Les familles des prisonniers politiques interpellent la Cenco / LE PHARE

Les familles des prisonniers politiques interpellent la Cenco

  cenco20

Les familles de plus de 40 prisonniers politiques et quelques
partisans des exilés politiques ont envahi le Centre interdiocésain,
siège de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), à
Kinshasa, hier jeudi 15 novembre 2018, pour déposer un mémorandum à
l’attention des Evêques.

Patricia Diomi Ndongala,  qui conduisait la délégation, a lu devant la
presse et le public ce mémo intitulé « Où est ton frère ? », qui a été
réceptionné au secrétariat général de la CENCO.

Ces familles sont persuadées qu’ « aussi longtemps les prisonniers
politiques congolais ne seront pas libérés, il n’y aura qu’aucune
garantie d’un aboutissement heureux du processus électoral en RDC ».
Elles n’ont pas manqué de faire quelques propositions à la CENCO en
ces termes. « Il serait souhaitable qu’une structure permanente, eu
sein de votre sainte organisation qu’est la CENCO, soit mise en place
pour le suivi soutenu de la question de la décrispation politique et
le retour des exilés (« J’étais en prison et vous m’avez visité » Mt
25.35-36)

Voici la seconde : « Il serait souhaitable qu’à la prochaine
Assemblée générale, qui se réunira dans quelques jours, la CENCO ne se
penche pas exclusivement sur l’évaluation du processus électoral,
comme il a été annoncé, mais aussi sur la question fondamentale de la
libération des prisonniers politiques, conformément à l’accord de la
Saint-Sylvestre, les deux sujets étant strictement liés, dans la
perspective d’un processus électoral inclusif, crédible et apaisé ».
Nous rappelons qu’effectivement la CENCO se réunit en Assemblée
Plénière Extraordinaire du 20 au 22 novembre 2018 pour évaluer le
processus électoral.

Pour conclure leur message aux évêques, les familles ont recouru à
l’épitre aux Hébreux 13,3 : « Où sont vos frères ? » et «
Souvenez-vous des prisonniers, comme si vous étiez aussi prisonniers ;
de ceux qui sont maltraités, comme étant aussi vous-mêmes dans le même
corps ».
Sans aucun incident, les familles des prisonniers politiques ont
quitté le Centre interdiocésain. Parmi les familles signataires de ce
mémo, on peut citer celles de Diomi Ndongala, Muyambo, Mulumba Gecoco,
Bakajika, Bomboko, Katumbi, Anzuluni, Nyamuisi.

Jean-René Bompolonga

MEMORANDUM A L’ATTENTION DE  MESSEIGNEURS LES EVEQUES DE LA CONFERENCE EPISCOPALE NATIONALE DU CONGO (CENCO)

« Où est ton frère? » Genèse 4:9-10
Depuis la signature l’Accord Global et Inclusif le 31 décembre 2016,
les prisonniers politiques de la République Démocratique du Congo
demeurent embastillés dans les mouroirs congolais dits « prisons »,
malgré le chapitre V dudit Accord sur la nécessité de leur libération.
Certains parmi eux, définis « emblématiques », sont cités nommément en
tant que bénéficiaires des mesures de décrispation politique, mais,
malgré cela, rien n’est entrepris par l’exécutif congolais – animé
essentiellement par la majorité politique signataire de l‘Accord et
ses alliés – afin de leur rendre la liberté.

La CENCO, dans son rôle de facilitation de l’Accord de la Saint-
Sylvestre, avait pris l’initiative de se porter garante de la
libération des prisonniers politiques et du retour des exilés
politiques, en demandant à l’opposition et à la société civile,
pendant les discussions au Centre Interdiocésain de Kinshasa,
d’accepter que ceux-ci soient libérés après la signature de l’Accord,
et pas avant, comme ces composantes l’exigeaient préalablement.
Les familles des prisonniers politiques de la RDC vous demandent,
messeigneurs, en tant que frères en Christ: « Ou sont vos frères? »
Deux ans après la signature de l’Accord de la Saint-Sylvestre, M.
Kabila a pu profiter du consensus politique dégagé à l’occasion de la
signature de l’Accord du 31/12/2016 pour se maintenir au pouvoir hors
mandat constitutionnel, sans respecter le cahier de charges exigés par
l’opposition politique et la société civile.

Le Conseil National de Suivi de l’Accord, CNSA en sigle, une
Institution d’appui à la Démocratie prévue par l’Accord Global et
Inclusif, demeure une coquille vide qui n’a pas d’existence légale et
qui est dépourvue de toute considération de la part de l’exécutif en
place en ce qui concerne ses rares et timides prises de position,
aussi bien par rapport à la libération des prisonniers politiques qu’
à l’évaluation générale du processus électoral.
L’exécutif issu de la signature des « arrangements particuliers »
souscrits par une frange de l’opposition, le 27/04/2017 au Palais du
Peuple, n’applique pas sa propre agenda qui prévoyait la libération
des prisonniers politiques emblématiques une semaine après la
signature du protocole établissant le calendrier des étapes
d’application de l’Accord de la Saint-Sylvestre.

Les délégations officielles des négociations du Centre Interdiocésain
pour le compte de l’ opposition et de la société civile, n’ont pas
reconnu la désignation des membres participant à ce gouvernement, mais
ces membres dissidents, quant à eux, continuent à ne pas respecter
leurs engagements, y compris ceux prévus par leurs propres «
arrangements particuliers ».

Comment continuer à se taire, alors que l’opinion publique congolaise
est de plus en plus sceptique en ce qui concerne le lancement d’un
processus électoral tardif, exclusif et surtout caractérisé par une
crispation croissante du climat politique ?

Alors que des candidats à l’élection présidentielle ont été
irrégulièrement invalidés par un Commission Électorale Nationale
Indépendante, (CENI), et une Cour Constitutionnelle manifestement
partisanes, les prisonniers politiques emblématiques comme M. Eugène
Diomi Ndongala (Président National de la Démocratie Chrétienne) et M.
Jean-Claude Muyambo (Président National de la SCODE) croupissent
toujours en prison; M. Moise Katumbi est empêché de rentrer en RDC
pour présenter sa candidature à l’élection présidentielle et de
nombreux autres dissidents politiques se sont ajoutés à la liste des
prisonniers politiques qui devaient être libérés à l’issue des travaux
d’une fantomatique « commission ad hoc », composée par des magistrats
et des représentants de la société civile; une commission qui – comme
vous ne pouvez pas l’ ignorer – n’a jamais été mise en place.

Au moment où nous couchons ces lignes, les opposants Gekoko Mulumba
et Franck Diongo se sont ajoutés à la liste des prisonniers politiques
privés de liberté sur la base de poursuites politiquement motivées;
les autres exilés cités dans l’Accord de la Saint-Sylvestre comme M.
Anzuluni et M. Mbusa Nyamwisi sont toujours empêchés de rentrer en
RDC. A eux s’ajoutent les civils qui devaient être libérés sur la base
de l’Amnistie entrée en vigueur en 2014, comme Eric Kikunda et Firmin
Yangambi, sans oublier la liste toujours plus longue d’ activistes des
mouvement citoyens comme M. Carbone Beni et dernièrement les membres
du mouvement citoyens Lucha et Vici et tant d’autres, tous injustement
emprisonnés pour avoir voulu exercer leur droit à la libres expression
politique.

Messeigneurs,
« Où sont vos frères? »
Même si la mauvaise fois et la ruse du gouvernement Kabila a
caractérisé la mise en application sélective de l’Accord de la
Saint-Sylvestre, nous refusons de comptabiliser le maintien en
détention des prisonniers politiques dans la catégorie des « ratés »
de l’Accord.

Qu’avez-vous fait de votre engagement à vous porter « garants » de la
libération au moins de prisonniers politiques emblématiques nommément
cités dans l’Accord, ainsi que des exilés politiques, eux aussi cités
au chapitre V dédié à la Décrispation politique? Pourquoi la «
Commission ad hoc » censée statuer sur les autres cas n’a jamais été
mise en place?

Vous ne pouvez ignorer que certains parmi eux sont actuellement
hospitalisés à la suite des tortures morales et physiques endurées
depuis des années et que chaque jour qui passe risque d’être le
dernier, à cause de l’aggravation de leur état général de santé.
Que faites – vous pour assumer votre position de garants de la
libération de ces innocents qui ont eu le courage de faire barrage à
la pensée unique, au péril de leur vie?

Les familles des prisonniers politiques et des exilés de la RDC
refusent de comptabiliser la privation injuste de la liberté de leurs
proches dans la rubrique indifférenciée des « ratés » de l’Accord de
la Saint-Sylvestre. La mise en place d’un CNSA inutile et passif ou
bien d’un gouvernement non représentatif peuvent être considérés comme
des « ratés » de l’Accord de la Saint-Sylvestre, mais nos pères,
frères, fils ne seront jamais de simples chiffres à insérer dans la
partie double des actifs et passifs de l’application de l’Accord
politique du 31/12/2016, car il s’agit d’hommes et femmes soumis
depuis des années à des tortures physiques et morales à cause de leur
engagement politique.

D’autant plus qu’outre la violation de l’Accord de la Saint-Sylvestre,
de la loi de l’amnistie de 2014 et de la Constitution de la
République, y a-t-il lieu d’ajouter le refus d’exécuter la décision N°
2465/ 2014 issue de la condamnation de la RDC par le Comité des Droits
de l’Homme des Nations Unies de libérer M. Eugène Diomi Ndongala,
d’annuler sa condamnation irrégulière et de l’indemniser. La décision
dont la RDC a été régulièrement notifiée en 2016, mais deux ans après
n’a pas été exécutée en violation de l’art 215 de la Constitution de
la RDC.
Messeigneurs, « Où sont vos frères? »
Cette situation injuste et douloureuse persistant, en dépit de
multiples appels de la Communauté Internationale, de plusieurs
violations par le régime Kabila des textes juridiques nationaux comme internationaux, nous, le Comité de Familles des Prisonniers et les Exilés Politiques, lançons un appel fort à vous, messeigneurs les évêques de la RDC, pour que vous-vous impliquiez, avec foi et détermination, faisant entendre votre voix
afin qu’il soit mis un terme au torpillage de l’Accord politique
Global et Inclusif dont vous vous êtes chargé de bons offices.

Il serait inacceptable que la mauvaise foi l’emporte sur les
engagements librement souscrits par la majorité au pouvoir; il serait
néfaste, pour la République Démocratique du Congo, si la ruse
continuait à l’importer sur la parole donnée.

« Priver les gens de leurs droits humains revient à contester leur
humanité même » et « la moindre injustice, où qu’elle soit commise,
menace l’édifice tout entier », ont un jour respectivement déclaré les
plus illustres défenseurs des droits de l’homme et prisonniers
politiques, Nelson Mandela et Martin Luther-King Jr.

Nous sommes persuadés qu’aussi longtemps que les prisonniers
politiques congolais ne seront pas libérés, il n’y aura aucune
garantie d’un aboutissement heureux du processus électoral en RDC.
Il serait souhaitable qu’une structure permanente, au sein de votre
sainte organisation qui est la CENCO, soit mise en place pour le suivi
soutenu de la question de la décrispation politique, dans son volet
consacré à la libération des prisonniers politiques et le retour des
exilés (« J’étais en prison et vous m’avez visité » Mt 25.35-36).

En effet, la non présentation de M. Kabila aux prochaines élections
risquerait d’apparaître comme une victoire à la Pyrrhus, si les
élections seraient renvoyées encore une fois, ou bien elles se
tiendraient dans le chaos général découlant de la contestation
généralisée, de l’exclusivité et de la répression politique.
Que dire des critiques consécutives à la non application de l’Accord,
dans un contexte de possible «caducité» de celui-ci? Il serait très
dangereux, pour le futur de la République Démocratique du Congo, si
cela devait arriver par la caducité « in fieri » de l’Accord pourrait
marquer, après le mois de décembre 2018, le commencement d’une
dictature ouvertement assumée, mise en place par la fraude, les
manœuvres diaboliques d‘ingénierie constitutionnelle et la négation
des liberté fondamentales.

Il est impératif, à ce stade du processus de démocratisation en RDC,
que la centaine de prisonniers politiques, selon les statistiques de
l’ONU, qui croupissent encore dans les geôles congolaises soient
libérée car on ne peut rien construire de solide, valable et positif
sur la mauvaise fois, le manque de respect de la parole donnée, bien
la ruse et les violations des droits de l’homme.

Il est aberrant que le gouvernement congolais, par le biais de son
Ambassadeur à l’Onu, ait déclaré le 13/11/18, devant le Conseil de
Sécurité de l’Onu, qu’en RDC il y aurait seulement deux prisonniers
politiques ( en se référant aux prisonniers politiques emblématiques
Diomi et Muyambo, cités nommément dans l’Accord de la Saint-Sylvestre)
et qu’ils ne seront pas, selon lui, libérés!

