprimer leur mécontentement sont toujours réprimées. Le 3 septembre, lors de rassemblements contre l’utilisation d’un système de vote électronique, au moins 23 manifestants pacifiques ont été blessés, et 89 autres ont été arrêtés dans la capitale, Kinshasa, ainsi que dans les villes de Goma, Lubumbashi, Bukavu, Mbandaka, Mbuji-Mayi et Tshikapa. À Bukavu, des policiers ont agressé sexuellement deux militantes.

Pendant ce temps, le conflit dans l’est de la RDC s’intensifie à nouveau et la situation dans les provinces du Kasaï reste désastreuse. Le rapport d’août du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme montre que dans le Kivu et le Kasaï, les forces de sécurité de la RDC restent les principales responsables d’atteintes aux droits humains.

La répression persistante des droits humains ne présage rien de bon pour les mois qui viennent, jusqu’aux élections de décembre.

Le Conseil de sécurité doit à nouveau demander aux autorités congolaises de lever officiellement toute interdiction de manifestations pacifiques et de mettre fin à la répression contre les réunions de l’opposition et de la société civile. Toutefois, c’est plutôt aux autorités congolaises qu’il revient d’agir pendant cette visite. Elles pourraient en profiter pour faire une déclaration ferme sur leur volonté d’ouvrir l’espace civique avant les scrutins de décembre et de libérer toutes les personnes arbitrairement placées en détention uniquement pour avoir exercé leurs droits humains, ainsi que celles qui ont été arrêtées pour des motifs politiques.

Il reste à voir si les autorités saisiront la chance qui leur est offerte à l’occasion de cette visite.

La Libre Afrique avec CFPP-Rdc.com

Meeting de l’opposition : Moise Katumbi appelle au respect de l’accord de la Saint Sylvestre  et la libération des prisonniers politiques congolais alors que Felix Tshisekedi rend hommage aux otages de M. Kabila, demandant à la foule de les applaudir un à un/ VIDEO CFPP-RDC

CSNU ET PRISONNIERS POLITIQUES


Samedi 29 septembre 2018

Lors du meeting de l’opposition ce samedi 29 septembre 2018 à l’esplanade du boulevard Triomphal, Moïse Katumbi Chapwe a appelé à l’unité de l’opposition ainsi qu’au respect de l’accord de la Saint-Sylvestre.

Pour le président de la plateforme Ensemble pour le changement, la libération du peuple congolais des mains des dirigeants actuels qu’il qualifie « des ennemis du peuple » passe par l’unité de l’opposition.

« Soyons unis et déterminés pour chasser ces gens-là qui sont les ennemis du peuple. Aujourd’hui ils sont en train de voler, rien ne se fait dans notre pays. Regardez la situation dans l’Est de la RDC (…). Mais le plus important, c’est notre détermination puisqu’aujourd’hui nous devrons  libérer notre pays ensemble. L’opposition, nous devons être prudents. Ce que nous sommes en train de faire ici, c’est un serment de l’unité. S’il y a 1, 2 ou 3 opposants qui ne sont pas d’accord et traversent dans l’autre camp, il faut le corriger, puisque ce n’est pas comme ça qu’on doit libérer le pays », a-t-il dit dans son adresse préenregistrée.

Moïse Katumbi Chapwe a également appelé au strict respect de l’accord de la Saint-Sylvestre.

« Il faudra respecter l’accord du 31 décembre puisque si ces parvenus sont au pouvoir aujourd’hui, c’est grâce à cet accord. Il faudra aussi respecter la libération des prisonniers politiques, Franck Diongo, Diomi Ndongala, Muyambo, Gérard Mulumba, entre autres », a-t-il ajouté.

 

Felix Tshisekedi, quant à lui, a salué le sacrifice héroïque des prisonniers politiques congolais, citant leur noms à la foule et demandant de les applaudir un à un (voir vidéo cfpp-rdc, plus haut).

Actualité cd avec cfpp-rdc

RDC : « le CNSA, une coquille vide » (Georges Kapiamba)

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Le Conseil National de Suivi de l’Accord (CNSA) affirme avoir repris ses activités, ce mercredi 19 septembre, après un moment de “vacances”. Georges Kapiamba, président de l’Association congolaise pour l’accès à la Justice (ACAJ), déplore une institution qui a du mal, selon lui, à exercer son influence sur l’évaluation de la situation politique.

Pour Georges Kapiamba, le CNSA fonctionne sur ordre de la Majorité présidentielle.

«Cette institution a commencé à fonctionner sur base des arrangements qui ne sont pas conformes à l’esprit et à la lettre de ce que les parties prenantes à l’accord de la Saint-Sylvestre avaient convenu. C’est un engagement qui a été retravaillé au niveau de la famille présidentielle, c’est-à-dire la Majorité présidentielle a vidé le CNSA de tout son sens jusqu’à en rendre une coquille vide», déclare le président de l’ACAJ.

Dans un communiqué issu de la première réunion après les “vacances”, le CNSA salue la décision du président Joseph Kabila de ne pas briguer un nouveau mandat. L’institution annonce en même temps la tenue d’une plénière dans les prochains jours pour évaluer le processus électoral en cours, alors que les conclusions de la tripartite CENI-CNSA-Gouvernement sur le même processus n’ont jamais été rendues publiques.

De plus, les commission instituées pour « accélérer la libération des prisonniers politiques emblématiques, nommément cités par l’Accord de la St. Sylvestre, Eugène Diomi Ndongala et JC. Muyambo, sont restées sans suite alors que les prisonniers politiques restent, sans raison valable, emprisonnés.

En ce qui concerne l’Hon. Eugène Diomi Ndongala, il est en plus bénéficiaire d’un jugement , en sa faveur, du Tribunal des Droits de l’Homme de l’ ONU qui  a exigé sa libération immédiate et son indemnisation pour les préjudices subis (https://democratiechretienne.org/eugene-diomi-ndongala-vs-republique-democratique-du-congo-la-rdc-condamnee-par-lonu-tous-les-documents-officiels-de-la-procedure-juridictionnelle/)

Georges Kapiamba qualifie de négatif le bilan du CNSA depuis sa mise en place jusqu’à ce jour.

C’est à l’issue de l’accord signé le 31 décembre 2016 que les parties prenantes s’étaient convenues de mettre en place une institution d’appui à la démocratie, chargée du suivi de la mise en œuvre dudit accord. Dirigé par Joseph Olenghankoy, le CNSA est vivement critiqué notamment par l’opposition qui remet en cause sa légitimité et le manque d’ application des mesures de décrispation politique. La loi organique régissant cette institution n’a jamais été votée.

Thérèse Ntumba et CFPP-RDC

 

DECLARATION DE L’ACAJ A L’OCCASION DE LA JOURNEE MONDIALE DE LA DEMOCRATIE: « QUE LE GOUVERNEMENT LIBERE LES PRISONNIERS POLITIQUES »

LIBERATION DES PRISONNIERS POLITIQUESDECLARATION DE L’ACAJ A L’OCCASION DE LA JOURNEE MONDIALE DE LA DEMOCRATIE 

Kinshasa, le 15 septembre 2018 – Le monde entier célèbre aujourd’hui la Journée internationale de la démocratie. L’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ) saisit cette occasion pour rappeler à tous les congolaises et congolais notre obligation commune de défendre la Démocratie.

Le terme « démocratie » vient de deux mots grecs : demos, qui désigne « le peuple » et kratein, qui signifie « gouverner ». Cela revient à dire que le peuple a le droit de faire entendre sa voix sur des questions politiques, économique, sociale et culturelle, mieux la gestion de la « Res publica » (chose publique) concernant son pays, sa ville, son village, par lui-même ou par l’intermédiaire de ses représentants au Parlement qui doivent être ses véritables porte-voix et non des mercenaires. La Constitution de la RDC, qui est l’émanation de la volonté populaire, consacre une véritable démocratie politique, économique, sociale et culturelle. Son article premier dispose que « La République Démocratique du Congo est dans ses frontières du 30 juin 1960, un Etat de droit…démocratique…et à l’article 5, on peut lire : « La souveraineté nationale appartient au peuple. Tout pouvoir émane du peuple qui l’exerce directement par voie de référendum ou d’élections et indirectement par ses représentants ». S’il est vrai que la Démocratie rime avec le droit qui appartient au peuple à pouvoir exercer son droit à l’auto-détermination, il revient que l’exercice de ce droit ne peut être possible sans l’existence d’une véritable culture du respect des droits de l’homme par les autorités. Au nombre de ces droits nous citons notamment: le droit de manifester et aux réunions pacifiques, le droit à la dignité, le droit à ne pas être soumis à la torture et autres traitements, inhumains et dégradants.

La démocratie exige :

1. Le respect de la liberté d’expression, sans laquelle il est difficile de concevoir des élections libres, transparentes et inclusives.

2. L’organisation des élections libres et régulières, car elles répondent à un double but : permettre au peuple de choisir la politique générale à suivre par le gouvernement, et de choisir le gouvernement qui appliquera ladite politique.

3. Le respect de la liberté d’association et la protection de l’opposition, la liberté d’association est étroitement liée à la liberté d’expression. Le droit de communiquer des informations et des opinions sous-entend celui de se réunir en vue de recevoir des informations et opinions communiquées. Dans une société démocratique, les syndicats, les partis politiques, les ONG et les mouvements citoyens doivent jouir sans restriction du droit de réunion publique pacifique sans répression des forces de sécurité. La liberté d’association sous-entend aussi le droit de fonder des partis politiques qui peuvent être favorables ou hostiles au gouvernement au pouvoir, et qui exposeront librement leur politique devant le public.

4. Assurer une instruction civique, car pour que le gouvernement exerce plus efficacement son action par des moyens démocratiques et obtienne les meilleurs résultats non seulement en politique, mais aussi en matière de progrès social et économique, il convient non seulement que le peuple ait un minimum d’instruction, mais qu’il comprenne et apprécie à leur juste valeur les principes de la démocratie, attributions des différents secteurs de l’administration, et les droits et les devoirs du citoyen à l’égard de l’Etat. L’Etat et tous les acteurs non étatiques doivent assurer à chaque citoyen l’occasion de recevoir une instruction civique suffisante, qui peut le rendre capable d’exercer ses droits politiques en faisant appel à son information politique et à son jugement plutôt qu’à des considérations d’ordre sentimental.

