Les familles des prisonniers politiques interpellent la Cenco / LE PHARE

Les familles des prisonniers politiques interpellent la Cenco

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Les familles de plus de 40 prisonniers politiques et quelques
partisans des exilés politiques ont envahi le Centre interdiocésain,
siège de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), à
Kinshasa, hier jeudi 15 novembre 2018, pour déposer un mémorandum à
l’attention des Evêques.

Patricia Diomi Ndongala,  qui conduisait la délégation, a lu devant la
presse et le public ce mémo intitulé « Où est ton frère ? », qui a été
réceptionné au secrétariat général de la CENCO.

Ces familles sont persuadées qu’ « aussi longtemps les prisonniers
politiques congolais ne seront pas libérés, il n’y aura qu’aucune
garantie d’un aboutissement heureux du processus électoral en RDC ».
Elles n’ont pas manqué de faire quelques propositions à la CENCO en
ces termes. « Il serait souhaitable qu’une structure permanente, eu
sein de votre sainte organisation qu’est la CENCO, soit mise en place
pour le suivi soutenu de la question de la décrispation politique et
le retour des exilés (« J’étais en prison et vous m’avez visité » Mt
25.35-36)

Voici la seconde : « Il serait souhaitable qu’à la prochaine
Assemblée générale, qui se réunira dans quelques jours, la CENCO ne se
penche pas exclusivement sur l’évaluation du processus électoral,
comme il a été annoncé, mais aussi sur la question fondamentale de la
libération des prisonniers politiques, conformément à l’accord de la
Saint-Sylvestre, les deux sujets étant strictement liés, dans la
perspective d’un processus électoral inclusif, crédible et apaisé ».
Nous rappelons qu’effectivement la CENCO se réunit en Assemblée
Plénière Extraordinaire du 20 au 22 novembre 2018 pour évaluer le
processus électoral.

Pour conclure leur message aux évêques, les familles ont recouru à
l’épitre aux Hébreux 13,3 : « Où sont vos frères ? » et «
Souvenez-vous des prisonniers, comme si vous étiez aussi prisonniers ;
de ceux qui sont maltraités, comme étant aussi vous-mêmes dans le même
corps ».
Sans aucun incident, les familles des prisonniers politiques ont
quitté le Centre interdiocésain. Parmi les familles signataires de ce
mémo, on peut citer celles de Diomi Ndongala, Muyambo, Mulumba Gecoco,
Bakajika, Bomboko, Katumbi, Anzuluni, Nyamuisi.

Jean-René Bompolonga

MEMORANDUM A L’ATTENTION DE  MESSEIGNEURS LES EVEQUES DE LA CONFERENCE EPISCOPALE NATIONALE DU CONGO (CENCO)

« Où est ton frère? » Genèse 4:9-10
Depuis la signature l’Accord Global et Inclusif le 31 décembre 2016,
les prisonniers politiques de la République Démocratique du Congo
demeurent embastillés dans les mouroirs congolais dits « prisons »,
malgré le chapitre V dudit Accord sur la nécessité de leur libération.
Certains parmi eux, définis « emblématiques », sont cités nommément en
tant que bénéficiaires des mesures de décrispation politique, mais,
malgré cela, rien n’est entrepris par l’exécutif congolais – animé
essentiellement par la majorité politique signataire de l‘Accord et
ses alliés – afin de leur rendre la liberté.

La CENCO, dans son rôle de facilitation de l’Accord de la Saint-
Sylvestre, avait pris l’initiative de se porter garante de la
libération des prisonniers politiques et du retour des exilés
politiques, en demandant à l’opposition et à la société civile,
pendant les discussions au Centre Interdiocésain de Kinshasa,
d’accepter que ceux-ci soient libérés après la signature de l’Accord,
et pas avant, comme ces composantes l’exigeaient préalablement.
Les familles des prisonniers politiques de la RDC vous demandent,
messeigneurs, en tant que frères en Christ: « Ou sont vos frères? »
Deux ans après la signature de l’Accord de la Saint-Sylvestre, M.
Kabila a pu profiter du consensus politique dégagé à l’occasion de la
signature de l’Accord du 31/12/2016 pour se maintenir au pouvoir hors
mandat constitutionnel, sans respecter le cahier de charges exigés par
l’opposition politique et la société civile.