D’ailleurs, il serait souhaitable qu’à la prochaine Assemblée
Générale, qui se réunira dans quelques jours, la CENCO ne se penche
pas exclusivement sur l’évaluation du processus électoral, comme il a
été annoncé, mais aussi sur la question fondamentale de la libération
des prisonniers politiques, conformément à l’Accord de la
Saint-Sylvestre, les deux sujets étant strictement liés, dans la
perspective d’ un processus électoral inclusif, crédible et apaisé.
Pour la dernière fois, messeigneurs, nous vous posons la question lancinante:
« Où sont vos frères? »
et
« Souvenez-vous des prisonniers, comme si vous étiez aussi
prisonniers; de ceux qui sont maltraités, comme étant aussi vous-mêmes
dans le même corps »,
Hébreux 13.3

Pour le Comité des familles des prisonniers politiques et les exilés politiques,
Les familles des prisonniers politiques,
Famille Diomi Ndongala,
Famille Muyambo,
Famille Yangambi,
Famille Kikunda,
Famille Mulumba,
Famille Beni,
Famille Tsiani Malembe,
Famille Sengha,
Famille Banré,
Famille Bakajika,
Famille Meta,
Famille Kayembe,
Famille Mbaya,
Famille Mwamba,
Famille Lokwa,
Famille Kabala,
Famille Ndembu,
Famille Opele,
Famille Makonzo,
Famille Kalamba,
Famille Mbuyi,
Famille Kabemba,
Famille Buka,
Famille Bopomi,
Famille Tshiunza,
Famille Kayembe,
Famille Mukala,
Famille Lukaba,
Famille Azamba,
Famille Mbegza,
Famille Ahombiawe,
Famille Kengembali,
Famille Bomboko,
Famille Zobele,
Famille Kopani,
Famille Matungu,
Famille Kelega,
Famille Ekobi,
Famille Aburu,
Famille Batangezi,
Famille Mbanga,
Famille Wele,
Famille Makambo,
Famille Abia,
Famille Katumbi,
Famille Anzuluni,
Famille Nyamwisi,
Famille Rachidi

http://www.lephareonline.net/familles-prisonniers-politiques-interpellent-cenco/

Publicités

MEMORANDUM A L’ATTENTION DE MESSEIGNEURS LES EVEQUES DE LA CONFERENCE EPISCOPALE NATIONALE DU CONGO, CENCO: « Où est ton frère? » Genèse 4:9-10

diomi et muyambo 4

DIOMI BANDEROLE CENCO.png

muyambo et katumbi

accusee de reception memo cencoMEMORANDUM A LA CENCO 14.11.180002MEMORANDUM A LA CENCO 14.11.180003MEMORANDUM A LA CENCO 14.11.180004MEMORANDUM A LA CENCO 14.11.180005.jpgMEMORANDUM A LA CENCO 14.11.180006

MEMORANDUM A L’ATTENTION DE
MESSEIGNEURS LES EVEQUES DE LA CONFERENCE EPISCOPALE NATIONALE DU CONGO, CENCO
« Où est ton frère? » Genèse 4:9-10

Depuis la signature l’Accord Global et Inclusif le 31 décembre 2016, les prisonniers politiques de la République Démocratique du Congo demeurent embastillés dans les mouroirs congolais dits « prisons », malgré le chapitre V dudit Accord statue sur la nécessité de leur libération. Certains parmi eux, définis « emblématiques », sont cités nommément en tant que bénéficiaires des mesures de décrispation politique, mais, malgré cela, rien n’est entrepris par l’exécutif congolais – animé essentiellement par la majorité politique signataire de l‘Accord et ses alliés – afin de leur rendre la liberté.

La CENCO, dans son rôle de facilitation de l’Accord de la Saint- Sylvestre, avait pris l’initiative de se porter garante de la libération des prisonniers politiques et du retour des exilés politiques, en demandant à l’opposition et à la société civile, pendant les discussions au Centre Interdiocésain de Kinshasa, d’accepter que ceux-ci soient libérés après la signature de l’Accord, et pas avant, comme ces composantes exigeaient préalablement.

Les familles des prisonniers politiques de la RDC vous demandent, messeigneurs, en tant que frères en Christ: « Ou sont vos frères? »
Deux ans après la signature de l’Accord de la Saint-Sylvestre, M. Kabila a pu profiter du consensus politique dégagé à l’occasion de la signature de l’Accord du 31/12/2016 pour se maintenir au pouvoir hors mandat constitutionnel, sans respecter le cahier de charges exigés par l’opposition politique et la société civile.

-1-
Le Conseil National de Suivi de l’Accord, CNSA en sigle, une Institution d’appui à la Démocratie prévue par l’Accord Global et Inclusif, demeure une coquille vide qui n’a pas d’existence légale et qui est dépourvue de toute considération de la part de l’exécutif en place en ce qui concerne ses rares et timides prises de position, aussi bien par rapport à la libération des prisonniers politiques qu’ à l’évaluation générale du processus électoral.

L’exécutif issu de la signature des « arrangements particuliers » souscrits par une frange de l’opposition, le 27/04/2017 au Palais du Peuple, n’applique pas sa propre agenda qui prévoyait la libération des prisonniers politiques emblématiques une semaine après la signature du protocole établissant le calendrier des étapes d’application de l’Accord de la Saint-Sylvestre.

Les délégations officielles des négociations du Centre Interdiocésain pour le compte de l’ opposition et de la société civile, n’ont pas reconnu la désignation des membres participant à ce gouvernement, mais ces membres dissidents, quant à eux, continuent à ne pas respecter leurs engagements, y compris ceux prévus par leurs propres « arrangements particuliers ».

Comment continuer à se taire, alors que l’opinion publique congolaise est de plus en plus sceptique en ce qui concerne le lancement d’un processus électoral tardif, exclusif et surtout caractérisé par une crispation croissante du climat politique ?

Alors que des candidats à l’élection présidentielle ont été irrégulièrement invalidés par un Commission Électorale Nationale Indépendante, (CENI), et une Cour Constitutionnelle manifestement partisanes, les prisonniers politique emblématiques comme M. Eugène Diomi Ndongala (Président National de la Démocratie Chrétienne) et M. Jean-Claude Muyambo (Président National de la SCODE) croupissent toujours en prison; M. Moise Katumbi est empêché de rentrer en RDC pour présenter sa candidature à l’élection présidentielle et des nombreux autres dissidents politiques se sont ajoutés à la liste des prisonniers politiques qui devaient être libérés à l’issu des travaux d’une fantomatique « commission ad hoc », composée par des magistrats et des représentants de la société civile; une commission qui – comme vous ne pouvez pas l’ ignorer – n’a jamais été mise en place.

Au moment où nous couchons ces lignes, les opposants Gekoko Mulumba et Franc Diongo se sont ajoutés à la liste des prisonniers politiques privés de liberté sur la base de poursuites politiquement motivées; les autres exilés cités dans l’Accord de la Saint-Sylvestre comme M. Anzuluni et M. Mbusa Nyamwisi sont toujours empêchés de rentrer en RDC. A eux s’ajoutent les civils qui devaient être libérés sur la base de l’Amnistie entrée en vigueur en 2014, comme Eric Kikunda et Firmin Yangambi, sans oublier la liste toujours plus longue d’ activistes des mouvement citoyens comme M. Carbone Beni et dernièrement les membres du mouvement citoyens Lucha et Vici et tant d’autres, tous injustement emprisonnés pour avoir voulu
-2-

exercer leur droit à la libres expression politique.

Messeigneurs, « Où sont vos frères? »

Même si la mauvaise fois et la ruse du gouvernement Kabila a caractérisé la mise en application sélective de l’Accord de la Saint-Sylvestre, nous refusons de comptabiliser le maintien en détention des prisonniers politiques dans la catégorie des « ratés » de l’Accord.

Qu’avez-vous fait de votre engagement à vous porter « garants » de la libération au moins de prisonniers politiques emblématiques nommément cités dans l’Accord, ainsi que des exilés politiques, eux aussi cités au chapitre V dédié à la Décrispation politique? Pourquoi la « Commission ad hoc » censée statuer sur les autres cas n’a jamais été mise en place?

Vous ne pouvez ignorer que certains parmi eux sont actuellement hospitalisés à la suite des tortures morales et physiques endurées depuis des années et que chaque jour qui passe risque d’être le dernier, à cause de l’aggravation de leur état général de santé.

Que faites – vous pour assumer votre position de garants de la libération de ces innocents qui ont eu le courage de faire barrage à la pensée unique, au péril de leur vie?

Les familles des prisonniers politiques et des exilés de la RDC refusent de comptabiliser la privation injuste de la liberté de leurs proches dans la rubrique indifférenciée des « ratés » de l’Accord de la Saint-Sylvestre. La mise en place d’un CNSA inutile et passif où bien d’un gouvernement non représentatif peuvent être considérés comme des « ratés » de l’Accord de la Saint-Sylvestre, mais nos pères, frères, fils ne seront jamais des simples chiffres à insérer dans la partie double des actifs et passifs de l’application de l’Accord politique du 31/12/2016, car il s’agit d’hommes et femmes soumis depuis des années à des torture physiques et morales à cause de leur engagement politique.

D’autant plus qu’outre la violation de l’Accord de la Saint-Sylvestre, de la loi de l’amnistie de 2014 et de la Constitution de la République, y a-t-il lieu d’ajouter le refus d’exécuter la décision N° 2465/ 2014 issue de la condamnation de la RDC par le Comité des Droits de l’Homme des Nations Unies de libérer M. Eugène Diomi Ndongala, d’annuler sa condamnation irrégulière et de l’indemniser. La décision dont la RDC a été régulièrement notifiée en 2016, mais deux ans après n’a pas été exécutée en violation de l’art 215 de la Constitution de la RDC.

Messeigneurs, « Où sont vos frères? »

Cette situation injuste et douloureuse persistant, en dépit de multiples appels de la Communauté Internationale, de plusieurs violations par le régime Kabila
des textes juridiques nationaux comme internationaux, nous, le Comité de Familles des Prisonniers et les Exilés Politiques, lançons un appel fort à vous, messeigneurs les évêques de la RDC, pour que vous-vous impliquiez, avec foi et détermination, faisant entendre votre voix afin qu’il soit mis en terme au torpillage de l’Accord politique Global et Inclusif dont vous vous êtes chargé des bons offices.

Il serait inacceptable que la mauvaise fois l’emporte sur les engagements librement souscrits par la majorité au pouvoir; il serait néfaste, pour la République Démocratique du Congo, si la ruse continuait à l’importer sur la parole donnée.

« Priver les gens de leurs droits humains revient à contester leur humanité même » et « la moindre injustice, où qu’elle soit commise, menace l’édifice tout entier », ont un jour respectivement déclaré les plus illustres défenseur des droits de l’homme et prisonnier politique, Nelson Mandela et Martin Luther-King Jr.

Nous sommes persuadés qu’aussi longtemps les prisonniers politiques congolais ne seront pas libérés, il n’y aura aucune garantie d’un aboutissement heureux du processus électoral en RDC.

Il serait souhaitable qu’une structure permanente, au sein de votre sainte organisation qui est la CENCO, soit mise en place pour le suivi soutenu de la question de la décrispation politique, dans son volet consacré à la libération des prisonniers politiques et le retour des exilés (« J’étais en prison et vous m’avez visité » Mt 25.35-36).

En effet, la non présentation de M. Kabila aux prochaines élections risquerait d’apparaître comme une victoire à la Pyrrhus, si les élections seraient renvoyées encore une fois, ou bien elles se tiendraient dans le chaos général découlant de la contestation généralisée, de l’exclusivité et de la répression politique.

Que dire des critiques consécutives à la non application de l’Accord, dans un contexte de possible « caducité » de celui-ci? Il serait très dangereux, pour le futur de la République Démocratique du Congo, si cela devait arriver car la caducité « in fieri » de l’Accord pourrait marquer, après le mois de décembre 2018, le commencement d’une dictature ouvertement assumée, mise en place par la fraude, les manœuvres diaboliques d‘ingénierie constitutionnelle et la négation des liberté fondamentales.

Il est impératif, à ce stade du processus de démocratisation en RDC, que la centaine de prisonniers politiques, selon les statistiques de l’ONU, qui croupissent encore dans les geôles congolaises soient libérée car on ne peut rien construire de solide, valable et positif sur la mauvaise fois, le manque de respect de la parole donnée, bien la ruse et les violations des droits de l’homme.

Il est aberrant que le gouvernement congolais, par le biais de son Ambassadeur à l’Onu, ait déclaré le 13/11/18, devant le Conseil de Sécurité de l’Onu, qu’en RDC il y aurait seulement deux prisonniers politiques ( en se référant aux prisonniers politiques emblématiques Diomi et Muyambo, cités nommément dans l’Accord de la Saint-Sylvestre) et qu’il ne seront pas, selon lui, libérés!

D’ ailleurs, il serait souhaitable qu’à la prochaine Assemblée Générale, qui se réunira dans quelques jours, la CENCO ne se penche pas exclusivement sur l’évaluation du processus électoral, comme il a été annoncé, mais aussi sur la question fondamentale de la libération des prisonniers politiques, conformément à l’Accord de la Saint-Sylvestre, les deux sujets étant strictement liés, dans la perspective d’ un processus électoral inclusif, crédible et apaisé.

Pour la dernière fois, messeigneurs, nous vous posons la question lancinante:

« Où sont vos frères? »
et
« Souvenez-vous des prisonniers, comme si vous étiez aussi prisonniers; de ceux qui sont maltraités, comme étant aussi vous-mêmes dans le même corps »,
Hébreux 13.3

Pour le Comité des familles des prisonniers politiques et les exilés politiques,

Les familles des prisonniers politiques,

Famille Diomi Ndongala,
Famille Muyambo,
Famille Yangambi,
Famille Kikunda,
Famille Mulumba,
Famille Beni,
Famille Tsiani Malembe,
Famille Sengha,
Famille Banré,
Famille Bakajika,
Famille Meta,
Famille Kayembe,
Famille Mbaya,
Famille Mwamba,
Famille Lokwa,
Famille Kabala,
Famille Ndembu,
Famille Opele,
Famille Makonzo,
Famille Kalamba,
Famille Mbuyi,
Famille Kabemba,
Famille Buka,
Famille Bopomi,
Famille Tshiunza,
Famille Kayembe,
Famille Mukala,
Famille Lukaba,
Famille Azamba,
Famille Mbegza,
Famille Ahombiawe,
Famille Kengembali,
Famille Bomboko,
Famille Zobele,
Famille Kopani,
Famille Matungu,
Famille Kelega,
Famille Ekobi,
Famille Aburu,
Famille Batangezi,
Famille Mbanga,
Famille Wele,
Famille Makambo,
Famille Abia,
Famille Katumbi,
Famille Anzuluni,
Famille Nyamwisi,
Famille Rachidi

Ce diaporama nécessite JavaScript.