5. Des cours et tribunaux indépendants. L’indépendance de la Justice est une condition essentielle à l’existence d’une société libre et vivant sous un régime de la légalité. Cette indépendance signifie que le Magistrat doit être, dans l’exercice de ses fonctions, libre de toute immixtion de la part des pouvoirs Exécutif ou du Législatif, et que lui-même ne sente soumis qu’à l’autorité du Droit.

La Démocratie est fortement menacée en RDC par le Gouvernement, qui refuse d’appliquer notamment les mesures de décrispation politique de l’Accord de la Saint sylvestre; la CENI, qui fait recours à la machine à voter pourtant interdite par l’article 237 ter de la loi électorale et refuse de supprimer 16,6% d’électeurs enrôlés sans empreintes digitales; et la Cour Constitutionnelle, qui a confirmé l’invalidation politique de certains candidats de l’opposition à la présidentielle.

Au regard de ce qui précède, l’ACAJ fait les recommandations suivantes :

Au Gouvernement, d’appliquer toutes les mesures de décrispation politique édictées par l’Accord de la Saint Sylvestre notamment en levant l’interdiction des manifestations et réunions publiques, libérant tous les prisonniers politiques et d’opinions et facilitant le retour des opposants en exil forcé;

A la CENI, de rendre transparent le processus électoral notamment en abandonnant la machine à voter et supprimant les 16,6 % d’électeurs fictifs du fichier électoral;

Aux Cours et tribunaux, de faire preuve d’indépendance dans le traitement des poursuites concernant des opposants et des membres de la société civile et des contentieux électoraux.

Que Vive la Démocratie !

Que Vive la RDC !

Me Georges Kapiamba

Président de l’ACAJ

La CENCO appelle la SADC à «convaincre» le gouvernement à parachever la mise en œuvre des mesures de décrispation politique

CENCO ET PRISONNIERS POLITIQUES 120918La CENCO appelle la SADC à «convaincre» le gouvernement à parachever la mise en œuvre des mesures de décrispation politique

La CENCO appelle la SADC à « convaincre » le gouvernement à parachever la mise en œuvre des mesures de décrispation politique

La Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) a mené un plaidoyer auprès du Président de la Zambie et Chairman de la Troika de la SADC sur la politique, la sécurité et  la défense, Edgar Lungu.

Dans un communiqué parvenu à CAS-INFO, les prélats catholiques se disent préoccupés de l’état actuel du processus électoral, « en tant que parrains de l’accord de la Saint Sylvestre ».

Ils recommandent à Edgar Lungu de peser « de tout son poids pour convaincre le Gouvernement congolais à parachever la mise en œuvre des mesures de décrispation politique selon l’accord de la Saint Sylvestre ( les cas des prisonniers politiques emblématiques, Eugène Diomi Ndongala et J.C Muyambo,  qui auraient dû être libérés dès la signature de l’Accord politique, sont toujours emprisonnés ) et à impliquer les parties prenantes au processus électoral à trouver un consensus sur la machine à voter/ou à recourir aux bulletins de vote papier, le cas échéant, comme prévu dans les lignes 38, 39 et 40 du calendrier électoral ».

Par ailleurs, les membres de la CENCO se disent inquiets de l’existence de 6 millions d’électeurs enregistrés sans empreintes digitales, de la détermination de la CENI à utiliser la machine à voter, de l’exclusion de certains candidats du processus électoral et de la « faible » mise en œuvre des mesures de décrispation politique.

CAS INFO AVEC CFPP-RDC

RDC : La VSV rapporte le décès d’un prisonnier politique à Makala et demande la libération des prisonniers politiques conformément à l’Accord de la Saint Sylvestre

PRISONNIERS POLITIQUES 200818

La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) rapporte le décès en détention à la prison centrale de Makala (PCM ex-CPRK Centre pénitentiaire de rééducation de Kinshasa), ce vendredi 7 août 2018 dans la matinée, d’Ekula Yoka Jean-Claude, âgé de 74 ans membre du parti politique de l’opposition « Union des Républicains (UR) ».

« L’infortuné est décédé des suites d’un rhumatisme aigu mal soigné dont il souffrait durant sa longue détention sans jugement, respectivement à l’ex-DEMIAP (Détection militaire des activités anti-patrie), à la prison militaire de Ndolo et enfin, à la prison centrale de Makala », explique l’organisation.

Ekula Yoka Jean-Claude avait été arrêté à Kinshasa le 7 avril 2016 avec quatre autres membres du parti Union des Républicains (UR), dirigé par Norbert Luyeye Binzunga.

Selon la VSV, ils étaient appréhendés par un groupe de militaires lourdement armés dont certains en tenue des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et d’autres en civil, venus à bord de quatre jeeps de l’armée et ce, sans mandat ni autres titres.

« L’incident avait eu lieu quelques heures avant la tenue d’une réunion politique prévue le même jour vers 16 heures et qui devrait être animé par le président du parti politique UR, M. Norbert Luyeye. Il sied de souligner qu’avant ladite réunion, monsieur Norbert Luyeye avait, le 4 août 2016, fait une déclaration dans laquelle il s’était montré très critique vis-à-vis du pouvoir en place. Après leur enlèvement, les cinq victimes avaient été acheminées vers une destination inconnue avant d’être localisées quelques jours après en détention au cachot du quartier général de l’ex-DEMIAP, à Kinshasa/Kintambo », explique l’ONG dans un communiqué.

Ainsi, la VSV exige au gouvernement notamment la prise en charge des obsèques d’Ekula Yoka Jean-Claude, décédé « entre les mains de l’Etat » et la libération de tous les détenus politiques et d’opinion, conformément à l’Accord de la Saint-Sylvestre, le 31 décembre 2016.

ACTUALITE.CD

ALERTE: LE JEUNE CHANTEUR ENGAGE BOB ELVIS PORTE DISPARU – COMMUNIQUE DU MOUVEMENT CITOYEN « ECCHA » ET « LUCHA », QUI SPECTENT SA MISE EN DETENTION AU SECRET PAR LES SERVICES DE SECURITE RDCONGOLAIS – maj

 

BOB ELVIS - ANTI MEDIOCRITE

Bob Elvis, artiste rappeur talentueux, engagé et auteur de la célèbre chanson #Dégage est introuvable depuis hier à Kinshasa. Son entourage n’a pas de ses nouvelles, alors qu’il s’apprêtait à sortir officiellement son album #AntiMediocrité dans les heures qui suivent. Bob s’est distingué ces derniers mois par son franc parler dans l’éveil patriotique à travers ses chansons et son courage de dénoncer tout haut la volonté de Joseph Kabila de rester au pouvoir en dépit de son bilan négatif.
Nous demandons aux autorités compétentes de faire toute la lumière sur cette disparition suspecte.

COMMUNIQUE n°019/ECCHA-RDC/31 août 2018: Bob Elvis porté disparu

Le mouvement citoyen *ECCHA-RDC est indigné suite à la disparitionde Monsieur Bob Elvis, artiste rappeur engagé et acquis à l’avènement de la démocratie et de l’État de droit en République Démocratique du Congo.

Sa famille et ses compagnons sont sans nouvelles de lui, depuis le mercredi 29 août 2018, d’après les témoignages de ses proches.

Cette situation d’incertitude  laisse croire que Bob Elvis serait kidnappé par les agents des services de renseignements* qui sont souvent prétendus hauteurs de ce genre d’acte de violation des Droits Humains.

ECCHA-RDC convie toutes les organisations de la société civile, les ONGDH et le BCNUDH à œuvrer pour la libération immédiate et sans condition de l’artiste engagé Bob Elvis.

En outre, ECCHA-RDC met en garde tous les services étatiques (ANR, DEMIAP etc)contre la torture et les mauvais traitements inhumains et dégradants sur la personne physique de Bob Elvis.

Que vive la la lutte citoyenne !

Pour ECCHA-RDC,

Franck BAPINGI
Coordon* Nera KANYINDA
Chargés de l’administration et communication

Ir. Ben-José LUENDU
Coordonnateur Principal

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VOICI LES CLIPS ENGAGES LES PLUS CELEBRES DU TALENTEUX RAPPEUR CONGOLAIS  BOB ELVIS:

 

 

La mise en œuvre des mesures de décrispation reste nécessaire pour le succès des élections (Union Européenne) / CAS-INFO.CA

POLITICAL PRISONERS 310818.png

Par P. Ndongo

L’Union Européenne déclare que la mise en œuvre des mesures de décrispation politique reste nécessaire pour le succès du processus électoral en cours en République Démocratique du Congo.

Dans une déclaration publiée, ce jeudi, l’Union Européenne souligne que « l’ouverture de l’espace politique et démocratique, le respect des droits de l’homme et la mise en œuvre des mesures de décrispation restent nécessaires pour le succès des élections ».

Pour elle, la mise en œuvre des recommandations de l’OIF ainsi que la définition d’un consensus autour de l’utilisation de la machine à voter sont également essentiels pour la bonne conduite du scrutin.

Par ailleurs, l’Union Européenne se dit prête à appuyer le processus électoral en concertation avec les acteurs congolais.

https://cas-info.ca/la-mise-en-oeuvre-des-mesures-de-decrispation-reste-necessaire-pour-le-succes-des-elections-union-europeenne/

Déclaration du porte-parole de l’ Union Européenne sur le processus électoral en RDC: les mesures de décrispation de l’Accord de la Saint Sylvestre sont nécessaires pour le succès des élections

UE 300818


Bruxelles, 30/08/2018 – 12:34, UNIQUE ID: 180830_2
Statements by the Spokesperson

Déclaration du porte-parole sur le processus électoral en RDC

La publication par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) de la RDC de la liste provisoire des candidats aux élections constitue une nouvelle étape clé vers le scrutin du 23 décembre 2018.

Elle fait suite à la décision du président Joseph Kabila de ne pas se présenter comme candidat, dans le respect de la Constitution.