Le Conseil National de Suivi de l’Accord, CNSA en sigle, une
Institution d’appui à la Démocratie prévue par l’Accord Global et
Inclusif, demeure une coquille vide qui n’a pas d’existence légale et
qui est dépourvue de toute considération de la part de l’exécutif en
place en ce qui concerne ses rares et timides prises de position,
aussi bien par rapport à la libération des prisonniers politiques qu’
à l’évaluation générale du processus électoral.
L’exécutif issu de la signature des « arrangements particuliers »
souscrits par une frange de l’opposition, le 27/04/2017 au Palais du
Peuple, n’applique pas sa propre agenda qui prévoyait la libération
des prisonniers politiques emblématiques une semaine après la
signature du protocole établissant le calendrier des étapes
d’application de l’Accord de la Saint-Sylvestre.

Les délégations officielles des négociations du Centre Interdiocésain
pour le compte de l’ opposition et de la société civile, n’ont pas
reconnu la désignation des membres participant à ce gouvernement, mais
ces membres dissidents, quant à eux, continuent à ne pas respecter
leurs engagements, y compris ceux prévus par leurs propres «
arrangements particuliers ».

Comment continuer à se taire, alors que l’opinion publique congolaise
est de plus en plus sceptique en ce qui concerne le lancement d’un
processus électoral tardif, exclusif et surtout caractérisé par une
crispation croissante du climat politique ?

Alors que des candidats à l’élection présidentielle ont été
irrégulièrement invalidés par un Commission Électorale Nationale
Indépendante, (CENI), et une Cour Constitutionnelle manifestement
partisanes, les prisonniers politiques emblématiques comme M. Eugène
Diomi Ndongala (Président National de la Démocratie Chrétienne) et M.
Jean-Claude Muyambo (Président National de la SCODE) croupissent
toujours en prison; M. Moise Katumbi est empêché de rentrer en RDC
pour présenter sa candidature à l’élection présidentielle et de
nombreux autres dissidents politiques se sont ajoutés à la liste des
prisonniers politiques qui devaient être libérés à l’issue des travaux
d’une fantomatique « commission ad hoc », composée par des magistrats
et des représentants de la société civile; une commission qui – comme
vous ne pouvez pas l’ ignorer – n’a jamais été mise en place.

Au moment où nous couchons ces lignes, les opposants Gekoko Mulumba
et Franck Diongo se sont ajoutés à la liste des prisonniers politiques
privés de liberté sur la base de poursuites politiquement motivées;
les autres exilés cités dans l’Accord de la Saint-Sylvestre comme M.
Anzuluni et M. Mbusa Nyamwisi sont toujours empêchés de rentrer en
RDC. A eux s’ajoutent les civils qui devaient être libérés sur la base
de l’Amnistie entrée en vigueur en 2014, comme Eric Kikunda et Firmin
Yangambi, sans oublier la liste toujours plus longue d’ activistes des
mouvement citoyens comme M. Carbone Beni et dernièrement les membres
du mouvement citoyens Lucha et Vici et tant d’autres, tous injustement
emprisonnés pour avoir voulu exercer leur droit à la libres expression
politique.

Messeigneurs,
« Où sont vos frères? »
Même si la mauvaise fois et la ruse du gouvernement Kabila a
caractérisé la mise en application sélective de l’Accord de la
Saint-Sylvestre, nous refusons de comptabiliser le maintien en
détention des prisonniers politiques dans la catégorie des « ratés »
de l’Accord.

Qu’avez-vous fait de votre engagement à vous porter « garants » de la
libération au moins de prisonniers politiques emblématiques nommément
cités dans l’Accord, ainsi que des exilés politiques, eux aussi cités
au chapitre V dédié à la Décrispation politique? Pourquoi la «
Commission ad hoc » censée statuer sur les autres cas n’a jamais été
mise en place?

Vous ne pouvez ignorer que certains parmi eux sont actuellement
hospitalisés à la suite des tortures morales et physiques endurées
depuis des années et que chaque jour qui passe risque d’être le
dernier, à cause de l’aggravation de leur état général de santé.
Que faites – vous pour assumer votre position de garants de la
libération de ces innocents qui ont eu le courage de faire barrage à
la pensée unique, au péril de leur vie?