 

INTERVENTION DE Me JOSEPHINE MBELA DE L’ACAJ, AU CONSEIL DE SECURITE DE L’ONU: « En RDC, il y a 51 prisonniers politiques qui ne sont pas libérés  – Eugène Diomi Ndongala, Jean-Claude Muyambo et Gekoko Mulumba – et 28 jeunes des mouvements citoyens dont Carbone Beni et Gloria Sengha, toujours en détention » / VIDEO

« En RDC, il y a 51 prisonniers politiques qui ne sont pas libérés  – Eugène Diomi Ndongala, Jean-Claude Muyambo et Gekoko Mulumba – et 28 jeunes des mouvements citoyens dont Carbone Beni et Gloria Sengha, toujours en détention »

Me Josephine mbela, Acaj, Réunion du CSNU sur la République Démocratique du Congo, 14/11/2018 – ( 8397ème meeting).

Mgr Fridolin Ambongo :  » Les cas des prisonniers politiques emblématiques Diomi Ndongala et  Me Muyambo, traités par l’Accord de la St. Sylvestre n’ont pas été résolus  » / MEDIACONGO.NET

-

Fridolin Ambongo

Depuis le 1er novembre, la puissante Église catholique congolaise a une nouvelle figure de proue. C’est Fridolin Ambongo, 58 ans, qui succède à Laurent Monsengwo, 79 ans, à la tête de l’archidiocèse de Kinshasa.

Que pense-t-il de la machine à voter que le pouvoir veut imposer le 23 décembre prochain ? Est-il aussi critique que son prédécesseur à l’égard du régime de Joseph Kabila ? En ligne du Vatican, le nouvel archevêque de Kinshasa répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

RFI : Votre élévation au rang d’archevêque tombe juste avant les élections du 23 décembre. Quelle est votre priorité dans les semaines à venir ?

Fridolin Ambongo Il ne faudrait pas que le processus électoral et les divisions politiques puissent diviser le peuple de Dieu qui est dans l’archidiocèse de Kinshasa.

Le 8 août 2018, le président Joseph Kabila a renoncé à briguer un troisième mandat. Y êtes-vous pour quelque chose ?

Dans la mesure où cette décision du président Joseph Kabila obéit aux dispositions de la Constitution et à l’Accord de la Saint-Sylvestre, nous pouvons dire que, pour le travail que nous avions abattu comme médiation, je crois qu’on peut dire oui.

Vous avez joué un rôle…

Oui.

Les marches catholiques du 31 décembre 2017 et du 21 janvier 2018 ont été brutalement réprimées. Il y a eu des morts. Sont-ils morts pour rien ?

Je crois qu’ils ne sont pas morts pour rien. Et à cause de leur sacrifice, la situation a évolué dans la bonne direction.

Dans l’Accord de la Saint-Sylvestre 2016, dont vous êtes l’un des maîtres d’œuvre, étaient prévues de nombreuses mesures de décrispation de l’espace politique. Où en est-on aujourd’hui ?

Effectivement, il y a eu beaucoup de ratés dans la mise en application de l’Accord de la Saint-Sylvestre, notamment sur le retour des exilés. Mais nous constatons que, sur ce plan-là, il y a eu plutôt une sorte de crispation au lieu de la décrispation qui était attendue.

Vous pensez à Moïse Katumbi ?

Nous pensons à Moïse Katumbi, la manière dont le dossier de Jean-Pierre Bemba a été traité et d’autres qui ont été exclus de la course comme [Adolphe] Muzito et tant d’autres.

Jean-Pierre Bemba a tout de même été condamné pour subornation de témoins. Du coup, sa candidature n’a pas été validée par les autorités congolaises…

A ma connaissance, jusqu’à maintenant, Jean-Pierre a été condamné en première instance pour subornation. Il a fait appel et jusque-là, ce dossier n’est pas encore clôturé. Les juges en appel ne se sont pas encore prononcés et ce qui me surprend, c’est qu’au niveau du pays, ce dossier est considéré comme une condamnation définitive. Donc là, je n’arrive pas à comprendre la motivation réelle de la Cour suprême.

Vous pensez que c’est une décision injuste ?

Je crois que c’est une décision politique. Oui.

Le 10 septembre dernier, la Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) a écrit une lettre à la Communauté de développement d’Afrique australe (SADC) pour manifester ses inquiétudes. De quoi s’agit-il ?

C’est parce que la question de la machine à voter est une question qui risque ou bien de bloquer la tenue de ces élections, ou bien on tient les élections, mais le résultat ne sera pas accepté par les autres. Et notre intervention auprès de la SADC, tout comme nous le faisons auprès de la classe politique du Congo, c’est que cette question de la machine à voter soit traitée par la tripartite -la majorité, l’opposition, la Céni [Commission électorale nationale indépendante]-, pour qu’on puisse trouver un consensus, mais que ça ne devienne pas un obstacle pour la tenue des élections.

La Céni a prévu un temps de passage d’une minute par électeur devant cette machine à voter. Est-ce que c’est crédible ou pas ?

Pour nous, c’est très difficile à croire. Tous ceux qui ont eu affaire avec cette machine estiment qu’une minute, c’est trop peu. D’autant plus qu’il s’agit de trois élections couplées. Mais nous constatons que les uns et les autres s’obstinent dans leur position. Cela n’évolue pas, malheureusement.

Et quand vous dites que « les uns et les autres s’obstinent », c’est-à-dire que le pouvoir veut maintenir la machine à voter alors que l’opposition menace de boycotter ?

C’est tout à fait ça. Oui.

Et alors votre position à vous. Faut-il envisager un système hybride : moitié machine à voter, moitié bulletin papier ?

Mais s’il y avait vraiment de la bonne volonté de la part de la classe politique au Congo, je crois qu’on aurait déjà trouvé une solution intermédiaire. Par l’exemple, pour l’élection présidentielle où il n’y a pas trop de candidats, on pourrait utiliser le papier. Et pour les autres élections, on pourrait utiliser la machine parce que là, il y a trop de candidats. Cela pourrait être une solution intermédiaire. Mais il faut encore qu’il y ait la volonté politique, avec l’intention de trouver un compromis.

Dans le fichier électoral, 6 millions d’électeurs sont enregistrés sans empreinte digitale. Est-ce que cela vous inquiète ?

Cela nous inquiète. 6 millions, si vous prenez rien que ça, ça peut changer les résultats des élections. Tout ça doit être clarifié avant la tenue des élections pour créer un climat de confiance.

Y a-t-il dans les prisons congolaises des cas emblématiques ?

Par rapport au dialogue et à l’Accord de la Saint-Sylvestre, il y a toujours le cas de Diomi Ndongala.

Le patron de la Démocratie chrétienne…

Oui, le patron. Il y a Diomi Ndongala, il y a maître Muyambo qui sont encore en prison jusqu’à maintenant. Ce sont des cas qui ont été pris en compte. On en avait parlé pendant le dialogue de la Cenco.

De 2016…

De 2016. Il n’y a rien qui est fait de ce côté-là, tout comme vis-à-vis de ceux qui sont en exil.

Il y a quelques mois, votre prédécesseur Laurent Monsengwo a eu cette phrase : « Il faut que les médiocres dégagent ». Etes-vous d’accord ?

Je comprends ce que le cardinal Laurent avait voulu dire. Sans peut-être revenir sur cette expression, la réalité fait que le peuple congolais a besoin d’une nouvelle place politique qui lui ouvre de nouveaux horizons.

Et vous-même allez vous garder votre fameux franc-parler ?

Je ne sais même pas si j’ai un franc-parler, mais je ne crois que mon arrivée à Kinshasa va changer ma nature.


RFI / MCP, via mediacongo.ne

SUIVEZ LA REACTION DU COMITE DES FAMILLES DES PRISONNIERS POLITIQUES DE LA RDC A PROPOS DE L’ INOPPORTUNITE DE LA LEVEE DES SANCTIONS CONTRE CERTAINES PERSONNALITES DE LA RDC ACCUSEES DE VIOLATIONS DES DROITS DE L’ HOMME ET ENTRAVE AU PROCESSUS DE DEMOCRATISATION – SUR TV5 MONDE – JOURNAL TV5 MONDE AFRIQUE DU 24/10/2018/VIDEO

TV5 MONDE INFO

SUIVEZ LA REACTION DU COMITE DES FAMILLES DES PRISONNIERS POLITIQUES DE LA RDC A PROPOS DE L’ INOPPORTUNITE DE LA LEVEE DES SANCTIONS CONTRE CERTAINES PERSONNALITES DE LA RDC ACCUSEES DE VIOLATIONS DES DROITS DE L’ HOMME ET ENTRAVE AU PROCESSUS DE DEMOCRATISATION – SUR TV5 MONDE – JOURNAL TV5 MONDE AFRIQUE DU 24/10/2018

 

 

 

CAS DU PRISONNIER POLITIQUE EUGENE DIOMI NDONGALA:  » Selon la résolution adoptée par l’Union Interparlementaire (UIP) à Genève le 18/10/2018, il apparaît que l’Hon Diomi a été victime d’arrestation et détention arbitraire, tortures et mauvais traitements, menace et actes d’intimidation, non respect d’une procédure équitable au stade de l’enquête, non respect des garanties au stade du procès, absence de droit de recours et révocation abusive du mandat parlementaire… » / LE POTENTIEL

LE POTENTIEL 221018 3


L’INTÉGRALITÉ DE LA RÉSOLUTION DE L’UNION INTERPARLEMENTAIRE SUR LE CAS DE VIOLATION DE DROITS DU PARLEMENTAIRE EUGENE DIOMI NDONGALA (COD 71), ADOPTEE LE 18/10/2018 A GENEVE,  DISPONIBLE AU LIEN QUI SUIT:

139ème ASSEMBLEE DE L’UNION INTERPARLEMENTAIRE (UIP)- CAS DU DEPUTE EUGENE DIOMI NDONGALA: « L’Union de tous les parlements du monde appelle les parlements Membres de l’UIP, y compris les parlements membres du Groupe géopolitique africain, et les assemblées et associations parlementaires ayant le statut d’observateur permanent auprès de l’UIP actives dans la région, à entreprendre des démarches utiles pour contribuer à la libération de M. Diomi Ndongala »
https://democratiechretienne.org/2018/10/19/139eme-assemblee-de-lunion-interparlementaire-uip-cas-du-depute-eugene-diomi-ndongala/

Droits de l’homme : les parents des détenus politiques offusqués par l’attitude du gouvernement R.D.Congolais/ COURRIER DE KINSHASA

COURRIER DE KINSHASA 131018.png

COURRIER DE KINSHASA 1 131018

Le Comité des familles des prisonniers politiques (CFPP) se dit choqué d’entendre que le pouvoir de Kinshasa sollicite, pour l’honneur et la dignité, l’abandon des sanctions imposées à certains de ses dignitaires par l’Union européenne (UE) et les États-Unis, alors qu’il est lui-même incapable de respecter les mêmes droits sur son territoire national.

 

A travers un communiqué du 11 octobre, le CFPP s’est dit indigné des propos du porte-parole du gouvernement et ministre chargé de la Communication, Lambert Mende, tenus sur les ondes de « Radio France internationale » (RFI), se plaignant des sanctions de l’UE et des États-Unis contre certains dignitaires congolais. Ce comité se dit plus scandalisé par ce qu’il qualifia de « justification pseudo-juridique et pseudo-éthique » qui motiverait cette demande du ministre congolais, lui aussi frappé par ces sanctions.

Le CFPP-RDC rappelle que Lambert Mende était « devenu célèbre pour les attaques injurieuses contre les prisonniers politiques de la RDC ». Cette structure a également signifié qu’il y a quelques mois, un autre membre du gouvernement congolais, le ministre de la Justice, « s’était distingué par des invectives publiques inutilement injurieuses, aussi bien contre les prisonniers politiques que contre les journalistes présents à sa propre conférence de presse ». Ces injures, a souligné le CFPP-RDC, ont justifié un blocus de la presse à son encontre – qui court toujours – ainsi qu’une protestation formelle du directeur du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme. Aujourd’hui, le CFPP dit assister à un revirement de la situation, lorsque ceux qui se plaisent dans leur rôle de bourreau se plaignent aujourd’hui, parce que victimisés quelque part.

La structure poursuit que le ministre Lambert Mende, qui faisait allusion aux sanctions de l’UE et des Etats-Unis dont il sollicitait l’abandon, a déclaré, le 11 octobre, sur les antennes de RFI : « Nous nous estimons victimes d’une forfaiture de la part du Conseil européen. Il est évident qu’il porte préjudice à tous ceux qui sont cités là-dessus. Il ne s’agit pas seulement du candidat du Front commun pour le Congo (FCC), nous sommes des pères de famille… ».

 » Eugène Diomi Ndongala également père de famille »

Le CFPP-RDC s’étonne que le ministre de la Communication, qui parlait au nom du candidat du FCC à la présidentielle, Emmanuel Shadary Ramazani, également frappé par les sanctions énoncées, recourt à la notion du respect de sa « réputation » « alors qu’aussi bien lui que d’autres membres de son gouvernement ne prêtent aucune considération à ladite notion, en ce qui concerne les prisonniers politiques congolais, appelés par tous les noms d’oiseaux pour les dénigrer et essayer de faire oublier à l’opinion aussi bien nationale qu’ internationale, les montages politico-judiciaires dont ils sont victimes ». Le comité fait remarquer que lorsque le porte-parole du gouvernement rappelle que les personnes sanctionnées sont « des pères de famille », il oublie que Eugène Diomi Ndongala, Jean-Claude Muyambo, Franck Diongo ou Gecoco Mulumba sont, eux-aussi, des pères de famille, injustement poursuivis sur la base de montages politiquement motivés.

De quel droit le ministre de la Communication souhaite-t-il que l’Union européenne s’appesantisse sur le côté « pater familias », alors que lui-même et ses compagnons sanctionnés continuent de détenir illégalement Eugène Diomi Ndongala, blanchi de toute accusation par le Tribunal des droits de l’homme des Nations unies, par le jugement n° 2465/2014 qui ordonne à l’Etat congolais de le libérer et de l’indemniser, depuis octobre 2016 ? s’interroge le CFPP. 