Six candidats présidentiels, contestant leur exclusion de la liste, ont toutefois introduit des recours auprès de la Cour Constitutionnelle. Les décisions de la Cour seront cruciales afin de renforcer la confiance dans le processus électoral. La Cour ainsi que la CENI doivent agir en toute transparence et impartialité conformément à la législation congolaise.

L’accord politique de la Saint Sylvestre et la résolution 2409 du Conseil de sécurité des Nations Unies appellent à un processus véritablement inclusif qui puisse aboutir à des élections crédibles, transparentes et pacifiques, facteurs indispensables pour arriver à un résultat accepté par toutes les parties et à une stabilisation durable en RDC.

Par ailleurs, l’ouverture de l’espace politique et démocratique, le respect des Droits de l’Homme et des libertés fondamentales et la mise en œuvre des « mesures de décrispation » restent nécessaires pour le succès des élections.

A un niveau plus technique,la publication de la liste électorale finale, la mise en œuvre des recommandations de l’OIF ainsi que la définition d’un consensus autour de l’utilisation de la « machine à voter » sont également des éléments essentiels pour la bonne conduite du scrutin.

L’UE reste disposée à appuyer le processus électoral en concertation avec les acteurs congolais concernés et continuera de travailler en étroite coopération avec les pays de la région, l’Union Africaine, la SADC et les Nations Unies qui peuvent jouer un rôle essentiel dans le chemin vers les élections.

RDC : La France, au CSNU, appelle la RDC à libérer au plus vite les prisonniers politiques, conformément aux « mesures de décrispation » prévues par l’accord de la Saint Sylvestre

Anne Gueguen estime que le respect des libertés fondamentales est indispensable pour créer un climat de confiance en vue d_assurer le bon déroulement du processus électoral. (1)Lors de son allocution lundi 27 août au Conseil de sécurité, la représentante permanente adjointe de la France auprès des Nations unies, Anne Gueguen, a plaidé pour un processus électoral apaisé en République démocratique du Congo. Cela, d’après elle, doit se faire notamment par l’ouverture de l’espace politique et démocratique et le respect des libertés fondamentales.

Anne Gueguen estime que le respect des libertés fondamentales est indispensable pour créer un climat de confiance en vue d’assurer le bon déroulement du processus électoral.

«La France appelle le gouvernement congolais à lever l’interdiction générale de manifester et à libérer au plus vite les prisonniers politiques, conformément aux « mesures de décrispation » prévues par l’accord de la Saint Sylvestre justement rappelé à l’instant par Monseigneur Utembi », », a-t-elle dit.

Pour la France, l’alternance pacifique attendue à l’issue de la présidentielle prévue au de décembre, serait une occasion unique pour la RDC de s’engager durablement dans la voie de la paix et de la stabilité.

«Ces élections sont celles du peuple congolais. La France réaffirme son plein respect de la souveraineté de la RDC, et encourage le gouvernement à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir le bon déroulement du processus électoral, et la tenue d’élections libres, inclusives et transparentes, dans le respect du calendrier et de la Constitution », a ajouté la diplomate française.

Dans un rapport publié ce mardi 28 août 2018, Human Right (HRW) a dénoncé de nombreuses atteintes aux droits et libertés individuelles qui, d’après l’ONG des droits de l’homme, jalonnent le processus électoral en RDC.

Will Cleas Nlemvo

Niki Haley Remarks at UN Security Council:  » The Minister of Justice continues to detain dozens of opposition members and civil society activists, again in violation of the St. Sylvester Agreement « – LES REMARQUES DE NIKI HALEY DEVANT LE CSNU: « Le ministre de la Justice continue de détenir des dizaines de membres de l’opposition et de militants de la société civile, toujours en violation de l’accord de St. Sylvestre »

The Minister of Justice continues to detain dozens of opposition members and civil society activists, again in violation of the St. Sylvester Agreement.There must be a political space for candidates to campaign, (3).png

Remarks at a UN Security Council Briefing on the Situation Concerning the Democratic Republic of the Congo

Ambassador Nikki Haley
U.S. Permanent Representative to the United Nations
U.S. Mission to the United Nations
New York City
August 27, 2018

AS DELIVERED

Thank you to the briefers for updating the Council on elections planning in the Democratic Republic of Congo. In particular, thank you, Madam President, for calling this very important and timely meeting because we are, in fact, running out of time.

Today, the DRC is 118 days away from election day – that’s less than four months for the government to finish organizing free, fair, and credible elections. Fortunately, we have already reached an important milestone. President Kabila did not register as a presidential candidate before the deadline, guaranteeing that he cannot legally stand for reelection or legitimately serve as president past January 2019.

The United States welcomes reports of President Kabila’s intent not to seek a third term. This is an important step towards a peaceful transition of power. History will look favorably on President Kabila’s decision if it culminates in free, fair, and credible elections that translate into a lasting democracy for the Congolese people, a legacy that we hope he earns in the coming months.

While we recognize progress, we cannot deny the red flags and unanswered questions that remain. With less than four months to go, how will CENI transport elections materials to more than 90,000 polling places? Will there be enough voting machines, or will authorities extend voting by days or even weeks? Can the authorities recharge voting machines with only a 12-hour battery life? Have election organizers widely tested the machines? Will voters, many of whom have never used a touchscreen, know how to use them? Are organizers preparing paper ballots as a back up if the electronic voting machines fail?

These questions raise problems, but there are solutions. The Congolese authorities should permit MONUSCO to provide logistics and transportation support. MONUSCO has already available assets that the mission is ready and willing to deploy. The Congolese authorities should also let voters use paper ballots; this is a trusted, tested, transparent, and easy-to-use voting method. The DRC can and should use the same operations that it successfully implemented in 2006 and in 2011, including with support from the United Nations. Paper ballots were good enough to get President Kabila elected, and they should be good enough as a fail-safe to elect his successor.

I had the opportunity to meet with President Kabila last year. If he were here today, I would tell him that it is admirable that the DRC government wants to self-finance and self-support its elections, but is it doable? Is it realistic? Is it even necessary?

It does not insult the DRC’s sovereignty for CENI to accept logistical support from MONUSCO. Instead, the DRC is wasting precious resources to buy capabilities that are already available to them. Meanwhile, my government and others are devoting tens of millions of dollars in life-saving humanitarian assistance for their country. It is troubling that President Kabila and the CENI refuse the assistance. We respect the DRC as a sovereign Member State of the United Nations. But it can’t help but raise suspicion when the Congolese government refuses the assistance that would help make free, fair, and credible elections a reality, but continue to take the humanitarian assistance that so many of us continue to give them.

Other red flags add to our suspicion. We are deeply concerned about the CENI’s decision on August 24 to disqualify some opposition presidential candidates for what appear to be political reasons. This is not how an electoral process, or any independent electoral commission, should function.

We also praise those candidates who feel they have been unjustly disqualified for using the appeals process that was open to them. By abiding by the rules of the domestic process, opposition and civil society organizations further reinforce just how much independence DRC’s National Independent Electoral Commission has lost during Mr. Nangaa’s ‎tenure.

The National Assembly President also continues to deny the wish of an opposition party to replace its CENI candidate in violation of the December 2016 St. Sylvester Agreement.

The Minister of Justice continues to detain dozens of opposition members and civil society activists, again in violation of the St. Sylvester Agreement.

There must be a political space for candidates to campaign, citizens to assemble, and oppositiointimidation, harassment, or silencing of the opposition. Political parties must be able to compete on a level playing field. We will never know the will of the Congolese people without an environment conducive to elections.

We have 118 days. These problems are fixable. Tn members to speak freely, without fear. There can be no violence, here is still enough time. The suspicions we have may come up to nothing. Ultimately, though, the Congolese government must choose. The hopes for self-determination of more than 80 million Congolese citizens are riding on the decisions that President Kabila and the CENI will make in days and weeks ahead.

Now is the time for choosing. We ask them to choose support from MONUSCO. Choose free, fair, and credible elections on December 23. Choose a peaceful transition of power in January 2019. And, by doing so, choose a better future for generations of Congolese to come.

Thank you.

 

 

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The Minister of Justice continues to detain dozens of opposition members and civil society activists, again in violation of the St. Sylvester Agreement.There must be a political space for candidates to campaign, (4).png

TRADUCTION

L’ambassadeur Nikki Haley

Représentant permanent des États-Unis auprès des Nations Unies

Mission des États-Unis auprès des Nations Unies

La ville de New York

27 août 2018

 

Merci aux briefers d’avoir mis à jour le Conseil sur la planification des élections en République démocratique du Congo. En particulier, Madame la Présidente, je vous remercie d’avoir convoqué cette réunion très importante et opportune car nous manquons de temps.

Aujourd’hui, la RDC est à 118 jours du jour des élections – cela fait moins de quatre mois que le gouvernement a fini d’organiser des élections libres, justes et crédibles. Heureusement, nous avons déjà franchi une étape importante. Le président Kabila ne s’est pas inscrit en tant que candidat à la présidentielle avant la date limite, garantissant qu’il ne peut légalement se présenter à la réélection ou servir légitimement comme président après janvier 2019.

Les États-Unis se félicitent des informations faisant état de l’intention du Président Kabila de ne pas demander un troisième mandat. C’est un pas important vers une transition pacifique du pouvoir. L’histoire sera favorable à la décision du Président Kabila si elle aboutit à des élections libres, équitables et crédibles qui se traduiront par une démocratie durable pour le peuple congolais, un héritage que nous espérons mériter dans les mois à venir.

Bien que nous reconnaissions les progrès, nous ne pouvons pas nier les drapeaux rouges et les questions restées sans réponse. À moins de quatre mois du projet, comment la CENI transportera-t-elle le matériel électoral dans plus de 90 000 bureaux de vote? Y aura-t-il suffisamment de machines à voter ou les autorités vont-elles prolonger le vote de plusieurs jours, voire plusieurs semaines? Les autorités peuvent-elles recharger des machines à voter avec seulement une autonomie de 12 heures? Les organisateurs des élections ont-ils largement testé les machines? Les électeurs, dont beaucoup n’ont jamais utilisé un écran tactile, sauront-ils comment les utiliser? Les organisateurs préparent-ils des bulletins de vote en papier en guise de sauvegarde si les machines à voter électroniques échouent?