Les familles des prisonniers politiques et des exilés de la RDC
refusent de comptabiliser la privation injuste de la liberté de leurs
proches dans la rubrique indifférenciée des « ratés » de l’Accord de
la Saint-Sylvestre. La mise en place d’un CNSA inutile et passif ou
bien d’un gouvernement non représentatif peuvent être considérés comme
des « ratés » de l’Accord de la Saint-Sylvestre, mais nos pères,
frères, fils ne seront jamais de simples chiffres à insérer dans la
partie double des actifs et passifs de l’application de l’Accord
politique du 31/12/2016, car il s’agit d’hommes et femmes soumis
depuis des années à des tortures physiques et morales à cause de leur
engagement politique.

D’autant plus qu’outre la violation de l’Accord de la Saint-Sylvestre,
de la loi de l’amnistie de 2014 et de la Constitution de la
République, y a-t-il lieu d’ajouter le refus d’exécuter la décision N°
2465/ 2014 issue de la condamnation de la RDC par le Comité des Droits
de l’Homme des Nations Unies de libérer M. Eugène Diomi Ndongala,
d’annuler sa condamnation irrégulière et de l’indemniser. La décision
dont la RDC a été régulièrement notifiée en 2016, mais deux ans après
n’a pas été exécutée en violation de l’art 215 de la Constitution de
la RDC.
Messeigneurs, « Où sont vos frères? »
Cette situation injuste et douloureuse persistant, en dépit de
multiples appels de la Communauté Internationale, de plusieurs
violations par le régime Kabila des textes juridiques nationaux comme internationaux, nous, le Comité de Familles des Prisonniers et les Exilés Politiques, lançons un appel fort à vous, messeigneurs les évêques de la RDC, pour que vous-vous impliquiez, avec foi et détermination, faisant entendre votre voix
afin qu’il soit mis un terme au torpillage de l’Accord politique
Global et Inclusif dont vous vous êtes chargé de bons offices.

Il serait inacceptable que la mauvaise foi l’emporte sur les
engagements librement souscrits par la majorité au pouvoir; il serait
néfaste, pour la République Démocratique du Congo, si la ruse
continuait à l’importer sur la parole donnée.

« Priver les gens de leurs droits humains revient à contester leur
humanité même » et « la moindre injustice, où qu’elle soit commise,
menace l’édifice tout entier », ont un jour respectivement déclaré les
plus illustres défenseurs des droits de l’homme et prisonniers
politiques, Nelson Mandela et Martin Luther-King Jr.

Nous sommes persuadés qu’aussi longtemps que les prisonniers
politiques congolais ne seront pas libérés, il n’y aura aucune
garantie d’un aboutissement heureux du processus électoral en RDC.
Il serait souhaitable qu’une structure permanente, au sein de votre
sainte organisation qui est la CENCO, soit mise en place pour le suivi
soutenu de la question de la décrispation politique, dans son volet
consacré à la libération des prisonniers politiques et le retour des
exilés (« J’étais en prison et vous m’avez visité » Mt 25.35-36).

En effet, la non présentation de M. Kabila aux prochaines élections
risquerait d’apparaître comme une victoire à la Pyrrhus, si les
élections seraient renvoyées encore une fois, ou bien elles se
tiendraient dans le chaos général découlant de la contestation
généralisée, de l’exclusivité et de la répression politique.
Que dire des critiques consécutives à la non application de l’Accord,
dans un contexte de possible «caducité» de celui-ci? Il serait très
dangereux, pour le futur de la République Démocratique du Congo, si
cela devait arriver par la caducité « in fieri » de l’Accord pourrait
marquer, après le mois de décembre 2018, le commencement d’une
dictature ouvertement assumée, mise en place par la fraude, les
manœuvres diaboliques d‘ingénierie constitutionnelle et la négation
des liberté fondamentales.

Il est impératif, à ce stade du processus de démocratisation en RDC,
que la centaine de prisonniers politiques, selon les statistiques de
l’ONU, qui croupissent encore dans les geôles congolaises soient
libérée car on ne peut rien construire de solide, valable et positif
sur la mauvaise fois, le manque de respect de la parole donnée, bien
la ruse et les violations des droits de l’homme.