Appelant le gouvernement congolais à suivre l’exemple d’autres gouvernements africains qui viennent de libérer massivement leurs prisonniers politiques ces derniers mois dont ceux du Rwanda, du Sud-Soudan, de la Côte d’Ivoire, de la Guinée, etc., le CFPP note qu’on ne peut revendiquer la protection du droit en sa faveur, alors qu’on la refuse aux victimes de l’intolérance politique. « Comment revendiquer à l’étranger, la protection des procédures du droit et les droits de l’homme pour soi et ses complices, alors que dans son propre pays le droit n’existe plus et les droits de l’homme de millions de Congolais sont chaque jour violés ? », se demandent les familles des prisonniers politiques.

 

TABLEAU SYNOPTIQUE DES DETENUS POLITIQUES ET D’OPINION A KINSHASA AU CONGO (RDC) / CODHO

20181012_134035_rmedited.jpg

20181012_134108_rmedited.jpg

20181012_134134_rmedited.jpg

20181012_134202_rmedited.jpg20181012_134232_rmedited.jpg20181012_134327_rmedited.jpg20181012_134407_rmedited.jpg20181012_134435_rmedited.jpg


CODHO
M. N’Sii LUANDA S. (Lawyer)
Société Civile/Civil Society
GROUPE DE TRAVAIL REDEVABILITÉ ET
 RESSOURCES NATURELLES EN AFRIQUE DES
 GRANDS-LACS – GTRRN-AGL
WORK GROUP ACCOUNTABILITY AND 
NATURAL RESOURCES IN AFRICA OF 
GREAT LAKES – GTRRN-AGL

Facebook: Nsii Luanda

Twitter: @LUANDANSii
Skype: nsii_luanda
Skype: LUANDANSii
Tumblr : maitrensiiluandashandwe

Contacts:Email: nsiiluanda@gmail.com

 

Tél.:0033(0) 7 54 15 39 55 (Mobil)
EN REPUBLIQUE FRANCAISE

COMMUNIQUE DU COMITE DES FAMILLES DES PRISONNIERS POLITIQUES (CFPP-RDC) SUR LES DECLARATIONS DE M. MENDE DE CE JEUDI 11 OCTOBRE 2018, SUR RFI, A PROPOS DES SANCTIONS UE FRAPPANT LES DIGNITAIRES KABILISTES POUR VIOLATION DES DH. LE CFPP-RDC RAPPELLE: « Les prisonniers politiques congolais aussi sont des pères de famille ! »

 

 

RESPECTEZ NOS MEMBRES DE FAMILLE INJUSTEMENT EMPRISONNES - RESPECTEZ L'ACCORD DE LA SAINT SYLVESTRELe Comité des Familles des Prisonniers Politiques de la RDC, CFPP-RDC en sigle, a suivi avec indignation les propos débités par M. Lambert Mende, Ministre de l’Information et Presse ainsi que Porte-parole du gouvernement de la République Démocratique du Congo, sur Radio France Internationale, ce 11 octobre 2018, se plaignant des sanctions que l’Union Européenne et, pour certains dignitaires du régime Kabila, aussi les Etats-Unis, ont adoptées contre des acteur politiques, des fonctionnaires et des hauts gradés de l’armée, dont M. Lambert Mende lui-même.

Ce qui a le plus scandalisé les familles des prisonniers politiques de la RDC est la justification pseudo-juridique et «PSEUDO ETHIQUE »  qui argument cette demande.

M. Mende, devenu célèbre pour les attaques injurieux contre les prisonniers politiques de la RDC, a déclaré ceci, ce 11 octobre 2018 aux antennes de Radio France Internationale:

« Nous nous estimons victimes d’une forfaiture de la part du conseil européen. Il est évident qu’il porte préjudice à tout ceux qui sont cités là dessus. Il ne s’agit pas seulement du candidat pour le front commun pour le Congo, nous sommes des pères de famille… ».

mende 111018Il sied de souligner qu’il a quelques mois, un autre membre du gouvernement, le Ministre la la Justice congolais, s’était distingué par des invectives publiques inutilement injurieuses, aussi bien contre les prisonniers politiques que contre les journalistes présents à sa propre conférence de presse.

Ces injures ont justifié un blocus de la presse à son encontre – qui court toujours – ainsi qu’ une protestation formelle du Directeur du Bureau Conjoint des Droits de l’Homme de la Monusco.

Aujourd’hui, nous avons assisté à un revirement spectaculaire de M. Mende, parlant aussi au nom de M. Ramazani Shadari, candidat à l’élection présidentielle désigné par M. Joseph Kabila, malgré les sanctions de l’Union Européenne qui pèsent sur sa personne à cause de son implication dans les massacres de civils dans la région du Kasai. Ces sanctions, ignorées et banalisées hier, sont devenues aujourd’hui trop lourdes à supporter.

Un proverbe africain dit ceci «  Quand on se noie, on s’accroche à tout, même à un  serpent. ».

M. Mende recourt  à la notion de  respect de sa « réputation » alors qu’ aussi bien lui que d’autres membres de son gouvernement ne prêtent aucune considération à la notion de « respect » en ce qui concerne les prisonniers politiques congolais, appelés par tous les noms d’oiseaux pour les dénigrer et essayer de faire oublier, à l’opinion  aussi bien nationale qu’ internationale, les montages politico-judiciaires dont-ils sont victimes.

Quand M. Mende, sur RFI, rappelle que les faucons du régime Kabila sont « des pères de famille », il oublie qu’aussi bien Eugène Diomi Ndongala, que Jean-Claude Muyambo, Franck Diongo ou Gecoco Mulumba sont, eux-aussi, des pères de famille, injustement poursuivis sur la base de montages politiquement motivés.

Quand M. Mende ou bien M. Tambwe Mwamba traitent les prisonniers politiques d’escrocs, violeurs ou voleurs, tout en admettant, hors micros, qu’il sont victimes de accusations fantaisistes visant leur neutralisation politique, M. Mende a-t-il jamais réfléchi aux souffrances totalement injustifiée infligées pas seulement aux opposants embastillés mais aussi à leurs familles, leurs femmes, leurs enfants qui souffrent depuis des années à cause d‘un déni de justice systématique?

De quel droit M. Mende souhait-il que l’Union Européenne s’appesantisse sur le coté « pater familias » des tortionnaires du peuple congolais, alors que lui-même et ses compagnons sanctionnés continuent à détenir illégalement Eugène Diomi Ndongala, blanchi de toute accusation par le Tribunal des Droits de l’Homme des Nations Unies (CDH-ONU), par le jugement N° 2465/2014, qui ordonne à l’Etat congolais de le libérer et de l’indemniser depuis octobre 2016 ? Est-ce que Diomi Ndongala n’a-t-il pas de famille et son honneur à défendre?
Est-ce Jean Claude Muyambo n’est-il pas cité, comme Eugène Diomi Ndongala, parmi les prisonniers politiques emblématiques que M. Mende et M. Tambwe Mwamba avaient accepté de libérer, consécutivement à la signature de l’Accord de la Saint Sylvestre?

Qui à déshonoré sa signature apposée sur cet Accord politique, le torpillant et oubliant la décrispation politique, alors que c’est l’Accord de la Saint-Sylvestre  qui légitime l’exécutif dont M. Mende est le Porte-parole?

Et M. Franc Diongo, ainsi que M. Gecoco Lumumba, n’ont il pas de familles qui méritent du respect comme celles des dignitaires sanctionnés par la communauté internationale pour entrave au processus de démocratisation et atteintes aux droits de l’homme?

Que dire de la jeune fille de Firmin Yangambi, qui connaît à peine son père après que celui-ci est injustement emprisonnés depuis 10 ans ?

Que dire de l’enfant du prisonnier politique Eugène Diomi Ndongala qui ne voit plus sont père de l’âge de 3 ans, alors que celui-ci est emprisonné sur la base d’ un procès nul en droit, même pour l’état congolais et pas seulement pour le droit international ?

Est-ce la famille de Moise Katumbi, Anzuluni, Nyamwisi n’ont-elle pas droit à voir leurs proches  à l’instar de la famille  de M. Lambert Mende?

Que dire du jeune Carbone Beni, devenu père en prison, pour avoir exercer, comme les autres prisonniers politiques, son droit à la libre expression?

Quand l’Union Européenne est intervenue officiellement et par écrit, pour demander l’évacuation du prisonnier politique Eugène Diomi Ndongala, gravement malade, M. Mende, malgré, les sanctions dont il était frappé, a été quand même autorisé, pour des raisons humanitaires, à rendre visite en Europe à un membre de sa famille malade; mais M. Mende et son gouvernement ne se sont pas appesantis une minute sur les cas des prisonniers politiques malades et torturés, certains hospitalisés depuis deux ans (Diomi) et d’autres menacés par des graves séquelles consécutives au déni total de soins (Muyambo et Mulumba) !!!

Il est temps que les membres du gouvernement de M. Kabila comprennent, à l’instar des autres   gouvernements africains qui viennent de libérer massivement leurs prisonniers politiques ces derniers mois ( le Rwanda, le sud Soudan, la Côte d’Ivoire, la Guinée, etc) , qu’ on ne peut revendiquer la protection du droit en sa faveur, alors qu’on refuse la même protection aux victimes de l’intolérance politique.

Que M. Mende réfléchisse sur la souffrance qu’il a imposé injustement aux membres des familles des prisonniers politiques, par des procès kafkaïens, des montages ignobles ainsi qu’ aux tortures physiques et morales infligées à leurs êtres chers.

Comment revendiquer à l’étranger, la protection des procédures du droit et les droits de l’homme pour soi et ses complices, alors que dans son propre pays le droit n’existe plus et les droits de l’homme de millions de congolais sont chaque jour violés ?

Le comité des familles des prisonniers politiques invite les personnalités sanctionnées par l’Union Européenne, à méditer sur  ce verset de l’évangile:
« Avant de condamner la paille dans œil de ton prochain, reconnaît la poutre dans le tien ».

Liberté pour les prisonniers politiques de la RDC!

Fait à Kinshasa, le 11/10/2018,

Pour le Comité des Famille des prisonniers politiques de la RDC,

FAMILLE DIOMI,
FAMILLE MUYAMBO
FAMILLE KIKUNDA,
FAMILLE YANGAMBI,
FAMILLE SAMBA,
FAMILLE KAZAMBA,
FAMILLE KULE
FAMILLE GEREMBAYA,
FAMILLE RAMAZANI,
FAMILLE GUNDE,
FAMILLE BGEBAZA,
FAMILLE AHOMBIAWE,
FAMILLE BUGA LONDE, 
FAMILLE BOMBOKO,
FAMILLE GINALI,
FAMILLE KAWAYA,
FAMILLE KOPANI,
FAMILLE MATUNGU,
FAMILLE KELEGA,
FAMILLE IKONZONI,
FAMILLE BAYADA,
FAMILLE AGBIA,
FAMILLE EWATA,
FAMILLE POPIKE BATA,
FAMILLE BAPELA,
FAMILLE BITUMBA,
FAMILLE MAKAMBO,
FAMILLE MVUMBI,
FAMILLE CHALWE,
FAMILLE KABAMBA KALONGO,
FAMILLE NDOL TSHAMUNDJ,
FAMILLE MWASHILA,
FAMILLE NTAMBWE,
FAMILLE DELLA,
FAMILLE KIBINGA MUTEBA,
FAMILLE MUTETU

 

http://cfpp-rdc.com

Processus électoral vicié et crispé en RDC: quelles responsabilités pour la communauté internationale?

Le processus électoral en RDC continue à susciter des interrogations aussi bien sur le plan national qu’international. Alors qu’au niveau interne, on assiste à des nouvelles dynamiques, nos organisations ont le sentiment que sur le plan externe, on assiste à une certaine démission des acteurs qui ne veulent pas « avoir des problèmes » avec le gouvernement congolais et préfèrent la « normalisation » avec Kinshasa. L’annulation de la rencontre de haut niveau sur la RDC prévue lors de l’ouverture de l’Assemblée Générale des Nations Unies en constitue la dernière illustration.

C’est pourquoi nos organisations et l’ensemble du peuple congolais s’interrogent sur le rôle et les responsabilités de la Communauté internationale sur l’avenir du processus électoral et les lourdes conséquences que cela pourraient avoir sur le pays et la sous-région.

Nous avons le sentiment qu’au lieu d’essayer de prévenir le chaos qui s’annonce en exigeant des autorités le respect strict des résolutions du Conseil de sécurité et de l’Accord de Saint Sylvestre [ la libération des prisonniers politiques dont les emblématiques sont cités nommément dans l’Accord], l’ONU et en particulier la Monusco avec sa représentante en RDC préfère au nom du « respect de la souveraineté », laisser les choses suivre son cours car le pouvoir congolais ne veut pas d’ingérence. Madame la représentante préférant préparer la Monusco à accompagner le régime dans l’après élection.

Aujourd’hui, devant la grande misère de notre peuple, les nombreuses victimes tant civiles que militaires à l’Est et les multiples arrestations dont nos militants sont victimes, seules des élections libres, transparentes, crédibles et inclusives vont permettre au pays de retrouver les conditions d’une vraie stabilité.

Or les informations en notre possession et nos dix critères pour une consultation démocratique montrent clairement que le processus en cours est tout sauf libre et transparent.

Le climat politique est toujours crispé et la répression politique continue à se manifester par trois phénomènes analogues: le maintien en détention des prisonniers politiques, l’invalidation des candidats de l’opposition et les arrestation systématiques des jeunes des mouvements citoyens.

repression polititique csnuDès lors il est essentiel que les partenaires du Congo malgré leurs intérêts se posent une et une seule question : De quel côté veulent-ils être ? Avec le peuple congolais qui n’oubliera jamais ceux qui vont se tenir à ses côtés pour lui permettre de faire un choix libre et de faire respecter ses lois, ou bien du côté d’un pouvoir devenu autocratique et défiant son propre peuple dans un schéma, on ne peut plus catastrophique pour l’ensemble de la sous-région ? Il faut juste se rappeler que le peuple congolais a développé une forte résilience et qu’un jour il se lèvera pour reconquérir sa liberté.