Ces questions posent des problèmes, mais il existe des solutions. Les autorités congolaises devraient permettre à la MONUSCO de fournir un soutien logistique et de transport. La MONUSCO dispose déjà d’actifs que la mission est prête à déployer. Les autorités congolaises devraient également laisser les électeurs utiliser des bulletins de vote en papier; Il s’agit d’une méthode de vote fiable, testée, transparente et facile à utiliser. La RDC peut et doit utiliser les mêmes opérations qu’elle a mises en œuvre avec succès en 2006 et en 2011, notamment avec le soutien des Nations Unies. Les bulletins de vote en papier ont été assez bons pour que le président Kabila soit élu, et ils devraient être suffisamment prudents pour élire son successeur.

J’ai eu l’occasion de rencontrer le président Kabila l’année dernière. S’il était ici aujourd’hui, je lui dirais qu’il est admirable que le gouvernement de la RDC veuille s’autofinancer et subvenir à ses besoins, mais est-ce faisable? Est-ce réaliste? Est-ce même nécessaire?

Cela n’insulte pas la souveraineté de la RDC pour que la CENI accepte le soutien logistique de la MONUSCO. Au lieu de cela, la RDC gaspille des ressources précieuses pour acheter des capacités déjà disponibles. Pendant ce temps, mon gouvernement et d’autres organismes consacrent des dizaines de millions de dollars à une aide humanitaire vitale pour leur pays. Il est troublant que le président Kabila et la CENI refusent cette assistance. Nous respectons la RDC en tant qu’État membre souverain des Nations Unies. Mais cela ne peut que susciter la suspicion lorsque le gouvernement congolais refuse l’assistance qui permettrait de faire des élections libres, équitables et crédibles, mais continue d’apporter l’aide humanitaire que beaucoup d’entre nous continuent de leur donner.

D’autres drapeaux rouges ajoutent à nos soupçons. Nous sommes profondément préoccupés par la décision prise le 24 août par la CENI de disqualifier certains candidats à l’élection présidentielle pour des raisons apparemment politiques. Ce n’est pas ainsi qu’un processus électoral ou une commission électorale indépendante devrait fonctionner.

Nous félicitons également les candidats qui estiment avoir été injustement exclus pour avoir utilisé la procédure d’appel qui leur était ouverte. En respectant les règles du processus national, les organisations de l’opposition et de la société civile renforcent le degré d’indépendance perdu par la Commission électorale nationale indépendante de la RDC pendant le mandat de M. Nangaa.

Le président de l’Assemblée nationale continue également de nier le souhait d’un parti d’opposition de remplacer son candidat à la CENI en violation de l’accord de décembre 2016 conclu à St. Sylvester.

Le ministre de la Justice continue de détenir des dizaines de membres de l’opposition et de militants de la société civile, toujours en violation de l’accord de St. Sylvestre

Il doit y avoir un espace politique permettant aux candidats de faire campagne, aux citoyens de se rassembler et aux membres de l’opposition de parler librement, sans crainte. Il ne peut y avoir de violence, d’intimidation, de harcèlement ou de silence de l’opposition.

 

Les partis politiques doivent pouvoir être compétitifs sur un pied d’égalité. Nous ne connaîtrons jamais la volonté du peuple congolais sans un environnement propice aux élections.

Nous avons 118 jours. Ces problèmes sont réparables. Il reste assez de temps. Les soupçons que nous avons peuvent ne rien avoir. Finalement, le gouvernement congolais doit choisir. Les espoirs d’autodétermination de plus de 80 millions de citoyens congolais reposent sur les décisions que le président Kabila et la CENI prendront dans les jours et les semaines à venir.

C’est le moment de choisir. Nous leur demandons de choisir le soutien de la MONUSCO. Choisissez des élections libres, équitables et crédibles le 23 décembre. Choisissez une transition pacifique au pouvoir en janvier 2019. Et, ce faisant, choisissez un avenir meilleur pour des générations de congolais à venir.

Je vous remercie.

DECRISPATION POLITIQUE SELON L’ACCORD DE LA SAINT SYLVESTRE, CONSENSUS SUR LES MARCHINES A VOTER, INCLUSIVITE ET CREDIBILITE: LES REVENDICATIONS DE LA CENCO, DEVANT LE CSNU LE 27/08/2018 A NEW YORK

NSHOLE CSNU

Invitée par le président du conseil de sécurité de l’ONU à New-York aux États-Unis, la Conférence Épiscopale Nationale du Congo « CENCO » a, devant ses membres dudit conseil lundi 27 août dernier, fait un état de lieu de l’évolution du processus électoral en RDC.

Pour les évêques catholiques, il faut tout mettre en oeuvre pour aboutir à des élections crédibles, transparentes, inclusives et apaisées, car les élections biaisées maintiendront la crise selon eux.

Aux membres du conseil de sécurité de l’ONU, la conférence épiscopale nationale du Congo, a rappelé et réitéré ses recommandations pour un aboutissement heureux du processus :

– La publication aussitôt des listes provisoires de personnes enrôlées afin de rassurer le peuple congolais de l’effectivité des personnes réellement enrôlées sans empreintes digitales ;

– La recherche d’un consensus sur l’utilisation de la machine à voter, en favorisant les concertations tripartites entre la CENI, la Majorité et l’opposition autour des experts ;

– Le parachèvement de la mise en œuvre de l’Accord de la Saint Sylvestre, notamment en appliquant le reste des mesures de décrispation, notamment par le libération des prisonniers politiques.

La CENCO dit compter beaucoup sur l’implication et l’engagement de la communauté internationale, en particulier la SADC et la CIRGL, pour aider la RDC à sortir de la crise en respectant les clauses de l’accord du 31 décembre 2016.

 voici le texte intégral de la déclaration de la Cenco

EVALUATION DE LA CENCO SUR L’ETAT DU PROCESSUS ELECTORAL EN RDC

 ETAT ACTUEL DU PROCESSUS ELECTORAL

EVALUATION DE LA CONFERENCE EPISCOPALE NATIONALE DU CONGO

 1. La Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) remercie très sincèrement le Président du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour l’avoir invitée à briefer les Membres de ce Conseil sur l’évolution du processus électoral en RD Congo. Ce geste de haute portée témoigne de la confiance du Conseil de Sécurité envers la CENCO.

2. La CENCO a accueilli avec joie cette invitation à prendre part à ce rendez-vous qui, du reste, est très important pour notre pays dans sa recherche de sortie pacifique de crise socio-politique dans la quelle elle se trouve depuis 2016. Malheureusement, le calendrier pastoral chargé ne permet pas à la CENCO de prendre part à cette réunion. Elle présente ses excuses pour cet empêchement et ose croire que son intervention renseignera les Membres du Conseil de Sécurité sur l’évolution du processus électoral en cours en RD Congo.

3. La CENCO a pris acte du pas significatif accompli dans le processus électoral par:

1. le dépôt des candidatures aux élections présidentielles et législatives. Dans l’ensemble, le dépôt des candidatures s’est déroulé dans un climat apaisé et dans un esprit patriotique, à l’exception du cas de Moïse Katumbi pour lequel nous rappelons au Gouvernement le respect de l’Accord de la Saint-Sylvestre ;

2.la désignation pour l’élection présidentielle du candidat de la Majorité présidentielle. La CENCO félicite le Président de la République, la CENI, les Acteurs Politiques et le Peuple congolais dans son ensemble pour avoir contribué à franchir avec succès cette étape qui amorce l’alternance pacifique au sommet de l’Etat ;                               3. l’engagement du Gouvernement à financer le processus électoral. La CENCO l’encourage à poursuivre le financement jusqu’au bout dans un rythme qui garantira la tenue effective des élections le 23 décembre 2018.

4. Cependant la joie présente aura été une illusion si le processus électoral en
cours n’aboutit pas à l’organisation des élections crédibles, transparentes,
inclusives et apaisées. Car les élections biaisées nous maintiendront dans
la crise. Ce risque est latent si l’on ne prend pas en compte les préoccupations suivantes :

1. la non clarification de la situation des millions des personnes enrôlées sans empreintes digitales ;

2. le manque de consensus sur l’utilisation ou non de la machine à voter ;

3. le non parachèvement d’importantes mesures de décrispation prévues dans l’Accord de la Saint-Sylvestre.

5. De ce fait, la CENCO réitère les recommandations suivantes à la CENI et au
Gouvernement :

1. la publication le plutôt possible des listes provisoires des personnes enrôlées afin de rassurer le Peuple congolais de l’effectivité des personnes réellement enrôlées sans empreintes digitales ;

2. la recherche d’un consensus sur l’utilisation ou non de la machine à voter, en favorisant les concertations tripartites entre la CENI, la Majorité et l’Opposition autour des experts ;

3. le parachèvement de la mise en œuvre de l’Accord de la Saint-Sylvestre, notamment en appliquant le reste des mesures de décrispation. 

 

Que l’on évite de forcer l’interprétation des lois et de manipuler la justice dans le but d’exclure de façon arbitraire certains candidats de la compétition électorale. Les élections non inclusives constitueront un préjudice au processus de la pacification du Pays;

4. la facilitation de l’observation des élections aux organisations nationales et internationales qui en ont la compétence et qui expriment le vœu de participer au rendez-vous électoral du 23 décembre 2018. Ce qui est une preuve que l’on n’a rien à cacher tout au long de ce processus. La crédibilité des élections en dépend pour beaucoup.

La CENCO entend contribuer à l’observation de prochaines élections. Elle envisage de déployer 1026 observateurs à long terme et 40.000 observateurs à court terme. Elle compte sur l’engagement de la CENI à accréditer tous ces observateurs qui seront bien formés et à leur faciliter cet important travail qui contribuera sans doute à l’apaisement du climat post-électoral.

6. La CENCO compte beaucoup sur l’implication et l’engagement de la Communauté Internationale, en particulier la SADC et la CIRGL, pour aider la République Démocratique du Congo à sortir pacifiquement de la crise par le respect des clauses de l’Accord de la Saint-Sylvestre.

7. Que par l’intercession de la Vierge Marie, Reine de la Paix, le Seigneur aide toutes les parties prenantes à œuvrer dans la perspective de gagner le pari de bonnes élections le 23 décembre 2018 pour la paix durable en RD Congo.