Il est aberrant que le gouvernement congolais, par le biais de son
Ambassadeur à l’Onu, ait déclaré le 13/11/18, devant le Conseil de
Sécurité de l’Onu, qu’en RDC il y aurait seulement deux prisonniers
politiques ( en se référant aux prisonniers politiques emblématiques
Diomi et Muyambo, cités nommément dans l’Accord de la Saint-Sylvestre)
et qu’ils ne seront pas, selon lui, libérés!

D’ailleurs, il serait souhaitable qu’à la prochaine Assemblée
Générale, qui se réunira dans quelques jours, la CENCO ne se penche
pas exclusivement sur l’évaluation du processus électoral, comme il a
été annoncé, mais aussi sur la question fondamentale de la libération
des prisonniers politiques, conformément à l’Accord de la
Saint-Sylvestre, les deux sujets étant strictement liés, dans la
perspective d’ un processus électoral inclusif, crédible et apaisé.
Pour la dernière fois, messeigneurs, nous vous posons la question lancinante:
« Où sont vos frères? »
et
« Souvenez-vous des prisonniers, comme si vous étiez aussi
prisonniers; de ceux qui sont maltraités, comme étant aussi vous-mêmes
dans le même corps »,
Hébreux 13.3

Pour le Comité des familles des prisonniers politiques et les exilés politiques,
Les familles des prisonniers politiques,
Famille Diomi Ndongala,
Famille Muyambo,
Famille Yangambi,
Famille Kikunda,
Famille Mulumba,
Famille Beni,
Famille Tsiani Malembe,
Famille Sengha,
Famille Banré,
Famille Bakajika,
Famille Meta,
Famille Kayembe,
Famille Mbaya,
Famille Mwamba,
Famille Lokwa,
Famille Kabala,
Famille Ndembu,
Famille Opele,
Famille Makonzo,
Famille Kalamba,
Famille Mbuyi,
Famille Kabemba,
Famille Buka,
Famille Bopomi,
Famille Tshiunza,
Famille Kayembe,
Famille Mukala,
Famille Lukaba,
Famille Azamba,
Famille Mbegza,
Famille Ahombiawe,
Famille Kengembali,
Famille Bomboko,
Famille Zobele,
Famille Kopani,
Famille Matungu,
Famille Kelega,
Famille Ekobi,
Famille Aburu,
Famille Batangezi,
Famille Mbanga,
Famille Wele,
Famille Makambo,
Famille Abia,
Famille Katumbi,
Famille Anzuluni,
Famille Nyamwisi,
Famille Rachidi

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INTERVENTION DE Me JOSEPHINE MBELA DE L’ACAJ, AU CONSEIL DE SECURITE DE L’ONU: « En RDC, il y a 51 prisonniers politiques qui ne sont pas libérés  – Eugène Diomi Ndongala, Jean-Claude Muyambo et Gekoko Mulumba – et 28 jeunes des mouvements citoyens dont Carbone Beni et Gloria Sengha, toujours en détention » / VIDEO

« En RDC, il y a 51 prisonniers politiques qui ne sont pas libérés  – Eugène Diomi Ndongala, Jean-Claude Muyambo et Gekoko Mulumba – et 28 jeunes des mouvements citoyens dont Carbone Beni et Gloria Sengha, toujours en détention »

Me Josephine mbela, Acaj, Réunion du CSNU sur la République Démocratique du Congo, 14/11/2018 – ( 8397ème meeting).

La mise en œuvre des mesures de décrispation reste nécessaire pour le succès des élections (Union Européenne) / CAS-INFO.CA

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Par P. Ndongo

L’Union Européenne déclare que la mise en œuvre des mesures de décrispation politique reste nécessaire pour le succès du processus électoral en cours en République Démocratique du Congo.

Dans une déclaration publiée, ce jeudi, l’Union Européenne souligne que « l’ouverture de l’espace politique et démocratique, le respect des droits de l’homme et la mise en œuvre des mesures de décrispation restent nécessaires pour le succès des élections ».

Pour elle, la mise en œuvre des recommandations de l’OIF ainsi que la définition d’un consensus autour de l’utilisation de la machine à voter sont également essentiels pour la bonne conduite du scrutin.

Par ailleurs, l’Union Européenne se dit prête à appuyer le processus électoral en concertation avec les acteurs congolais.

https://cas-info.ca/la-mise-en-oeuvre-des-mesures-de-decrispation-reste-necessaire-pour-le-succes-des-elections-union-europeenne/