Dans tout le pays nous entendons, nos organisations entendent des cris de souffrance mêlés à l’espoir de pouvoir enfin pacifiquement se choisir ses propres dirigeants, or si cet espoir devrait se transformer en désespoir dans le cadre d’un processus électoral non transparent, crédible et inclusif, le risque est grand de voir le chaos s’installé.

Le peuple congolais a le sentiment d’avoir été trahi par la Communauté internationale qui lui avait promis des élections libres et transparentes. Il se sent abandonné par la Monusco qui malgré son mandat n’arrive pas à protéger la population et à apporter son appui aux élections. Le peuple congolais ne comprend pas que les crimes des masses, les nombreuses arrestations arbitraires, l’assassinat des deux experts onusiens ne soient restés impunis.

Les chrétiens se posent la question de savoir comment se peut-il que celui-là même qui a été sanctionné par la communauté internationale à cause de la répression de leurs manifestations pacifiques soit accepté comme le prochain partenaire car devenu le dauphin du président Kabila. En effet comment accepté le fait que cette communauté internationale qui a en son temps appuyé les accords de la CENCO à travers les résolutions du Conseil de sécurité et en a fait la seule feuille de route de sortie de crise soit aujourd’hui incapable de le faire respecter et accepte comme un fait établi de coopérer avec ceux qui violent cet accord.

Nos organisations se souviennent des promesses de la communauté internationale lors de la publication du Chronogramme sur l’enrôlement. Elle n’a rien fait malgré le délai non respecté, les conditions anarchiques du déroulement de ce processus, aujourd’hui entaché de plus d’1/4 d’électeurs fictifs et la poursuite de la répression politique ainsi que l’instrumentalisation de la justice à des fins politiques.

Nous nous rappelons des engagements pris lors de la signature de l’Accord traduits par la Résolution 2348 fixant la date des élections au plus tard au 31 décembre 2017 restés là aussi lettre morte,

Nous nous souvenons de l’appel pressant de cette même communauté internationale appelant le peuple congolais à accepter le calendrier publié par la CENI en novembre 2017 alors qu’il violait et l’Accord de la Saint Sylvestre et la résolution du Conseil de sécurité.

Or aujourd’hui le chapitre 5 de l’Accord de la Saint Sylvestre n’est pas appliqué,  le calendrier n’est pas respecté, la machine à voter en train d’être imposée et ce sont les membres de cette communauté internationale qui fabriquent et vendent ces machines…

Nos organisations ont de plus en plus de mal pour convaincre la population que la Communauté internationale se tient à ses côtés….

http://electionsrdcongo.com/wp-content/uploads/2018/10/WhatsApp-Video-2018-10-09-at-14.54.33.mp4?_=2

C’est pourquoi nous lançons un appel à l’ensemble des partenaires de notre pays de s’engager à côté du peuple, (car cette souveraineté derrière laquelle se cache le pouvoir autocratique du président Kabila n’appartient pas à ce régime mais au peuple congolais.) pour réclamer un processus électoral crédible et transparent.

Nous appelons les Nations Unies à exiger du pouvoir de Kinshasa non seulement le respect du délai de l’Organisation des élections mais aussi la présence des experts internationaux et des observateurs au sein de la CENI pour suivre le processus électoral et ainsi rétablir un peu de confiance à une institution qui a perdu toute sa crédibilité

1. Nous demandons à la MONUSCO de cesser d’être complice d’un pouvoir qui emprisonne ses leaders et son peuple et qui ne respecte pas ses propres lois. Aucun respect de la souveraineté n’autorise cela.

Nous appelons la SADEC à conditionner toute aide logistique à l’organisation des élections par le respect total de l’Accord de la CENCO et par la mise en œuvre des critères que nous avons fixé pour avoir des élections libres et transparentes. La SADEC a pour vocation d’être un espace de liberté, de démocratie et de développement et c’est pour cela que notre pays en est devenu membre. Nous ne voulons plus des régimes autoritaires et qui violent leur propre constitution.

Aujourd’hui le peuple congolais est à la croisée du chemin. Il veut devenir acteur de son destin et espère que la Communauté internationale va l’accompagner pour bâtir une nation libre, prospère, démocratique et développée au cœur du continent et en pleine solidarité avec ses voisins et ses amis. Dans le cas contraire, nos organisations craignent le pire et ont peur de voir le pays replonger dans les années nonante.

Lors de sa dernière visite à Kinshasa, le Conseil de Sécurité a eu l’occasion de rencontrer certains de nos organisations membres ainsi que l’ensemble des forces vives de la Nation.

Nous espérons que suite à cette visite, le Conseil va lancer un appel fort au respect de ses résolutions et de l’Accord de la CENCO.

C’est pour nous la dernière occasion pour le Conseil de donner des signes forts de son engagement en faveur des élections libres, transparentes, crédibles et inclusives. Sinon cette marche des écoliers à Beni risque de se répéter à travers le pays car le peuple commence à s’impatienter. Nous espérons cette fois-ci que le Conseil tiendra ferme face aux manœuvres du pouvoir congolais et n’hésitera pas, s’il le fallait, à prendre des sanctions contre toute personne ou tout groupe qui mettra en danger la paix, la liberté et la crédibilité   du processus électoral.

ELECTIONSRDCongo avec CFPP-RDC.COM

RDC : La visite du Conseil de sécurité de l’Onu offre une occasion d’ouvrir l’espace civique, libérer les prisonniers politiques, en prévision des élections de décembre  

 


Opinion par Stephen Lamony, responsable plaidoyer Afrique à Amnesty International et le Cffp-rdc

 

Le 4 octobre, le Conseil de sécurité des Nations unies se rendra en République démocratique du Congo (RDC). Il s’agira de la 14e mission de visite du Conseil de sécurité en RDC. Sa dernière visite remonte à novembre 2016. Comme il y a deux ans, les débats porteront sur les élections initialement prévues pour décembre 2016, mais qui sont encore en préparation puisqu’elles devraient finalement se tenir en décembre 2018.

À l’époque de sa dernière visite en 2016, l’une des principales préoccupations du Conseil était l’éventualité que le président Joseph Kabila se présente à l’élection présidentielle. Cette candidature aurait été controversée : la Constitution congolaise n’autorise que deux mandats et le dernier mandat de Joseph Kabila aurait dû prendre fin en décembre 2016. Le Conseil n’a plus eu à s’en inquiéter à partir du 8 août 2018, date à laquelle Emmanuel Ramazani Shadary, un ancien ministre de l’Intérieur, a été désigné comme le « dauphin » de Joseph Kabila et candidat à l’élection présidentielle.

Cependant, il reste au Conseil de sécurité toute une liste de questions à aborder, qui vont bien au-delà du problème de la candidature du président Joseph Kabila, désormais résolu. En 2016, le Conseil de sécurité a appelé de ses vœux « la levée des poursuites judiciaires à des fins politiques, la libération des prisonniers politiques, […] l’ouverture de l’espace politique, afin de permettre à ces discussions de se tenir dans des conditions sereines […] un débat politique libre et constructif, où la liberté d’opinion, de réunion, un accès équitable aux médias sont garantis et où la sécurité et la liberté de circulation de tous est assuré ».

De plus, le prisonnier politique Eugène Diomi Ndongala continue à être illégalement détenu, depuis 2016, date de la décision du Tribunal des Droits de l’Homme des Nations Unies qui a demandé, par sa décision 2465/2018, la libération immédiate de Diomi Ndongala ainsi que son indemnisation.

https://democratiechretienne.org/eugene-diomi-ndongala-vs-republique-democratique-du-congo-la-rdc-condamnee-par-lonu-tous-les-documents-officiels-de-la-procedure-juridictionnelle/

Aujourd’hui, il y a autant à dire qu’en 2016 sur les préoccupations en matière de droits humains, si ce n’est plus…

En dépit des messages précédemment adressés aux autorités de la RDC par le Conseil de sécurité, les Congolais ne sont pas en mesure d’exercer librement leurs droits humains afin d’exprimer leur opinion sur les questions relatives aux élections. Depuis 2015, l’opposition et des organisations de la société civile organisent régulièrement des manifestations pour dénoncer ce qu’elles considèrent comme des tactiques visant à retarder les élections. Les manifestations ont été interdites ou brutalement réprimées. Plus de 300 personnes ont été tuées et de nombreuses autres ont été blessées ou arrêtées de manière arbitraire. Des opposants politiques et des défenseurs des droits humains ont été arbitrairement arrêtés et poursuivis pour des motifs politiques. Le 24 septembre, un tribunal a condamné quatre militants en faveur de la démocratie et des droits humains, membres du mouvement de jeunesse Filimbi, à un an de prison pour avoir mobilisé des personnes en vue de participer aux manifestations organisées en décembre dernier dans tout le pays par le Comité laïc de coordination de l’église catholique. Amnesty International a demandé leur libération immédiate. Plusieurs militants ont fui leur foyer, ou même le pays.

La récente décision de Joseph Kabila de ne pas se porter candidat à la présidentielle n’a pas eu d’effet sur l’ouverture de l’espace civique. De nombreux Congolais s’inquiètent toujours de l’invalidation par la Commission électorale de plusieurs candidatures importantes à l’élection présidentielle, de l’utilisation prévue d’un système de vote électronique et de la question de l’inscription sur les listes électorales. Pourtant, leurs tentatives d’exprimer leur mécontentement sont toujours réprimées. Le 3 septembre, lors de rassemblements contre l’utilisation d’un système de vote électronique, au moins 23 manifestants pacifiques ont été blessés, et 89 autres ont été arrêtés dans la capitale, Kinshasa, ainsi que dans les villes de Goma, Lubumbashi, Bukavu, Mbandaka, Mbuji-Mayi et Tshikapa. À Bukavu, des policiers ont agressé sexuellement deux militantes.

Pendant ce temps, le conflit dans l’est de la RDC s’intensifie à nouveau et la situation dans les provinces du Kasaï reste désastreuse. Le rapport d’août du Bureau conjoint des Nations unies aux droits de l’homme montre que dans le Kivu et le Kasaï, les forces de sécurité de la RDC restent les principales responsables d’atteintes aux droits humains.

La répression persistante des droits humains ne présage rien de bon pour les mois qui viennent, jusqu’aux élections de décembre.

Le Conseil de sécurité doit à nouveau demander aux autorités congolaises de lever officiellement toute interdiction de manifestations pacifiques et de mettre fin à la répression contre les réunions de l’opposition et de la société civile. Toutefois, c’est plutôt aux autorités congolaises qu’il revient d’agir pendant cette visite. Elles pourraient en profiter pour faire une déclaration ferme sur leur volonté d’ouvrir l’espace civique avant les scrutins de décembre et de libérer toutes les personnes arbitrairement placées en détention uniquement pour avoir exercé leurs droits humains, ainsi que celles qui ont été arrêtées pour des motifs politiques.

Il reste à voir si les autorités saisiront la chance qui leur est offerte à l’occasion de cette visite.

La Libre Afrique avec CFPP-Rdc.com

Meeting de l’opposition : Moise Katumbi appelle au respect de l’accord de la Saint Sylvestre  et la libération des prisonniers politiques congolais alors que Felix Tshisekedi rend hommage aux otages de M. Kabila, demandant à la foule de les applaudir un à un/ VIDEO CFPP-RDC

CSNU ET PRISONNIERS POLITIQUES


Samedi 29 septembre 2018

Lors du meeting de l’opposition ce samedi 29 septembre 2018 à l’esplanade du boulevard Triomphal, Moïse Katumbi Chapwe a appelé à l’unité de l’opposition ainsi qu’au respect de l’accord de la Saint-Sylvestre.

Pour le président de la plateforme Ensemble pour le changement, la libération du peuple congolais des mains des dirigeants actuels qu’il qualifie « des ennemis du peuple » passe par l’unité de l’opposition.

« Soyons unis et déterminés pour chasser ces gens-là qui sont les ennemis du peuple. Aujourd’hui ils sont en train de voler, rien ne se fait dans notre pays. Regardez la situation dans l’Est de la RDC (…). Mais le plus important, c’est notre détermination puisqu’aujourd’hui nous devrons  libérer notre pays ensemble. L’opposition, nous devons être prudents. Ce que nous sommes en train de faire ici, c’est un serment de l’unité. S’il y a 1, 2 ou 3 opposants qui ne sont pas d’accord et traversent dans l’autre camp, il faut le corriger, puisque ce n’est pas comme ça qu’on doit libérer le pays », a-t-il dit dans son adresse préenregistrée.

Moïse Katumbi Chapwe a également appelé au strict respect de l’accord de la Saint-Sylvestre.

« Il faudra respecter l’accord du 31 décembre puisque si ces parvenus sont au pouvoir aujourd’hui, c’est grâce à cet accord. Il faudra aussi respecter la libération des prisonniers politiques, Franck Diongo, Diomi Ndongala, Muyambo, Gérard Mulumba, entre autres », a-t-il ajouté.

 

Felix Tshisekedi, quant à lui, à saluer le sacrifice héroïque des prisonniers politiques congolais, citant leur noms à la foule et demandant de les applaudir un à un (voir vidéo cfpp-rdc, plus haut).

Actualité cd avec cfpp-rdc

RDC : « le CNSA, une coquille vide » (Georges Kapiamba)

CNSA, COQUILLE VIDE _.png

Le Conseil National de Suivi de l’Accord (CNSA) affirme avoir repris ses activités, ce mercredi 19 septembre, après un moment de “vacances”. Georges Kapiamba, président de l’Association congolaise pour l’accès à la Justice (ACAJ), déplore une institution qui a du mal, selon lui, à exercer son influence sur l’évaluation de la situation politique.

Pour Georges Kapiamba, le CNSA fonctionne sur ordre de la Majorité présidentielle.