Fait à Kinshasa, le 27 août 2018

Abbé Donatien NSHOLE                                            Mgr Marcel UTEMBI TAPA

Secrétaire Général de la CENCO                                      Président de la CENCO

LE COMITE LAIC DE COORDINATION ECRIT AU SG DE L’ ONU, ANTONIO GUTERRES: Appel insistant du Comité Laïc de Coordination {CLC} à la Communauté internationale

  • EXTRAIT: « Les mesures de décrispation politique, jugées comme préalables incontournables pour des élections apaisées attendent encore d’être mises en œuvre. La monopolisation des médias publiques par une seule famille politique et la fermeture des médias privés demeurent préoccupantes. Aucune mesure d’élargissement des prisonniers politiques emblématiques, comme Eugène Diomi Ndongala, Jean-Claude Muyambo ou Franck Diongo, n’a été arrêtée, comme le réclame cet Accord « . 

Démocratie en péril / LE POTENTIEL

le potentiel entete titre0004

cropped-prisonniers-politiques-200818.pngLa politique en RDC devient de plus en plus un terrain très glissant. La stratégie de l’exclusion de certains pions dans le jeu politique est désormais une véritable arme pour conserver le pouvoir le plus longtemps possible. C’est le cas avec Moïse Katumbi qui est mis intentionnellement hors-jeu pour le prochain scrutin présidentiel. Cette décision n’a qu’un seul mot : acharnement.Par Le Potentiel

Dans un état qui se veut vraiment démocratique, on compte plus sur la justice. Malheureusement en RDC, on assiste à une sorte d’instrumentalisation de la Justice, visiblement au service du pouvoir pour l’aider à atteindre ses visées politiques.

Le retour de Katumbi en terres congolaises a été suivi d’un grand embargo en RDC. Comme s’il n’en suffisait pas, le leader d’Ensemble pour le changement est actuellement sous le coup d’un mandat d’arrêt international lancé par Kinshasa.

À quelques mois des élections de décembre prochain, la décrispation politique par la libération des prisonniers détenus pour des motivations purement politiques tarde à se concrétiser. Encore une fois, c’est l’accord du 31 décembre 2016 qui est foulé aux pieds. Il y a notamment Diomi Ndongala, Jean-Claude Muyambo, Gérard Mulumba, Franck Diongo et bien d’autres qui se retrouvent dans cette catégorie.

La démocratie rime avec liberté. On ne peut donc pas concevoir une démocratie où la justice n’est pas rendue de manière équitable. Ce qui n’est malheureusement pas le cas en RDC.

La justice congolaise est loin de satisfaire. Elle reste encore régentée par le pouvoir en place qui la manipule à sa guise.

La démocratie congolaise a encore de grands obstacles à franchir, tant que la justice ne prendra pas le relais afin de garantir les droits civiques à tous – quel soit son rang social. Ce qui passe pour une chimère dans ce Congo qui n’est finalement démocratique que par sa dénomination.

https://lepotentielonline.net/2018/08/16/democratie-en-peril/

Isidore Ndaywel salue la victoire du peuple congolais, cependant la lutte continue pour la libération des personnalités politiques

NDAYWELL ET PRISONNIERS POLITIQUES

L’historien congolais Isidore Ndaywel, à l’origine COMITE LAIC DE COORDIANTION (CLC) organisatrice des grandes marches pacifiques du début de cette année, se réjouit de ce qu’il appelle « une victoire d’étape». « Pour nous, l’identité du candidat présenté par la majorité présidentielle est une question secondaire. C’est de la « cuisine interne» et il ne nous appartient pas d’interférer dans le choix des partis politiques. Par contre, nous nous réjouissons du fait que le président Kabila ne sera pas candidat à sa propre succession, qu’il renonce à briguer un troisième mandat. Il s’agît là d’une victoire obtenue grâce à la mobilisation du peuple congolais, de la suite des efforts menés par les leaders religieux, des pressions exercées par la communauté internationale. Un tel résultat mérite d’être salué, car il est encore relativement rare sur le continent africain. »

Le professeur Ndaywel, qui travaille en ce moment sur les processus de résistance mis en œuvre par les Congolais depuis l’époque coloniale, assure qu’ « une fois de plus le peuple congolais a démontré sa capacité de résister. Je suis fier d’appartenir à ce peuple qui, par son courage, a obtenu un tel résultat…

Cependant, la lutte continue, car nous voulons arriver à des élections crédibles et inclusives.

Or des acteurs politiques importants demeurent exclus du processus électoral, et nous ne sommes pas d’accord avec l’exclusion de Moïse Katumbi, ni avec le maintien en prison de personnalités politiques comme Diomi Ndongala (leader de la démocratie chrétienne) ou l’avocat de Lubumbashi Jean-Claude Muyambo. Ceux qui sont toujours en prison auraient le droit de se porter candidats, y compris à d’autres scrutins que la présidentielle, et ils en sont empêchés.

Par ailleurs, le fichier électoral reste à nettoyer, conformément aux recommandations de l’Organisation internationale de la francophonie ; plus de dix millions de cartes d’électeurs sont contestables et nous ignorons quel usage on en fera…
Le dernier point litigieux, c’est la « machine à voter ». Il est clair que le peuple n’en veut pas, que cette « machine » n’est pas prévue par la loi et est rejetée par l’opinion. Il faudra résoudre au plus vite cette question. Le combat continue, nous devons demeurer vigilants… »

COLETTE BRAECKMAN

 

Le Soir avec CFPP-RDC

L’OPPOSITION POLITIQUE EXIGE LA LIBERATION DES PRISONNIERS POLITIQUES ET LE RETOUR DES EXILES / RFI avec CFPP-RDC

*DECRISPATION POL UE UA CLC

L’opposition congolaise appelle à une candidature unique et exige le retour au pays de Moïse Katumbi, un des candidats déclarés à la présidentielle du 23 décembre prochain ainsi que la libération des prisonniers politiques emblématiques cités dans l’Accord de la Saint-Sylvestre.

L’UDPS Félix Tshisekedi, l’UNC Vital Kamerhe, le leader de Congo na Biso Freddy Matungulu, tous candidats à la présidentielle, étaient présents à la cérémonie. Jean-Pierre Bemba Gombo du MLC et le numéro 1 d’Ensemble pour le changement Moïse Katumbi Chapwe étaient représentés. Absent pour des raisons de commodité, ‎l’ECiDé de Martin Fayulu.

Les six candidats signataires de la déclaration de l’opposition saluent la position de Joseph Kabila – pas partant pour un troisième mandat – qui a accepté enfin de se plier à la constitution. Pour l’opposition, c’est une victoire historique que vient de remporter le peuple congolais.

Les signataires de la déclaration ont reconnu que cette victoire a bénéficié du soutien de la communauté internationale. Mais ce n’est qu’une victoire d’étape, soulignent-ils. Reste cependant le combat pour les élections conformes aux normes démocratiques, des élections telles que prévues dans l’accord de la Saint Sylvestre.

Et ici les signataires insistent sur la mise en œuvre intégrale de cet accord, obtenu grâce à la médiation des évêques catholiques.

Pour des élections inclusives, l’opposition exige le retour de Moïse Katumbi au pays, la libération des prisonniers politiques Eugène Diomi Ndongala et J.C. Muyambo, des exilés comme Anzuluni et Mbusa Nyamwisi et le retrait de la machine à voter et le nettoyage du fichier électoral.

Autres exigences, le retour de la dépouille mortelle de l’opposant historique Etienne Tshisekedi et le remplacement du délégué de l’Udps à la Commission électorale nationale indépendante. Le pouvoir devra se garder aussi d’instrumentaliser la Céni et la justice pour procéder à l’invalidation des candidats de l’opposition.

L’opposition réaffirme son engagement indéfectible au processus électoral en cours et appelle, avec insistance, qu’en plus du respect de l’article 70 de la Constitution, l’inclusivité des élections, la mise en œuvre intégrale des mesures de décrispation politiques prévues dans l’accord de la Saint Sylvestre, la solution des questions liées à la sécurité à l’est du pays – au Kasaï et au Katanga – ainsi que la sécurisation de l’ensemble du processus électoral sont indispensable pour un environnement politique et institutionnel favorable à la tenue d’élections paisibles et fiables. Par conséquent, l’opposition condamne fermement la décision prise par le gouvernement congolais d’interdire, d’autorité, à monsieur Moïse Katumbi de rentrer en RDC, le contraignant ainsi à l’exil et l’empêchant de ce fait de déposer sa candidature à l’élection présidentielle ainsi que le maintien en détention des prisonniers politiques emblematiques cités dans l’Accord de la Saint-Sylvestre Et ce en violation flagrante de la Constitution et du pacte international relatif aux droits civils et politiques des Nations Unies.
RFI avec CFPP-RDC

Decrispation politique : l’appel à Joseph Kabila de Pierre Lumbi: « Monsieur le président, vous venez de faire un grand pas dans la bonne direction. Il ne comptera que s’il est suivi d’autres: en première lieu la libération des prisonniers politique et le retour des exilés »