«Cette institution a commencé à fonctionner sur base des arrangements qui ne sont pas conformes à l’esprit et à la lettre de ce que les parties prenantes à l’accord de la Saint-Sylvestre avaient convenu. C’est un engagement qui a été retravaillé au niveau de la famille présidentielle, c’est-à-dire la Majorité présidentielle a vidé le CNSA de tout son sens jusqu’à en rendre une coquille vide», déclare le président de l’ACAJ.

Dans un communiqué issu de la première réunion après les “vacances”, le CNSA salue la décision du président Joseph Kabila de ne pas briguer un nouveau mandat. L’institution annonce en même temps la tenue d’une plénière dans les prochains jours pour évaluer le processus électoral en cours, alors que les conclusions de la tripartite CENI-CNSA-Gouvernement sur le même processus n’ont jamais été rendues publiques.

De plus, les commission instituées pour « accélérer la libération des prisonniers politiques emblématiques, nommément cités par l’Accord de la St. Sylvestre, Eugène Diomi Ndongala et JC. Muyambo, sont restées sans suite alors que les prisonniers politiques restent, sans raison valable, emprisonnés.

En ce qui concerne l’Hon. Eugène Diomi Ndongala, il est en plus bénéficiaire d’un jugement , en sa faveur, du Tribunal des Droits de l’Homme de l’ ONU qui  a exigé sa libération immédiate et son indemnisation pour les préjudices subis (https://democratiechretienne.org/eugene-diomi-ndongala-vs-republique-democratique-du-congo-la-rdc-condamnee-par-lonu-tous-les-documents-officiels-de-la-procedure-juridictionnelle/)

Georges Kapiamba qualifie de négatif le bilan du CNSA depuis sa mise en place jusqu’à ce jour.

C’est à l’issue de l’accord signé le 31 décembre 2016 que les parties prenantes s’étaient convenues de mettre en place une institution d’appui à la démocratie, chargée du suivi de la mise en œuvre dudit accord. Dirigé par Joseph Olenghankoy, le CNSA est vivement critiqué notamment par l’opposition qui remet en cause sa légitimité et le manque d’ application des mesures de décrispation politique. La loi organique régissant cette institution n’a jamais été votée.

Thérèse Ntumba et CFPP-RDC

 

DECLARATION DE L’ACAJ A L’OCCASION DE LA JOURNEE MONDIALE DE LA DEMOCRATIE: « QUE LE GOUVERNEMENT LIBERE LES PRISONNIERS POLITIQUES »

LIBERATION DES PRISONNIERS POLITIQUESDECLARATION DE L’ACAJ A L’OCCASION DE LA JOURNEE MONDIALE DE LA DEMOCRATIE 

Kinshasa, le 15 septembre 2018 – Le monde entier célèbre aujourd’hui la Journée internationale de la démocratie. L’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ) saisit cette occasion pour rappeler à tous les congolaises et congolais notre obligation commune de défendre la Démocratie.

Le terme « démocratie » vient de deux mots grecs : demos, qui désigne « le peuple » et kratein, qui signifie « gouverner ». Cela revient à dire que le peuple a le droit de faire entendre sa voix sur des questions politiques, économique, sociale et culturelle, mieux la gestion de la « Res publica » (chose publique) concernant son pays, sa ville, son village, par lui-même ou par l’intermédiaire de ses représentants au Parlement qui doivent être ses véritables porte-voix et non des mercenaires. La Constitution de la RDC, qui est l’émanation de la volonté populaire, consacre une véritable démocratie politique, économique, sociale et culturelle. Son article premier dispose que « La République Démocratique du Congo est dans ses frontières du 30 juin 1960, un Etat de droit…démocratique…et à l’article 5, on peut lire : « La souveraineté nationale appartient au peuple. Tout pouvoir émane du peuple qui l’exerce directement par voie de référendum ou d’élections et indirectement par ses représentants ». S’il est vrai que la Démocratie rime avec le droit qui appartient au peuple à pouvoir exercer son droit à l’auto-détermination, il revient que l’exercice de ce droit ne peut être possible sans l’existence d’une véritable culture du respect des droits de l’homme par les autorités. Au nombre de ces droits nous citons notamment: le droit de manifester et aux réunions pacifiques, le droit à la dignité, le droit à ne pas être soumis à la torture et autres traitements, inhumains et dégradants.

La démocratie exige :

1. Le respect de la liberté d’expression, sans laquelle il est difficile de concevoir des élections libres, transparentes et inclusives.

2. L’organisation des élections libres et régulières, car elles répondent à un double but : permettre au peuple de choisir la politique générale à suivre par le gouvernement, et de choisir le gouvernement qui appliquera ladite politique.

3. Le respect de la liberté d’association et la protection de l’opposition, la liberté d’association est étroitement liée à la liberté d’expression. Le droit de communiquer des informations et des opinions sous-entend celui de se réunir en vue de recevoir des informations et opinions communiquées. Dans une société démocratique, les syndicats, les partis politiques, les ONG et les mouvements citoyens doivent jouir sans restriction du droit de réunion publique pacifique sans répression des forces de sécurité. La liberté d’association sous-entend aussi le droit de fonder des partis politiques qui peuvent être favorables ou hostiles au gouvernement au pouvoir, et qui exposeront librement leur politique devant le public.

4. Assurer une instruction civique, car pour que le gouvernement exerce plus efficacement son action par des moyens démocratiques et obtienne les meilleurs résultats non seulement en politique, mais aussi en matière de progrès social et économique, il convient non seulement que le peuple ait un minimum d’instruction, mais qu’il comprenne et apprécie à leur juste valeur les principes de la démocratie, attributions des différents secteurs de l’administration, et les droits et les devoirs du citoyen à l’égard de l’Etat. L’Etat et tous les acteurs non étatiques doivent assurer à chaque citoyen l’occasion de recevoir une instruction civique suffisante, qui peut le rendre capable d’exercer ses droits politiques en faisant appel à son information politique et à son jugement plutôt qu’à des considérations d’ordre sentimental.

5. Des cours et tribunaux indépendants. L’indépendance de la Justice est une condition essentielle à l’existence d’une société libre et vivant sous un régime de la légalité. Cette indépendance signifie que le Magistrat doit être, dans l’exercice de ses fonctions, libre de toute immixtion de la part des pouvoirs Exécutif ou du Législatif, et que lui-même ne sente soumis qu’à l’autorité du Droit.

La Démocratie est fortement menacée en RDC par le Gouvernement, qui refuse d’appliquer notamment les mesures de décrispation politique de l’Accord de la Saint sylvestre; la CENI, qui fait recours à la machine à voter pourtant interdite par l’article 237 ter de la loi électorale et refuse de supprimer 16,6% d’électeurs enrôlés sans empreintes digitales; et la Cour Constitutionnelle, qui a confirmé l’invalidation politique de certains candidats de l’opposition à la présidentielle.

Au regard de ce qui précède, l’ACAJ fait les recommandations suivantes :

Au Gouvernement, d’appliquer toutes les mesures de décrispation politique édictées par l’Accord de la Saint Sylvestre notamment en levant l’interdiction des manifestations et réunions publiques, libérant tous les prisonniers politiques et d’opinions et facilitant le retour des opposants en exil forcé;

A la CENI, de rendre transparent le processus électoral notamment en abandonnant la machine à voter et supprimant les 16,6 % d’électeurs fictifs du fichier électoral;

Aux Cours et tribunaux, de faire preuve d’indépendance dans le traitement des poursuites concernant des opposants et des membres de la société civile et des contentieux électoraux.

Que Vive la Démocratie !

Que Vive la RDC !

Me Georges Kapiamba

Président de l’ACAJ

La CENCO appelle la SADC à «convaincre» le gouvernement à parachever la mise en œuvre des mesures de décrispation politique

CENCO ET PRISONNIERS POLITIQUES 120918La CENCO appelle la SADC à «convaincre» le gouvernement à parachever la mise en œuvre des mesures de décrispation politique

La CENCO appelle la SADC à « convaincre » le gouvernement à parachever la mise en œuvre des mesures de décrispation politique

La Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) a mené un plaidoyer auprès du Président de la Zambie et Chairman de la Troika de la SADC sur la politique, la sécurité et  la défense, Edgar Lungu.

Dans un communiqué parvenu à CAS-INFO, les prélats catholiques se disent préoccupés de l’état actuel du processus électoral, « en tant que parrains de l’accord de la Saint Sylvestre ».

Ils recommandent à Edgar Lungu de peser « de tout son poids pour convaincre le Gouvernement congolais à parachever la mise en œuvre des mesures de décrispation politique selon l’accord de la Saint Sylvestre ( les cas des prisonniers politiques emblématiques, Eugène Diomi Ndongala et J.C Muyambo,  qui auraient dû être libérés dès la signature de l’Accord politique, sont toujours emprisonnés ) et à impliquer les parties prenantes au processus électoral à trouver un consensus sur la machine à voter/ou à recourir aux bulletins de vote papier, le cas échéant, comme prévu dans les lignes 38, 39 et 40 du calendrier électoral ».

Par ailleurs, les membres de la CENCO se disent inquiets de l’existence de 6 millions d’électeurs enregistrés sans empreintes digitales, de la détermination de la CENI à utiliser la machine à voter, de l’exclusion de certains candidats du processus électoral et de la « faible » mise en œuvre des mesures de décrispation politique.

CAS INFO AVEC CFPP-RDC

RDC : La VSV rapporte le décès d’un prisonnier politique à Makala et demande la libération des prisonniers politiques conformément à l’Accord de la Saint Sylvestre

PRISONNIERS POLITIQUES 200818

La Voix des Sans Voix pour les Droits de l’Homme (VSV) rapporte le décès en détention à la prison centrale de Makala (PCM ex-CPRK Centre pénitentiaire de rééducation de Kinshasa), ce vendredi 7 août 2018 dans la matinée, d’Ekula Yoka Jean-Claude, âgé de 74 ans membre du parti politique de l’opposition « Union des Républicains (UR) ».

« L’infortuné est décédé des suites d’un rhumatisme aigu mal soigné dont il souffrait durant sa longue détention sans jugement, respectivement à l’ex-DEMIAP (Détection militaire des activités anti-patrie), à la prison militaire de Ndolo et enfin, à la prison centrale de Makala », explique l’organisation.

Ekula Yoka Jean-Claude avait été arrêté à Kinshasa le 7 avril 2016 avec quatre autres membres du parti Union des Républicains (UR), dirigé par Norbert Luyeye Binzunga.

Selon la VSV, ils étaient appréhendés par un groupe de militaires lourdement armés dont certains en tenue des Forces Armées de la République Démocratique du Congo (FARDC) et d’autres en civil, venus à bord de quatre jeeps de l’armée et ce, sans mandat ni autres titres.

« L’incident avait eu lieu quelques heures avant la tenue d’une réunion politique prévue le même jour vers 16 heures et qui devrait être animé par le président du parti politique UR, M. Norbert Luyeye. Il sied de souligner qu’avant ladite réunion, monsieur Norbert Luyeye avait, le 4 août 2016, fait une déclaration dans laquelle il s’était montré très critique vis-à-vis du pouvoir en place. Après leur enlèvement, les cinq victimes avaient été acheminées vers une destination inconnue avant d’être localisées quelques jours après en détention au cachot du quartier général de l’ex-DEMIAP, à Kinshasa/Kintambo », explique l’ONG dans un communiqué.

Ainsi, la VSV exige au gouvernement notamment la prise en charge des obsèques d’Ekula Yoka Jean-Claude, décédé « entre les mains de l’Etat » et la libération de tous les détenus politiques et d’opinion, conformément à l’Accord de la Saint-Sylvestre, le 31 décembre 2016.

ACTUALITE.CD

ALERTE: LE JEUNE CHANTEUR ENGAGE BOB ELVIS PORTE DISPARU – COMMUNIQUE DU MOUVEMENT CITOYEN « ECCHA » ET « LUCHA », QUI SPECTENT SA MISE EN DETENTION AU SECRET PAR LES SERVICES DE SECURITE RDCONGOLAIS – maj

 

BOB ELVIS - ANTI MEDIOCRITE

Bob Elvis, artiste rappeur talentueux, engagé et auteur de la célèbre chanson #Dégage est introuvable depuis hier à Kinshasa. Son entourage n’a pas de ses nouvelles, alors qu’il s’apprêtait à sortir officiellement son album #AntiMediocrité dans les heures qui suivent. Bob s’est distingué ces derniers mois par son franc parler dans l’éveil patriotique à travers ses chansons et son courage de dénoncer tout haut la volonté de Joseph Kabila de rester au pouvoir en dépit de son bilan négatif.
Nous demandons aux autorités compétentes de faire toute la lumière sur cette disparition suspecte.

COMMUNIQUE n°019/ECCHA-RDC/31 août 2018: Bob Elvis porté disparu

Le mouvement citoyen *ECCHA-RDC est indigné suite à la disparitionde Monsieur Bob Elvis, artiste rappeur engagé et acquis à l’avènement de la démocratie et de l’État de droit en République Démocratique du Congo.

Sa famille et ses compagnons sont sans nouvelles de lui, depuis le mercredi 29 août 2018, d’après les témoignages de ses proches.

Cette situation d’incertitude  laisse croire que Bob Elvis serait kidnappé par les agents des services de renseignements* qui sont souvent prétendus hauteurs de ce genre d’acte de violation des Droits Humains.

ECCHA-RDC convie toutes les organisations de la société civile, les ONGDH et le BCNUDH à œuvrer pour la libération immédiate et sans condition de l’artiste engagé Bob Elvis.

En outre, ECCHA-RDC met en garde tous les services étatiques (ANR, DEMIAP etc)contre la torture et les mauvais traitements inhumains et dégradants sur la personne physique de Bob Elvis.

Que vive la la lutte citoyenne !