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DECLARATION POLITIQUE DE PIERRE LUMBI OKONGO

1. Le Président KABILA vient de désigner son Dauphin et renonce, par ce geste, à
son projet de modifier la Constitution dans le but de briguer un troisième
mandat. Nous nous en félicitons.
2. L’histoire retiendra que, pour y arriver, il aura fallu au peuple congolais 4
longues et dures années de lutte, de sacrifices de sang, de larmes, de privation
de liberté, de souffrance et d’humiliation.
3. Que du gâchis qui était totalement évitable!
4. A cette étape de notre lutte, nous renouvelons nos hommages aux dignes filles
et fils de notre pays, tombés sur le champ de bataille pour que triomphent la
liberté et la démocratie dans notre pays.
5. Nous saluons la résistance de notre vaillant peuple qui a maintenu depuis
janvier 2015 la flamme de l’espoir par sa constance et la force de son combat.
Cette victoire est avant tout la sienne.
6. Cette victoire, si belle soit-elle, n’est qu’une victoire d’étape. Il reste encore
plusieurs batailles à mener, jusqu’à obtenir la tenue d’élections libres, crédibles,
apaisées, transparentes et inclusives.
7. La communauté nationale et internationale aura constaté qu’un digne fils
congolais, le Président Moïse KA TUMBI, a été délibérément empêché, par le
régime de Kinshasa, de rentrer dans son propre pays et de déposer son dossier
de candidature.
8. Cet acte viole notre Constitution, viole l’Accord de la Saint Sylvestre, et prive des
millions de congolaises et congolais qui se reconnaissent aujourd’hui en lui le
droit de choisir leur candidat.
9. Nous attirons l’attention du gouvernement congolais et de la Communauté
Internationale sur les conséquences qui pourraient découler de cette situation.
lO.Par ailleurs, l’opinion retiendra l’obstination du pouvoir en place d’une part, à
maintenir en détention de dizaines des prisonniers politiques et d’opinion,
parmi lesquels Jean-Claude MUYAMBO, Franck DIONGO, Eugène DIOMI
NDONGALA, Gecoco MULUMBA, Carbone BENI ; et d’autre part, à contraindre
plusieurs congolais à l’exil.
11.La décrispation politique, volet important de l’Accord du 31 décembre 2016,
continue ainsi à être bafoué par le pouvoir en place : aucun cas emblématique
n’est pris en considération ni résolu. Le régime actuel poursuit sa politique
d’exclusion et de .déni de droits et libertés fondamentaux de certains citoyens
congolais.
12.Le peuple congolais n’acceptera pas l’exclusion de Moïse KATUMBI aux
prochaines élections présidentielles, ni toute autre exclusion par le fait de
prince.
13.Le peuple congolais n’acceptera pas non plus l’utilisation de la machine à voter,
ni celle d’un fichier électoral corrompu.
14.Ainsi, nous en appelons à la responsabilité du Président Kabila.
15.Monsieur le Président, vous venez de faire un grand pas dans la bonne direction;
il ne comptera que s’il est suivi d’autres pas devant aller vers la décrispation du
climat politique afin de ramener la sérénité dans notre pays.
16.Monsieur le Président, libérez les prisonniers politiques encore en prison, levez
cette malheureuse mesure qui retient injustement le Président Moïse Katumbi à
l’extérieur du pays, demandez à la CENI de nettoyer le fichier électoral,
demandez-lui de retirer la machine à voter du processus actuel.
17.Ce sont des conditions incontournables pour offrir à notre pays des élections
apaisées et crédibles, en garantissant l’égalité des chances à tous les candidats.
18. Faites le Monsieur le Président, cela ne pourra que vous honorer et nous honorer
tous.
19.Nous invitons la communauté internationale, en particulier les Nations Unies,
l’Union Africaine, l’Union Européenne, la SADC et la CIRGL d’accentuer leurs
efforts pour que toutes les mesures de décrispations contenues dans l’Accord de
la saint Sylvestre soient réellement effectives, afin de permettre à la CENI
d’organiser les élections dans un climat apaisé et de réconciliation. Il en va de
l’intérêt et la paix dans notre pays, dans la région, dans le continent et dans le
monde.
20.Nous appelons le peuple congolais à demeurer vigilant et à ne point se relâcher
dans la lutte pour la décrispation politique, la tenue des élections le 23 décembre
2018 sans la machine à voter, ni fichier corrompu, dans le strict respect de la
Constitution et de l’Accord du 31 décembre 2016.

Fait à Kinshasa, le 12 août 20

Pierre Lumbi

LE PROF. MATTHIEU KALELE SUR RTCE: « Nous n’irons pas aux élections sans la participation de: Moïse Katumbi, Eugène Diomi, Franck Diongo et Jean-Claude Muyambo »

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 » La désignation de Shadari ne change pas par ailleurs le contexte politique dont l’actualité reste dominée par la crise politique puisque nous n’irons pas aux élections sans la participation de:

Moïse Katumbi, Eugène Diomi Ndongala, Franck Diongo et Jean-Claude Muyambo;

c’est à dire la décrispation reste la plus importante étape et préalable pour les élections crédibles sans lesquelles j’exhorte l’opposition à prendre position contre ».

PROF. Matthieu KALELE sur la Radio Télévision Catholique

COMMUNIQUE CONJOINT – LES ORGANISATIONS DE LA SOCIETE CIVILE, OSC, SALUENT KABILA POUR LE RESPECT DE LA CONSTITUTION ET L’INVITENT A LA DESCRIPATION POLITIQUE

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Les Organisations de la Société Civile (OSC) se félicitent du respect de l’article 70 de la Constitution par le Président KABILA KABANGE Joseph, en faisant annoncer qu’il ne se présente pas à la présidentielle du 23 décembre 2018.

En outre, elles l’invitent à procéder, urgemment, à la mise en œuvre des mesures de décrispation.
Soutenant l’appel à la paix et l’inclusivité de la Conférence Episcopale Nationale de la RDC (CENCO) du 07 août, les OSC signataires rappellent que l’Accord du 31 décembre 2016 a pour objectif de résoudre la crise politique née de l’interruption de la régularité et la continuité du processus électoral. De ce fait, elles recommandent vivement la mise en œuvre du chapitre V relatif aux mesures de décrispations restées en souffrance, notamment :

1. La cessation des poursuites politiquement motivées contre KATUMBI CHAPWE Moïse ;
2. Et, la libération des prisonniers politiques emblématiques dont Eugène DIOMI NDONGALA Eugène, DIONGO SHAMBA Franck, Bâtonnier MUYAMBO KYASSA Jean-Claude, ainsi que les prisonniers d’opinions, notamment BENI Carbone, BOPOMI Mino, KALONJI Cedric, TSHUNZA Grace et KABEYA Palmer.

Les OSC rappellent, par ailleurs, que la décision de ne pas présenter la candidature de KABILA s’inscrit dans l’esprit de l’Accord politique dont les autres points déjà appliqués sont:
1. Point II.2 : Le Président de la République reste en fonction jusqu’à l’installation effective de son successeur élu;
2. Point III.2.2. : Les députés et sénateurs restent en fonction jusqu’à l’installation effective de nouvelles assemblées législatives et délibérantes ;
3. Point III.3 : Le Gouvernement est dirigé par l’opposition ;
4. Chapitre VI : Les membres du CNSA sont désignés pour assurer le suivi de l’Accord.

Fait à Lubumbashi, le 08 août 2018.
Les OSC signataires :
1. Action Contre l’Impunité pour les Droits Humains (ACIDH)
2. Association Congolaise d’Accès à la Justice (ACAJ)
3. Association Africaine de défense des Droits de l’Homme (ASADHO)
4. Centre des Droits de l’Homme et du droit Humanitaire (CDH)
5. Groupe d’Action Non-Violence Evangélique (GANVE)
6. Humanisme et Droit Humain (HDH)
7. Institut de Recherche en Droits Humains (IRDH)
8. JUSTICIA ASBL
9. Maman Ni Maman
10. Nouvelle Dynamique Syndicale (NDS)
Contacts pour la presse :
Maître TSHISWAKA (IRDH) : 00243851103409
Monsieur MULAMBA (CDH) : 00243999940324
Maître MULUMBA (JUSTICIA) : 00243971654932

L’UNION EUROPEENNE, L’UNION AFRICAINE ET LE CLC INSISTENT POUR L’APPLICATION DES MESURES DE DECRISPATION POLITIQUE, POUR LA CREDIBILITE ET L’INCLUSIVITE DU PROCESSUS ELECTORAL

DECRISPATION POL UE UA CLC

L’Union Européenne insiste sur les mesures de décrispation du climat politique en RDC dans le cadre du processus électoral. Pour l’UE, les événements des derniers jours témoignent « du besoin d’en assurer un environnement pacifié et sans aucune entrave ».

L’instance européenne rappelle « l’importance de l’engagement pris par tous les partis de respecter l’Accord politique de la Saint Sylvestre, y compris les mesures de décrispation, afin d’assurer une compétition électorale équitable et crédible », dit un communiqué de l’UE publié ce lundi 6 août 2018.

Dans ce document l’UE apporte son soutien à l’appel du Président de la Commission de l’Union Africaine au respect des droits et libertés de tous les Congolais, indispensable à la tenue d’un scrutin paisible, transparent et véritablement inclusif.

A deux jours de la fin de l’opération de dépôt des candidatures pour les législatives nationales et la présidentielle de décembre, Moussa Faki, président de la Commission de l’Union Africaine (UA) a, dans un communiqué un peu plus tôt ce lundi, souligné la nécessité pour les dirigeants congolais d’assurer la crédibilité du processus électoral, dans  « le respect scrupuleux des droits et libertés de tous les Congolais, tels que garantis par la Constitution et les instruments africains et internationaux pertinents, ainsi que de mettre en œuvre des mesures de décrispation appropriées pour créer un environnement propice à une compétition électorale équitable ».

Ces appels interviennent dans un contexte marqué par le maintien illégitime en détention des prisonniers politiques emblématiques cités dans l’Accord Politique de la Saint Sylvestre ( Eugène Diomi Ndongala et J.C. Muyambo) ainsi que les menaces contre les exilés politiques (Moise Katumbi, Nyamwisi et Floribert Anzuluni).

Dernièrement, dans un communiqué, le Comité Laic de Coordiantion, CLC en sigle, est aussi revenu sur l’impérieuse nécessité d’appliquer les mesures de décrispation en libérant les prisonniers politiques.

De plus, il sied de souligner  les declarations de  de Moïse Katumbi à l’endroit de Joseph Kabila sur le fait que ce dernier, selon les propos de l’ex-gouverneur, voudrait choisir qui seront les candidats à la prochaine présidentielle, par des élections non inclusives.

Moise Katumbi a même appelé à une mobilisation pour la participation de tout le monde aux élections de décembre 2018, y compris les prisonniers politiques illégitimement détenus.

Actualite.cd avec Cfpp-RDC.com

LE COMITE LAIC DE COORDIANTION, CLC, EXIGE LA LIBERATION DE DIOMI NDONGALA, JEAN CLAUDE MUYAMBO, DIONGO, MULUMBA ET CARBONE BENI

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Aucun texte alternatif disponible.

 

Le 14 juin dernier, les laïcs catholiques avaient donné jusqu’au 30 juin à Joseph Kabila de lever l’équivoque sur son probable troisième mandat. Une semaine après l’expiration de cet ultimatum, le Comité laïc de coordination (CLC) annonce des « grandes actions » au mois d’août au cas où l’actuel président de la République déposait sa candidature. 

Dans une communication faite ce samedi 7 juillet, le CLC considère que le Président Kabila « semble se préparer activement à poser sa candidature pour un 3e ou 4e mandat compte tenu de son silence sur les déclarations qu’affichent ses partisans ».

Les laïcs ajoutent qu’à dater du jour du dépôt de sa candidature, ils se verront dans l’obligation d’inviter le peuple à ne plus le reconnaître comme chef de l’Etat légitime. Aussi, ils seront obligés de « décréter le mois d’août, mois d’actions combinées de marches pacifiques, de sit-in, de villes mortes, de grèves généralisées et d’actions de désobéissance civile, sur toute l’étendue du pays, en vue d’obtenir la démission du président Kabila et de son gouvernement, devenus de véritables obstacles à des élections crédibles, transparentes et apaisées ».

De plus, le communiqué du Comité Laïc de Coordination insiste sur l’application des mesures de décrispation contenues dans l’Accord Politique de la Saint Sylvestre, citant nommément les prisonniers politiques Eugène Diomi Ndongala, Jean-Claude Muyambo, Diongo, Gecoco Mulumba et Carbone Beni.

Ils demandent aux congolais de « prendre leur destin en mains pour créer des conditions de paix véritable dans notre pays et de libérer l’avenir pour le bonheur de tous ».

« L’heure étant grave, la paix et la stabilité du pays ainsi que de la sous-région étant menacé, le 9 août 2018, le CLC lancera un appel à la mobilisation générale de toutes les forces vives de la nation, pour ses premières grandes actions qui se tiendront le 12, le 13 et le 14 août 2018, sur toute l’étendue de la République, afin de sauver la démocratie en péril », dit le CLC dans un communiqué.

Actualité cd avec CFPP-rdc.com

Présidentielle du 23/12: Le Congo-Kin au bord de la guerre civile: la crispation politique bat son plein/ CONGOINDEPENDANT.COM

A quelques cinq mois de la date fixée (23 décembre 2018) pour la tenue des consultations politiques majeures (élection présidentielle, législatives et provinciales), le Congo démocratique se trouve à nouveau dans une zone de turbulence.

ANALYSE

L’ambiance générale est loin d’être celle d’une nation qui se prépare à aller aux urnes pour demander des comptes à la majorité sortante avant de choisir librement ses nouveaux gouvernants. En dépit d’un bilan catastrophique, les « sortants » rechignent « à sortir ». Ils continuent à faire plus la pluie que le beau temps. Jean-Pierre Bemba Gombo (MLC) et Moïse Katumbi Chapwe (Ensemble), candidats à l’élection présidentielle, en savent quelque chose.

Dimanche 5 août, des observateurs de la politique congolaise étaient fort pessimistes et prêts à parier sur la non-tenue des élections du 23 décembre prochain. Ils tiennent, pour preuve, la « semaine tumultueuse » qui vient de s’achever tant dans la capitale qu’à Kasumbalesa (Haut Katanga). D’après eux, « Joseph Kabila » – qui ne croit qu’à la force des armes – a suffisamment démontré qu’à défaut de se représenter pour briguer un nouveau mandat, il ne cédera le pouvoir qu’à un successeur  de son obédience.

Au vu de l’état actuel de rapports de force, ces mêmes observateurs estiment qu’il est impossible que les urnes enfantent l’alternance démocratique attendue par la grande majorité de Congolais. « Seule une guerre civile ou révolution populaire pourrait imposer le changement », soutiennent-ils. Cette dernière idée fait désormais son petit bonhomme de chemin. Ce n’est plus qu’une question de moyens.

Que voit-on?

Les prisonniers politiques sont maintenus en détention en dépit des « mesures de décrispation » contenues dans l’Accord de la Saint Sylvestre. Le ministre de la Justice Alexis Thambwe qui se prend pour un procureur brille par une arrogance de mauvais aloi. Les opposants continuent à faire l’objet des intimidations. L’armée, la police et les services de renseignements se comportent en milice au service de l’oligarchie en place. Il en est de même de l’appareil judiciaire et de la sacro-sainte Cour constitutionnelle placés sous la botte des « hommes du raïs ».

RESTAURATION DU PARTI-ETAT

Jean-Pierre Bemba à la Ceni

Pour boucler la boucle, les gouverneurs de province viennent d’adhérer à la charte de la coalition politique aux allures de parti unique créée par « Joseph Kabila » dite « Front commun pour le Congo »(FCC). Les maires et les bourgmestres sont tous membres du parti présidentiel, le parti du peuple pour la démocratie et la reconstruction (PPRD). On assiste à une restauration camouflée du parti-Etat.

Dimanche 5 août, Jean-Pierre Bemba Gombo a sans doute poussé un « ouf! » de soulagement lorsque son avion a repris les airs à destination de Bruxelles. Arrivé à Kinshasa le mercredi 1er août, le leader du MLC (Mouvement de libération du Congo) a été empêché par le patron de la police kinoise, le « général » Sylvano Kasongo Kitenge, non seulement de « communier » avec la population venue l’accueillir à l’aéroport de Ndjili mais aussi d’habiter dans la résidence de sa famille. Et ce sous prétexte que celle-ci se trouvait dans le « site présidentiel ». Une situation sans précédent.

Lors du dépôt de sa candidature jeudi à la CENI (Commission électorale nationale indépendante), le « chairman » n’a pas manqué d’exprimer au président de la centrale électorale, Corneille Nangaa, les préoccupations de son parti par rapport à la fameuse « machine à voter ». Il en est de même du cas de plusieurs millions d’électeurs enrôlés sans empreintes digitales. « A quoi servirait-il d’organiser des élections qui seront contestées le lendemain? », a dit Bemba à son interlocuteur. A-t-il été entendu? C’est à voir.

C’est un secret de Polichinelle. Certains analystes n’excluent pas que la CENI et la Cour constitutionnelle invalident la candidature du leader du MLC. Au motif qu’il aurait été condamné dans l’affaire « Bemba II » dite « subornation de témoins ». Certains juristes proches de la mouvance kabiliste déploient, depuis quelques jours, des talents d’éloquence pour faire triompher la thèse selon laquelle la subornation est assimilable à la corruption. L’article 10 de la loi électorale frappe d’inéligibilité « les personnes condamnées par un jugement irrévocable » notamment « de corruption ». On peut gager qu’on va assister à la mère de toutes les batailles entre les juristes des deux camps antagonistes.

COMBATTRE LA DICTATURE

Les vendredi 3 et samedi 4 août, les Congolais ont suivi aux quatre coins du pays, un nouveau round du bras de fer entre « Kabila » et l’ancien gouverneur du Katanga Moïse Katumbi Chapwe. Celui-ci s’est vu refuser l’autorisation à son aéronef d’atterrir à Lubumbashi en provenance d’Afrique du Sud. « Kabila » qui confond ses intérêts particuliers avec ceux de l’Etat a mobilisé la force publique pour régler ses comptes personnels avec l’ancien Gouverneur.

Moïse Katumbi

Candidat déclaré à l’élection présidentielle, Katumbi voulait s’enrôler et aller déposer son dossier de candidature à Kinshasa. Contre toute attente, les autorités zambiennes ont été informées par Kinshasa que « Moïse » n’était pas autorisé à franchir la frontière du pays qui l’a vu naître. Quelle ironie du sort? Et dire que l’homme à l’origine de cette oukase a plusieurs lieux de naissance (Hewa Bora II, Mpiki, Lulenge etc.) et porté d’autres patronymes (Mtwale, Kanambe) avant celui de « Kabila ». Plus grave, cet individu qui demeure un mystère pour ses « compatriotes » a fait son service militaire dans l’armée tanzanienne. Ce qui suppose qu’il était au moins citoyen tanzanien.

Par sa boulimie du pouvoir et des avantages qui y sont attachés, « Joseph Kabila » a réussi à replonger l’ex-Zaïre dans la dérive dictatoriale que redoutaient les législateurs de 2005. L’Etat congolais, en tant que pouvoir politique censé être au service de l’intérêt général, affiche au grand jour sa partialité. Comment pourrait-on, dès lors, espérer une concurrence loyale et pacifique durant la campagne électorale à venir? Comment pourrait-on croire à des élections libres et équitables tant dans la capitale que dans l’arrière-pays? Quelle crédibilité pourrait-on accorder à des élections non-inclusives?

Le Congo-Kinshasa vit plus que jamais la même ambiance délétère que celle qui prévalait en 1998 sous le régime autoritaire de Mzee Laurent-Désiré Kabila. Des mouvements rebelles virent le jour pour combattre la dictature naissante…

Baudouin Amba Wetshi

ENTRE DENI, INCOMPETENCE ET LANGUE DE BOIS, Mme LA MINISTRE DES DROITS HUMAINS A-T-ELLE QUELLE FONCTION ET UTILITE EN RDC ? / RFI

Mushobekwa (RDC): il n’y a pas «de femmes séquestrées comme otages sexuels»

Marie-Ange Mushobekwa, ministre des Droits de l’homme de la RD Congo. Michael Ali/Monusco/wikimedia.org

Y a-t-il des esclaves sexuelles au Kasaï détenues depuis plus un an? C’est ce qu’affirment l’ONU et la société civile à Tshikapa. Elles sont au moins une soixantaine, selon l’ONU, au moins 80 selon la société civile. Des femmes et surtout des filles de l’ethnie luba qui auraient été kidnappées en avril 2017 par les milices Bana Mura, des milices pro-gouvernementales accusées de crimes de guerre et crimes contre l’humanité dans la province du Kasaï et qui seraient détenues depuis dans des fermes à quelques dizaines de kilomètres à Tshikapa. L’ONU assurait avoir envoyé ces informations depuis décembre aux autorités et se plaignait de l’absence de réaction. Pour la ministre des Droits de l’homme, Marie-Ange Mushobekwa, ces informations sont fausses. Elle est l’invitée de RFI.