Pour ECCHA-RDC,

Franck BAPINGI
Coordon* Nera KANYINDA
Chargés de l’administration et communication

Ir. Ben-José LUENDU
Coordonnateur Principal

**********************************************************

L’image contient peut-être : 1 personne, debout

IMG_20180901_073422.jpg


 

VOICI LES CLIPS ENGAGES LES PLUS CELEBRES DU TALENTEUX RAPPEUR CONGOLAIS  BOB ELVIS:

 

 

La mise en œuvre des mesures de décrispation reste nécessaire pour le succès des élections (Union Européenne) / CAS-INFO.CA

POLITICAL PRISONERS 310818.png

Par P. Ndongo

L’Union Européenne déclare que la mise en œuvre des mesures de décrispation politique reste nécessaire pour le succès du processus électoral en cours en République Démocratique du Congo.

Dans une déclaration publiée, ce jeudi, l’Union Européenne souligne que « l’ouverture de l’espace politique et démocratique, le respect des droits de l’homme et la mise en œuvre des mesures de décrispation restent nécessaires pour le succès des élections ».

Pour elle, la mise en œuvre des recommandations de l’OIF ainsi que la définition d’un consensus autour de l’utilisation de la machine à voter sont également essentiels pour la bonne conduite du scrutin.

Par ailleurs, l’Union Européenne se dit prête à appuyer le processus électoral en concertation avec les acteurs congolais.

https://cas-info.ca/la-mise-en-oeuvre-des-mesures-de-decrispation-reste-necessaire-pour-le-succes-des-elections-union-europeenne/

Déclaration du porte-parole de l’ Union Européenne sur le processus électoral en RDC: les mesures de décrispation de l’Accord de la Saint Sylvestre sont nécessaires pour le succès des élections

UE 300818


Bruxelles, 30/08/2018 – 12:34, UNIQUE ID: 180830_2
Statements by the Spokesperson

Déclaration du porte-parole sur le processus électoral en RDC

La publication par la Commission Electorale Nationale Indépendante (CENI) de la RDC de la liste provisoire des candidats aux élections constitue une nouvelle étape clé vers le scrutin du 23 décembre 2018.

Elle fait suite à la décision du président Joseph Kabila de ne pas se présenter comme candidat, dans le respect de la Constitution.

Six candidats présidentiels, contestant leur exclusion de la liste, ont toutefois introduit des recours auprès de la Cour Constitutionnelle. Les décisions de la Cour seront cruciales afin de renforcer la confiance dans le processus électoral. La Cour ainsi que la CENI doivent agir en toute transparence et impartialité conformément à la législation congolaise.

L’accord politique de la Saint Sylvestre et la résolution 2409 du Conseil de sécurité des Nations Unies appellent à un processus véritablement inclusif qui puisse aboutir à des élections crédibles, transparentes et pacifiques, facteurs indispensables pour arriver à un résultat accepté par toutes les parties et à une stabilisation durable en RDC.

Par ailleurs, l’ouverture de l’espace politique et démocratique, le respect des Droits de l’Homme et des libertés fondamentales et la mise en œuvre des « mesures de décrispation » restent nécessaires pour le succès des élections.

A un niveau plus technique,la publication de la liste électorale finale, la mise en œuvre des recommandations de l’OIF ainsi que la définition d’un consensus autour de l’utilisation de la « machine à voter » sont également des éléments essentiels pour la bonne conduite du scrutin.

L’UE reste disposée à appuyer le processus électoral en concertation avec les acteurs congolais concernés et continuera de travailler en étroite coopération avec les pays de la région, l’Union Africaine, la SADC et les Nations Unies qui peuvent jouer un rôle essentiel dans le chemin vers les élections.

RDC : La France, au CSNU, appelle la RDC à libérer au plus vite les prisonniers politiques, conformément aux « mesures de décrispation » prévues par l’accord de la Saint Sylvestre

Anne Gueguen estime que le respect des libertés fondamentales est indispensable pour créer un climat de confiance en vue d_assurer le bon déroulement du processus électoral. (1)Lors de son allocution lundi 27 août au Conseil de sécurité, la représentante permanente adjointe de la France auprès des Nations unies, Anne Gueguen, a plaidé pour un processus électoral apaisé en République démocratique du Congo. Cela, d’après elle, doit se faire notamment par l’ouverture de l’espace politique et démocratique et le respect des libertés fondamentales.

Anne Gueguen estime que le respect des libertés fondamentales est indispensable pour créer un climat de confiance en vue d’assurer le bon déroulement du processus électoral.

«La France appelle le gouvernement congolais à lever l’interdiction générale de manifester et à libérer au plus vite les prisonniers politiques, conformément aux « mesures de décrispation » prévues par l’accord de la Saint Sylvestre justement rappelé à l’instant par Monseigneur Utembi », », a-t-elle dit.

Pour la France, l’alternance pacifique attendue à l’issue de la présidentielle prévue au de décembre, serait une occasion unique pour la RDC de s’engager durablement dans la voie de la paix et de la stabilité.

«Ces élections sont celles du peuple congolais. La France réaffirme son plein respect de la souveraineté de la RDC, et encourage le gouvernement à prendre toutes les mesures nécessaires pour garantir le bon déroulement du processus électoral, et la tenue d’élections libres, inclusives et transparentes, dans le respect du calendrier et de la Constitution », a ajouté la diplomate française.

Dans un rapport publié ce mardi 28 août 2018, Human Right (HRW) a dénoncé de nombreuses atteintes aux droits et libertés individuelles qui, d’après l’ONG des droits de l’homme, jalonnent le processus électoral en RDC.

Will Cleas Nlemvo

Niki Haley Remarks at UN Security Council:  » The Minister of Justice continues to detain dozens of opposition members and civil society activists, again in violation of the St. Sylvester Agreement « – LES REMARQUES DE NIKI HALEY DEVANT LE CSNU: « Le ministre de la Justice continue de détenir des dizaines de membres de l’opposition et de militants de la société civile, toujours en violation de l’accord de St. Sylvestre »

The Minister of Justice continues to detain dozens of opposition members and civil society activists, again in violation of the St. Sylvester Agreement.There must be a political space for candidates to campaign, (3).png

Remarks at a UN Security Council Briefing on the Situation Concerning the Democratic Republic of the Congo

Ambassador Nikki Haley
U.S. Permanent Representative to the United Nations
U.S. Mission to the United Nations
New York City
August 27, 2018

AS DELIVERED

Thank you to the briefers for updating the Council on elections planning in the Democratic Republic of Congo. In particular, thank you, Madam President, for calling this very important and timely meeting because we are, in fact, running out of time.

Today, the DRC is 118 days away from election day – that’s less than four months for the government to finish organizing free, fair, and credible elections. Fortunately, we have already reached an important milestone. President Kabila did not register as a presidential candidate before the deadline, guaranteeing that he cannot legally stand for reelection or legitimately serve as president past January 2019.

The United States welcomes reports of President Kabila’s intent not to seek a third term. This is an important step towards a peaceful transition of power. History will look favorably on President Kabila’s decision if it culminates in free, fair, and credible elections that translate into a lasting democracy for the Congolese people, a legacy that we hope he earns in the coming months.

While we recognize progress, we cannot deny the red flags and unanswered questions that remain. With less than four months to go, how will CENI transport elections materials to more than 90,000 polling places? Will there be enough voting machines, or will authorities extend voting by days or even weeks? Can the authorities recharge voting machines with only a 12-hour battery life? Have election organizers widely tested the machines? Will voters, many of whom have never used a touchscreen, know how to use them? Are organizers preparing paper ballots as a back up if the electronic voting machines fail?

These questions raise problems, but there are solutions. The Congolese authorities should permit MONUSCO to provide logistics and transportation support. MONUSCO has already available assets that the mission is ready and willing to deploy. The Congolese authorities should also let voters use paper ballots; this is a trusted, tested, transparent, and easy-to-use voting method. The DRC can and should use the same operations that it successfully implemented in 2006 and in 2011, including with support from the United Nations. Paper ballots were good enough to get President Kabila elected, and they should be good enough as a fail-safe to elect his successor.

I had the opportunity to meet with President Kabila last year. If he were here today, I would tell him that it is admirable that the DRC government wants to self-finance and self-support its elections, but is it doable? Is it realistic? Is it even necessary?

It does not insult the DRC’s sovereignty for CENI to accept logistical support from MONUSCO. Instead, the DRC is wasting precious resources to buy capabilities that are already available to them. Meanwhile, my government and others are devoting tens of millions of dollars in life-saving humanitarian assistance for their country. It is troubling that President Kabila and the CENI refuse the assistance. We respect the DRC as a sovereign Member State of the United Nations. But it can’t help but raise suspicion when the Congolese government refuses the assistance that would help make free, fair, and credible elections a reality, but continue to take the humanitarian assistance that so many of us continue to give them.

Other red flags add to our suspicion. We are deeply concerned about the CENI’s decision on August 24 to disqualify some opposition presidential candidates for what appear to be political reasons. This is not how an electoral process, or any independent electoral commission, should function.

We also praise those candidates who feel they have been unjustly disqualified for using the appeals process that was open to them. By abiding by the rules of the domestic process, opposition and civil society organizations further reinforce just how much independence DRC’s National Independent Electoral Commission has lost during Mr. Nangaa’s ‎tenure.

The National Assembly President also continues to deny the wish of an opposition party to replace its CENI candidate in violation of the December 2016 St. Sylvester Agreement.

The Minister of Justice continues to detain dozens of opposition members and civil society activists, again in violation of the St. Sylvester Agreement.

There must be a political space for candidates to campaign, citizens to assemble, and oppositiointimidation, harassment, or silencing of the opposition. Political parties must be able to compete on a level playing field. We will never know the will of the Congolese people without an environment conducive to elections.

We have 118 days. These problems are fixable. Tn members to speak freely, without fear. There can be no violence, here is still enough time. The suspicions we have may come up to nothing. Ultimately, though, the Congolese government must choose. The hopes for self-determination of more than 80 million Congolese citizens are riding on the decisions that President Kabila and the CENI will make in days and weeks ahead.

Now is the time for choosing. We ask them to choose support from MONUSCO. Choose free, fair, and credible elections on December 23. Choose a peaceful transition of power in January 2019. And, by doing so, choose a better future for generations of Congolese to come.

Thank you.

 

 

****************

The Minister of Justice continues to detain dozens of opposition members and civil society activists, again in violation of the St. Sylvester Agreement.There must be a political space for candidates to campaign, (4).png

TRADUCTION

L’ambassadeur Nikki Haley

Représentant permanent des États-Unis auprès des Nations Unies

Mission des États-Unis auprès des Nations Unies

La ville de New York

27 août 2018

 

Merci aux briefers d’avoir mis à jour le Conseil sur la planification des élections en République démocratique du Congo. En particulier, Madame la Présidente, je vous remercie d’avoir convoqué cette réunion très importante et opportune car nous manquons de temps.

Aujourd’hui, la RDC est à 118 jours du jour des élections – cela fait moins de quatre mois que le gouvernement a fini d’organiser des élections libres, justes et crédibles. Heureusement, nous avons déjà franchi une étape importante. Le président Kabila ne s’est pas inscrit en tant que candidat à la présidentielle avant la date limite, garantissant qu’il ne peut légalement se présenter à la réélection ou servir légitimement comme président après janvier 2019.

Les États-Unis se félicitent des informations faisant état de l’intention du Président Kabila de ne pas demander un troisième mandat. C’est un pas important vers une transition pacifique du pouvoir. L’histoire sera favorable à la décision du Président Kabila si elle aboutit à des élections libres, équitables et crédibles qui se traduiront par une démocratie durable pour le peuple congolais, un héritage que nous espérons mériter dans les mois à venir.

Bien que nous reconnaissions les progrès, nous ne pouvons pas nier les drapeaux rouges et les questions restées sans réponse. À moins de quatre mois du projet, comment la CENI transportera-t-elle le matériel électoral dans plus de 90 000 bureaux de vote? Y aura-t-il suffisamment de machines à voter ou les autorités vont-elles prolonger le vote de plusieurs jours, voire plusieurs semaines? Les autorités peuvent-elles recharger des machines à voter avec seulement une autonomie de 12 heures? Les organisateurs des élections ont-ils largement testé les machines? Les électeurs, dont beaucoup n’ont jamais utilisé un écran tactile, sauront-ils comment les utiliser? Les organisateurs préparent-ils des bulletins de vote en papier en guise de sauvegarde si les machines à voter électroniques échouent?

Ces questions posent des problèmes, mais il existe des solutions. Les autorités congolaises devraient permettre à la MONUSCO de fournir un soutien logistique et de transport. La MONUSCO dispose déjà d’actifs que la mission est prête à déployer. Les autorités congolaises devraient également laisser les électeurs utiliser des bulletins de vote en papier; Il s’agit d’une méthode de vote fiable, testée, transparente et facile à utiliser. La RDC peut et doit utiliser les mêmes opérations qu’elle a mises en œuvre avec succès en 2006 et en 2011, notamment avec le soutien des Nations Unies. Les bulletins de vote en papier ont été assez bons pour que le président Kabila soit élu, et ils devraient être suffisamment prudents pour élire son successeur.

J’ai eu l’occasion de rencontrer le président Kabila l’année dernière. S’il était ici aujourd’hui, je lui dirais qu’il est admirable que le gouvernement de la RDC veuille s’autofinancer et subvenir à ses besoins, mais est-ce faisable? Est-ce réaliste? Est-ce même nécessaire?

Cela n’insulte pas la souveraineté de la RDC pour que la CENI accepte le soutien logistique de la MONUSCO. Au lieu de cela, la RDC gaspille des ressources précieuses pour acheter des capacités déjà disponibles. Pendant ce temps, mon gouvernement et d’autres organismes consacrent des dizaines de millions de dollars à une aide humanitaire vitale pour leur pays. Il est troublant que le président Kabila et la CENI refusent cette assistance. Nous respectons la RDC en tant qu’État membre souverain des Nations Unies. Mais cela ne peut que susciter la suspicion lorsque le gouvernement congolais refuse l’assistance qui permettrait de faire des élections libres, équitables et crédibles, mais continue d’apporter l’aide humanitaire que beaucoup d’entre nous continuent de leur donner.

D’autres drapeaux rouges ajoutent à nos soupçons. Nous sommes profondément préoccupés par la décision prise le 24 août par la CENI de disqualifier certains candidats à l’élection présidentielle pour des raisons apparemment politiques. Ce n’est pas ainsi qu’un processus électoral ou une commission électorale indépendante devrait fonctionner.

Nous félicitons également les candidats qui estiment avoir été injustement exclus pour avoir utilisé la procédure d’appel qui leur était ouverte. En respectant les règles du processus national, les organisations de l’opposition et de la société civile renforcent le degré d’indépendance perdu par la Commission électorale nationale indépendante de la RDC pendant le mandat de M. Nangaa.

Le président de l’Assemblée nationale continue également de nier le souhait d’un parti d’opposition de remplacer son candidat à la CENI en violation de l’accord de décembre 2016 conclu à St. Sylvester.

Le ministre de la Justice continue de détenir des dizaines de membres de l’opposition et de militants de la société civile, toujours en violation de l’accord de St. Sylvestre

Il doit y avoir un espace politique permettant aux candidats de faire campagne, aux citoyens de se rassembler et aux membres de l’opposition de parler librement, sans crainte. Il ne peut y avoir de violence, d’intimidation, de harcèlement ou de silence de l’opposition.

 

Les partis politiques doivent pouvoir être compétitifs sur un pied d’égalité. Nous ne connaîtrons jamais la volonté du peuple congolais sans un environnement propice aux élections.

Nous avons 118 jours. Ces problèmes sont réparables. Il reste assez de temps. Les soupçons que nous avons peuvent ne rien avoir. Finalement, le gouvernement congolais doit choisir. Les espoirs d’autodétermination de plus de 80 millions de citoyens congolais reposent sur les décisions que le président Kabila et la CENI prendront dans les jours et les semaines à venir.

C’est le moment de choisir. Nous leur demandons de choisir le soutien de la MONUSCO. Choisissez des élections libres, équitables et crédibles le 23 décembre. Choisissez une transition pacifique au pouvoir en janvier 2019. Et, ce faisant, choisissez un avenir meilleur pour des générations de congolais à venir.

Je vous remercie.

DECRISPATION POLITIQUE SELON L’ACCORD DE LA SAINT SYLVESTRE, CONSENSUS SUR LES MARCHINES A VOTER, INCLUSIVITE ET CREDIBILITE: LES REVENDICATIONS DE LA CENCO, DEVANT LE CSNU LE 27/08/2018 A NEW YORK

NSHOLE CSNU

Invitée par le président du conseil de sécurité de l’ONU à New-York aux États-Unis, la Conférence Épiscopale Nationale du Congo « CENCO » a, devant ses membres dudit conseil lundi 27 août dernier, fait un état de lieu de l’évolution du processus électoral en RDC.

Pour les évêques catholiques, il faut tout mettre en oeuvre pour aboutir à des élections crédibles, transparentes, inclusives et apaisées, car les élections biaisées maintiendront la crise selon eux.

Aux membres du conseil de sécurité de l’ONU, la conférence épiscopale nationale du Congo, a rappelé et réitéré ses recommandations pour un aboutissement heureux du processus :

– La publication aussitôt des listes provisoires de personnes enrôlées afin de rassurer le peuple congolais de l’effectivité des personnes réellement enrôlées sans empreintes digitales ;

– La recherche d’un consensus sur l’utilisation de la machine à voter, en favorisant les concertations tripartites entre la CENI, la Majorité et l’opposition autour des experts ;

– Le parachèvement de la mise en œuvre de l’Accord de la Saint Sylvestre, notamment en appliquant le reste des mesures de décrispation, notamment par le libération des prisonniers politiques.

La CENCO dit compter beaucoup sur l’implication et l’engagement de la communauté internationale, en particulier la SADC et la CIRGL, pour aider la RDC à sortir de la crise en respectant les clauses de l’accord du 31 décembre 2016.

 voici le texte intégral de la déclaration de la Cenco

EVALUATION DE LA CENCO SUR L’ETAT DU PROCESSUS ELECTORAL EN RDC

 ETAT ACTUEL DU PROCESSUS ELECTORAL

EVALUATION DE LA CONFERENCE EPISCOPALE NATIONALE DU CONGO

 1. La Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO) remercie très sincèrement le Président du Conseil de Sécurité des Nations Unies pour l’avoir invitée à briefer les Membres de ce Conseil sur l’évolution du processus électoral en RD Congo. Ce geste de haute portée témoigne de la confiance du Conseil de Sécurité envers la CENCO.

2. La CENCO a accueilli avec joie cette invitation à prendre part à ce rendez-vous qui, du reste, est très important pour notre pays dans sa recherche de sortie pacifique de crise socio-politique dans la quelle elle se trouve depuis 2016. Malheureusement, le calendrier pastoral chargé ne permet pas à la CENCO de prendre part à cette réunion. Elle présente ses excuses pour cet empêchement et ose croire que son intervention renseignera les Membres du Conseil de Sécurité sur l’évolution du processus électoral en cours en RD Congo.

3. La CENCO a pris acte du pas significatif accompli dans le processus électoral par:

1. le dépôt des candidatures aux élections présidentielles et législatives. Dans l’ensemble, le dépôt des candidatures s’est déroulé dans un climat apaisé et dans un esprit patriotique, à l’exception du cas de Moïse Katumbi pour lequel nous rappelons au Gouvernement le respect de l’Accord de la Saint-Sylvestre ;

2.la désignation pour l’élection présidentielle du candidat de la Majorité présidentielle. La CENCO félicite le Président de la République, la CENI, les Acteurs Politiques et le Peuple congolais dans son ensemble pour avoir contribué à franchir avec succès cette étape qui amorce l’alternance pacifique au sommet de l’Etat ;                               3. l’engagement du Gouvernement à financer le processus électoral. La CENCO l’encourage à poursuivre le financement jusqu’au bout dans un rythme qui garantira la tenue effective des élections le 23 décembre 2018.

4. Cependant la joie présente aura été une illusion si le processus électoral en
cours n’aboutit pas à l’organisation des élections crédibles, transparentes,
inclusives et apaisées. Car les élections biaisées nous maintiendront dans
la crise. Ce risque est latent si l’on ne prend pas en compte les préoccupations suivantes :

1. la non clarification de la situation des millions des personnes enrôlées sans empreintes digitales ;

2. le manque de consensus sur l’utilisation ou non de la machine à voter ;

3. le non parachèvement d’importantes mesures de décrispation prévues dans l’Accord de la Saint-Sylvestre.

5. De ce fait, la CENCO réitère les recommandations suivantes à la CENI et au
Gouvernement :

1. la publication le plutôt possible des listes provisoires des personnes enrôlées afin de rassurer le Peuple congolais de l’effectivité des personnes réellement enrôlées sans empreintes digitales ;

2. la recherche d’un consensus sur l’utilisation ou non de la machine à voter, en favorisant les concertations tripartites entre la CENI, la Majorité et l’Opposition autour des experts ;

3. le parachèvement de la mise en œuvre de l’Accord de la Saint-Sylvestre, notamment en appliquant le reste des mesures de décrispation. 

 

Que l’on évite de forcer l’interprétation des lois et de manipuler la justice dans le but d’exclure de façon arbitraire certains candidats de la compétition électorale. Les élections non inclusives constitueront un préjudice au processus de la pacification du Pays;

4. la facilitation de l’observation des élections aux organisations nationales et internationales qui en ont la compétence et qui expriment le vœu de participer au rendez-vous électoral du 23 décembre 2018. Ce qui est une preuve que l’on n’a rien à cacher tout au long de ce processus. La crédibilité des élections en dépend pour beaucoup.

La CENCO entend contribuer à l’observation de prochaines élections. Elle envisage de déployer 1026 observateurs à long terme et 40.000 observateurs à court terme. Elle compte sur l’engagement de la CENI à accréditer tous ces observateurs qui seront bien formés et à leur faciliter cet important travail qui contribuera sans doute à l’apaisement du climat post-électoral.

6. La CENCO compte beaucoup sur l’implication et l’engagement de la Communauté Internationale, en particulier la SADC et la CIRGL, pour aider la République Démocratique du Congo à sortir pacifiquement de la crise par le respect des clauses de l’Accord de la Saint-Sylvestre.

7. Que par l’intercession de la Vierge Marie, Reine de la Paix, le Seigneur aide toutes les parties prenantes à œuvrer dans la perspective de gagner le pari de bonnes élections le 23 décembre 2018 pour la paix durable en RD Congo.

Fait à Kinshasa, le 27 août 2018

Abbé Donatien NSHOLE                                            Mgr Marcel UTEMBI TAPA

Secrétaire Général de la CENCO                                      Président de la CENCO

LE COMITE LAIC DE COORDINATION ECRIT AU SG DE L’ ONU, ANTONIO GUTERRES: Appel insistant du Comité Laïc de Coordination {CLC} à la Communauté internationale

  • EXTRAIT: « Les mesures de décrispation politique, jugées comme préalables incontournables pour des élections apaisées attendent encore d’être mises en œuvre. La monopolisation des médias publiques par une seule famille politique et la fermeture des médias privés demeurent préoccupantes. Aucune mesure d’élargissement des prisonniers politiques emblématiques, comme Eugène Diomi Ndongala, Jean-Claude Muyambo ou Franck Diongo, n’a été arrêtée, comme le réclame cet Accord « . 

Démocratie en péril / LE POTENTIEL

le potentiel entete titre0004

cropped-prisonniers-politiques-200818.pngLa politique en RDC devient de plus en plus un terrain très glissant. La stratégie de l’exclusion de certains pions dans le jeu politique est désormais une véritable arme pour conserver le pouvoir le plus longtemps possible. C’est le cas avec Moïse Katumbi qui est mis intentionnellement hors-jeu pour le prochain scrutin présidentiel. Cette décision n’a qu’un seul mot : acharnement.Par Le Potentiel

Dans un état qui se veut vraiment démocratique, on compte plus sur la justice. Malheureusement en RDC, on assiste à une sorte d’instrumentalisation de la Justice, visiblement au service du pouvoir pour l’aider à atteindre ses visées politiques.

Le retour de Katumbi en terres congolaises a été suivi d’un grand embargo en RDC. Comme s’il n’en suffisait pas, le leader d’Ensemble pour le changement est actuellement sous le coup d’un mandat d’arrêt international lancé par Kinshasa.

À quelques mois des élections de décembre prochain, la décrispation politique par la libération des prisonniers détenus pour des motivations purement politiques tarde à se concrétiser. Encore une fois, c’est l’accord du 31 décembre 2016 qui est foulé aux pieds. Il y a notamment Diomi Ndongala, Jean-Claude Muyambo, Gérard Mulumba, Franck Diongo et bien d’autres qui se retrouvent dans cette catégorie.

La démocratie rime avec liberté. On ne peut donc pas concevoir une démocratie où la justice n’est pas rendue de manière équitable. Ce qui n’est malheureusement pas le cas en RDC.

La justice congolaise est loin de satisfaire. Elle reste encore régentée par le pouvoir en place qui la manipule à sa guise.

La démocratie congolaise a encore de grands obstacles à franchir, tant que la justice ne prendra pas le relais afin de garantir les droits civiques à tous – quel soit son rang social. Ce qui passe pour une chimère dans ce Congo qui n’est finalement démocratique que par sa dénomination.

https://lepotentielonline.net/2018/08/16/democratie-en-peril/

Isidore Ndaywel salue la victoire du peuple congolais, cependant la lutte continue pour la libération des personnalités politiques

NDAYWELL ET PRISONNIERS POLITIQUES

L’historien congolais Isidore Ndaywel, à l’origine COMITE LAIC DE COORDIANTION (CLC) organisatrice des grandes marches pacifiques du début de cette année, se réjouit de ce qu’il appelle « une victoire d’étape». « Pour nous, l’identité du candidat présenté par la majorité présidentielle est une question secondaire. C’est de la « cuisine interne» et il ne nous appartient pas d’interférer dans le choix des partis politiques. Par contre, nous nous réjouissons du fait que le président Kabila ne sera pas candidat à sa propre succession, qu’il renonce à briguer un troisième mandat. Il s’agît là d’une victoire obtenue grâce à la mobilisation du peuple congolais, de la suite des efforts menés par les leaders religieux, des pressions exercées par la communauté internationale. Un tel résultat mérite d’être salué, car il est encore relativement rare sur le continent africain. »

Le professeur Ndaywel, qui travaille en ce moment sur les processus de résistance mis en œuvre par les Congolais depuis l’époque coloniale, assure qu’ « une fois de plus le peuple congolais a démontré sa capacité de résister. Je suis fier d’appartenir à ce peuple qui, par son courage, a obtenu un tel résultat…

Cependant, la lutte continue, car nous voulons arriver à des élections crédibles et inclusives.

Or des acteurs politiques importants demeurent exclus du processus électoral, et nous ne sommes pas d’accord avec l’exclusion de Moïse Katumbi, ni avec le maintien en prison de personnalités politiques comme Diomi Ndongala (leader de la démocratie chrétienne) ou l’avocat de Lubumbashi Jean-Claude Muyambo. Ceux qui sont toujours en prison auraient le droit de se porter candidats, y compris à d’autres scrutins que la présidentielle, et ils en sont empêchés.

Par ailleurs, le fichier électoral reste à nettoyer, conformément aux recommandations de l’Organisation internationale de la francophonie ; plus de dix millions de cartes d’électeurs sont contestables et nous ignorons quel usage on en fera…
Le dernier point litigieux, c’est la « machine à voter ». Il est clair que le peuple n’en veut pas, que cette « machine » n’est pas prévue par la loi et est rejetée par l’opinion. Il faudra résoudre au plus vite cette question. Le combat continue, nous devons demeurer vigilants… »

COLETTE BRAECKMAN

 

Le Soir avec CFPP-RDC