RFI : Que répondez-vous aux Nations unies qui parlent d’une soixantaine d’esclaves sexuelles au Kasaï et qui disent que les autorités locales n’ont pas donné suite à la transmission d’informations et n’ont pas cherché à les faire libérer ?

Marie-Ange Mushobekwa : De cette affaire, on en parle depuis le début du mois de mai. Lorsque l’équipe d’experts internationaux des Nations unies dépêchée dans le Kasaï par le haut-commissaire des Nations unies aux droits de l’homme m’a fait part de cette situation, j’ai été prise de panique. A ce moment-là, le groupe d’experts parlait de 300 femmes. Vous, vous parlez de 60. Aussitôt, j’en ai informé mon collègue ministre de la Défense, qui m’a dit qu’il n’était pas au courant et qu’il allait vérifier pour voir dans quelle mesure les faire libérer. J’ai également informé le président de la République, qui, aussitôt qu’il l’a appris, a convoqué une réunion de crise. Il m’a demandé d’appeler le directeur du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme pour avoir toutes les précisions, afin que l’armée aille libérer ces femmes dans les 72 heures qui suivaient. J’ai rappelé le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme. On m’a dit qu’on allait me transmettre tous les détails dont on avait besoin. Jusqu’au moment où je vous parle, je n’ai jamais eu de suite.

Pourtant, le Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme dit qu’il a fourni ces informations non pas en mai, mais que lui – Bureau conjoint -, c’est-à-dire pas les experts sur le Kasaï, en ont parlé aux autorités dès décembre 2017 et cette situation dure depuis avril 2017.

Vous parlez des autorités provinciales. Moi, je vous dis qu’au niveau de Kinshasa, j’ai été informée par les experts internationaux de l’ONU fin avril-début mai. Jusqu’au moment où je vous parle, personne n’a donné de précisions quant à l’existence de ces femmes séquestrées comme otages sexuels.

Mais il y a une trentaine de rescapées. Pourquoi ne pas les interroger vous-même ? Ces femmes donnent des localités.

Vous pouvez imaginer qu’avant d’être ministre, je suis moi-même femme et que donc je ne peux pas rester insensible face à une telle situation. Tout le gouvernement a le devoir de libérer ces femmes, si elles existaient. Je ne suis pas en train de vous dire que lors des atrocités du Kasaï, il n’y a pas eu de violences sexuelles. Il y en a eu beaucoup de commises par les terroristes de Kamuina Nsapu, mais il y a également quelques éléments des forces de l’ordre qui se sont rendus coupables de violences sexuelles. Là, on est en train de parler de femmes séquestrées comme otages sexuels. Ces femmes n’existent pas. Au début, on nous a parlé de 300. Après, on nous parlé de 100. Aujourd’hui, vous parlez de 60. Je repose la même question. Qu’on nous dise où se trouvent ces femmes. On va les libérer. L’ONU est incapable de nous dire où se trouvent ces femmes. La vérité c’est qu’il y a eu quelques femmes lubas qui avaient été mariées à quelques hommes chokwes à ma connaissance il y en avait 3. Elles se sont disputées avec leur mari parce qu’il y avait des conflits entre les Chokwes et les Lubas. Et sur la route, ces femmes ont croisé les éléments de la Monusco, elles ont relaté ce qui s’est passé et la Monusco a amplifié cette histoire.

Mais pourquoi ne pas interroger celles qui se présentent comme des victimes ? On nous parle d’une trentaine de femmes et de petites filles.

Ce que je suis en train de vous expliquer c’est que j’ai envoyé des équipes du ministère des Droits humains au Kasaï au mois de juin, à Tshikapa et à Kananga. Vous ne savez peut-être pas que moi-même je suis allée à Kananga où j’ai passé plusieurs jours. Je suis en train de vous dire des choses pour lesquelles j’ai enquêté.

Comment vous expliquez qu’il n’y ait pas beaucoup de procédures judiciaires à ce stade, dans le cadre des différents crimes contre l’humanité et crimes de guerre documentés sur le Kasaï ? Il n’y a notamment aucune procédure contre ces milices Bana Mura, qui sont accusées de détenir les otages sexuels dont parle l’ONU. Est-ce qu’il n’y a pas deux poids et deux mesures entre les milices qui sont accusées d’être proches de certaines autorités locales ou de certains commandants FARDC et les milices Kamuina Nsapu qui se sont érigées contre l’autorité de l’Etat ?

Par rapport à la sanction, j’estime que toutes les atrocités qui ont été commises au Kasaï ne doivent pas rester impunies. Le président de la République l’avait dit. C’est vrai qu’il faut la réconciliation au Kasaï, mais qu’il n’y aurait pas de vraie réconciliation, qu’il n’y aurait pas de paix, sans justice. Certaines personnes avaient déjà commencé à être jugées. Les procès avaient été interrompus à la demande du secrétaire général des Nations unies, qui voulait que les enquêtes que le gouvernement menait conjointement avec les experts de l’ONU s’achèvent, pour rétablir les responsabilités afin de permettre qu’il y ait des procès équitables.

Mais votre gouvernement passe son temps à dénoncer les ingérences de la communauté internationale. Est-ce que ce n’est pas en priorité de la responsabilité du gouvernement de mener ces enquêtes et de les faire aboutir ?

Bien sûr que c’est de la responsabilité du gouvernement.

Mais deux ans après, aucune fosse commune à ce jour n’a été ouverte et donc on ne sait toujours pas quelles sont les victimes qui sont dans ces fosses communes ?

Les gens sont en train de travailler à Kananga. Vous n’avez pas l’information ?

Comment se fait-il qu’il y ait encore des manifestations qui soient réprimées quand vous aviez vous-même annoncé la levée de la mesure générale d’interdiction de manifester il y a plusieurs mois ?

Je ne me l’explique pas, la mesure a été levée. Je vous le confirme encore une fois que les manifestations peuvent se tenir. Je n’ai pas besoin de vous préciser que nous sommes en plein processus électoral. Le dépôt de candidature (pour la présidentielle, NDLR) s’achève le 8 août prochain. Et nous ne concevons pas qu’il y ait campagne électorale sans liberté de manifester. Ceux qui répriment les manifestations publiques doivent être sanctionnés.

Le ministre de la Justice l’a dit clairement pour dire qu’il n’y aurait pas de nouvelles libérations de prisonniers politiques. L’ONU en dénombre encore près de 100, et notamment pas les figures emblématiques, Jean-Claude Muyambo, Franck Diongo et Eugène Diomi Ndongala, que ces libérations n’étaient pas à l’ordre du jour.

Vous parlez du ministre de la Justice. Moi, je suis ministre des Droits humains.

CONSEIL DE SECURITE DE L'ONU, SEANCE SUR LA RDC DU 26072018_ TOUTES LES DELEGATIONS RECLAMENT DES MESURES DE DECRISPATION POLITIQUE, LA LIBERATION DES PRISONNIERS POLITIQUES EMBLEM

Mais le fait que ces mesures de décrispation ne soient pas mises en application, ça ne vous inquiète pas. On a vu la semaine dernière les membres du conseil de sécurité s’inquiéter du retard dans l’application de ces mesures à cinq mois des élections ?

Je ne suis pas ministre de la Justice, je parle des choses qui sont de ma compétence.

Comment vous expliquez que des jeunes activistes comme Carbone Beni et ses quatre collègues de Filimbi aient passé plusieurs mois en détention à l’ANR, l’Agence nationale des renseignements, sans accès à leurs avocats, ils sont aujourd’hui devant la justice. Comment expliquez-vous qu’il n’y ait pas de remise en cause des conditions de cette détention quand cela dépasse le cadre légal qui existe en RDC ?

Ecoutez, Carbone Beni et compagnie étaient détenus à l’ANR. Je pense qu’à l’époque où vous m’aviez interviewé, je vous avais dit que les services de renseignements n’avaient pas le devoir de me transmettre ce dossier. Mais ce que j’ai demandé en tant que ministre des Droits humains, dans mes prérogatives, je suis censée veiller sur la régularité de la détention. J’ai estimé que quatre mois, c’était trop pour continuer de détenir Carbone Beni et compagnie. J’avais demandé à ce que ces derniers soient transférés devant des instances judiciaires compétentes, enfin qu’ils aient le droit de se défendre. Cela a été fait, donc cela ne dépend plus de moi. Cela relève du ministère de la Justice.

RFI

 

Mesures de décrispation: Leila Zerrougui,devant le Conseil de Sécurité de l’Onu, préoccupée par l’exclusion des cas emblématiques

Mesures de décrispation: Leila Zerrougui préoccupée par l’exclusion des cas emblématiques

A l’approche des élections prévues le 23 décembre en RDC, la MONUSCO s’inquiète des insuffisances dans la  mise en œuvre des mesures de décrispation du climat politique en RDC.

Malgré la libération de près de 4 100 prisonniers annoncée par le ministre de la justice, Leila Zerrougui, cheffe de la mission onusienne en RDC, s’inquiète de “l’exclusion complète” de figures “emblématiques” du processus de décrispation.

“Je reste préoccupée par les lacunes dans la mise en place des mesures de confiance. Il est exclu complètement la mise en liberté des figures emblématiques”, s’est-elle alarmée jeudi devant le Conseil de sécurité.

Leila Zerrougui s’est félicitée par ailleurs, du progrès enregistrés dans la mise en oeuvre du calendrier électoral mais relève le manque de consensus entre les parties prenantes notamment au sujet de la machine à voter.

“A 5 mois du scrutin, il y a beaucoup d’avancées notamment avec l’ouverture de Bureau Réception et Traitement de candidature surtout pour les élections législatives nationales et présidentielle. Malgré ces avancées significatives, le processus souffre de suspicions entre l’Opposition et la Majorité et entre l’opposition et la CENI au tour de la machine à voter, le fichier électoral et le remplacement du représentant de l’UDPS au bureau de la CENi. Malgré ces divergences, tous ces partis ont délégué leurs candidats à l’élection provinciale”, a noté la cheffe de la MONUSCO.

La représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU invite à cet effet, le gouvernement à fournir les efforts pour les élections crédibles.

Auguy Mudiayi

Actualité.cd